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RCA On parle de quel désarmement ?


Le désarmement demandé par les autorités de Bangui aux populations centrafricaines  est une opération foirée au départ. A-t-on fini de désarmer les cœurs ? A-t-on même commencé  à désarmer les cœurs ? La réponse est assurément non. On est en face d’une opération menée à la hussarde, qui a toutes les chances de déboucher sur un fiasco. On place la charrue  avant les bœufs et on veut que l’attelage soit opérationnel. C’est impossible.

Pour plusieurs raisons, cette opération de désarmement ne peut aboutir.

Premièrement, on n’a aucune idée du nombre ni de la nature des armes qui circulent à Bangui. Il est évident que personne ne rendra toutes ses armes en sa possession. Et puis, des armes blanches peuvent être rendues mais pas les armes à feu. Dans une région où les armes à feu circulent comme des cacahuètes, il est tellement facile de s’en procurer après s’être débarrassé de celles qu’on possédait.

Deuxièmement, on n’a pas pris de décret interdisant la vente d’armes blanches et à feu. Un tel décret, même s’il existait, ne pourrait  être efficace. Personne dans cette insécurité ambiante ne voudra se dénuder totalement au risque de se faire massacrer sans aucune possibilité de résistance.

Troisièmement, quelle compensation sécuritaire ou financière prévoit-on pour ceux qui voudraient désarmer ? Pas grand chose si ce n’est du vent et de l’angoisse.

Au total, l’écho de cet appel au désarmement va se perdre dans les méandres de l’indifférence et de l’incrédulité. La dualité Séléka/anti-balaka est une donnée qui rendra difficile pour longtemps encore toute opération volontaire de désarmement.

Tant que les cœurs et les esprits seront toujours armés, il est illusoire de croire que la paix passera par une reddition de toutes ces armes, blanches et à feu, qui polluent la Centrafrique et auxquelles les centrafricains s’accrochent comme un naufragé à un  radeau.

 

« Le Pays »


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