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PRISE EN COMPTE DES INDEMNITES DANS LE CALCUL DE LA PENSION  

C’est bien mais il faut aller au-delà

Le 1er avril dernier, l’Assemblée nationale, en séance plénière, a adopté un projet de loi portant régime de sécurité sociale applicable aux agents publics de l’Etat. Une des innovations majeures de cette loi est sans conteste, la prise en compte des indemnités dans le calcul de la pension. En attendant que les partenaires sociaux se prononcent sur l’adoption de ladite loi, l’on peut prendre le risque de dire que celle-ci a de fortes chances de susciter une réaction positive des agents publics de l’Etat et cela, pour la raison essentielle suivante.  Dans le régime de  sécurité sociale applicable aux agents publics de l’Etat, qui était en vigueur, le calcul de la pension ne prenait pas en compte les indemnités . Seul le salaire de base y était pris en compte. De ce fait, des fonctionnaires qui avaient un revenu mensuel consistant en raison, entre autres, de la diversité et du poids financier des indemnités dont ils bénéficient, se retrouvent à la retraite avec, peut-on dire, une pension susceptible de les clochardiser. Ce scénario, tous les fonctionnaires de l’Etat burkinabè admis à la retraite, le vivent. C’est pourquoi bien des fonctionnaires redoutent la retraite comme la peste. En tout cas, ils sont nombreux les fonctionnaires dont le pouvoir  d’achat et le niveau de vie fondent comme beurre au soleil, quand ils passent de la vie active à la vie de retraite. Conséquence, certains se font réquisitionner à n’en pas fuir pour repousser l’échéance quand d’autres militent pour que l’Etat augmente l’âge de départ à la galère, pardon à la retraite. Pendant ce temps, dans les pays développés, c’est le contraire qui est observé. Là-bas, en effet, la plupart des syndicats des agents publics sont favorables à ce que l’on réduise de manière significative l’âge de départ à la retraite. La raison est simple. Chez eux, le régime de sécurité sociale fait la part belle aux retraités. Outre cela, tout le monde est convaincu qu’il y a une autre vie après la retraite.

 

Faire un effort d’harmonisation des indemnités et veiller à ce que la mesure s’étende aux agents du privé

 

L’un dans l’autre, chez eux, la retraite ne rime pas avec indigence et oisiveté. D’ailleurs, l’on peut se poser la question de savoir si le niveau de développement auquel ils sont parvenus, n’est pas lié à cette perception de la retraite. Chez nous, la retraite, c’est tout autre chose. C’est un marchepied vers la déchéance physique et financière. De ce point de vue, l’on peut saluer, à sa juste valeur, la prise en compte des indemnités dans le calcul de la pension en ce sens qu’elle peut contribuer à améliorer la vie du retraité. Et cette loi nous fait penser à cette autre loi adoptée sous le régime de Blaise Compaoré et qui avait consisté à mettre en place une indemnité de départ à la retraite pour les agents publics de l’Etat. En tout cas, bien des fonctionnaires à la retraite ont pu s’extirper de la précarité grâce à l’IDR (Indemnité de départ à la retraite). Et l’on peut nourrir l’espoir que la prise en compte des indemnités dans le calcul de la pension, produira les mêmes effets chez les agents publics de l’Etat. En tout cas, aucun député n’a osé voter contre cette loi. Cela pourrait indiquer que c’est une loi qui rencontre l’intérêt général. Son impact sur les pensions sera d’autant plus sensible que depuis les six dernières années, l’Etat a mis un point d’honneur à accorder aux fonctionnaires des indemnités qui sont loin d’être des broutilles. Chez certains fonctionnaires, par exemple, que l’on ne va pas citer, les indemnités sont en passe de dépasser le salaire. Chez cette  catégorie de fonctionnaires, l’on peut être tenté de sauter la champagne pour saluer l’adoption de la loi portant régime de sécurité sociale applicable aux agents publics de l’Etat. Dans un souci de justice et d’équité sociales, l’Etat doit mettre un point d’honneur à réduire les disparités criantes qui existent entre les indemnités concédées aux agents publics de l’Etat. En tout cas, lorsqu’on jette un coup d’œil sur la grille indemnitaire applicable aux agents publics de l’Etat et si l’on n’y prend garde, on risque de tomber en syncope ; tant les disparités sont abyssales. Et pour des agents de la même Fonction publique, cette sorte d’apartheid indemnitaire crée, à coup sûr, des frustrations légitimes. De ce point de vue, l’on peut donc dire que la prise en compte des indemnités dans le calcul de la pension est bien, mais il faut aller au-delà et faire un effort d’harmonisation des indemnités de sorte à réduire les disparités. Il faut également veiller à ce que la mesure s’étende aux agents du privé. En plus de cela, l’Etat, dans la perspective de soulager les retraités, doit travailler à prendre en charge le traitement des maladies liées au vieillissement : maladie de l’œil (cataracte), troubles sensoriels (malvoyance, surdité), troubles neurologiques et cognitifs (maladie d’Alzheimer). En somme,  il s’agit d’intégrer dans le système de santé, la gériatrie, de manière significative. C’est à ce prix que l’on pourra faire de la vie du retraité, une vie  à l’abri du besoin et de la maladie.

 

Sidzabda

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