HomeA la uneSANCTIONS DES INCIDENTS LIES A LA FINALE DE LA CAN MAROC 2025 :La CAF doit aussi se regarder dans la glace

SANCTIONS DES INCIDENTS LIES A LA FINALE DE LA CAN MAROC 2025 :La CAF doit aussi se regarder dans la glace


Dix jours après la finale mouvementée de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025, le couperet des sanctions de la Confédération africaine de football (CAF), est tombé.  Côté sénégalais, la Fédération de football écope d’une amende globale de 615 000 dollars, soit un peu plus de trois cent millions de F CFA. Son sélectionneur, Pape Thiaw, est puni d’une suspension de cinq matchs, assortie d’une amende de 100 000 dollars, pendant que les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye prennent, chacun, deux matchs de suspension.

 

 

La CAF s’est voulu plutôt équitable pour ne pas être accusée de parti pris

 

 

 Côté marocain, la Fédération royale est frappée d’une amende de 315 000 dollars pendant que deux joueurs, Ashraf Hakimi et Abde Saibari, écopent respectivement de deux matchs dont un avec sursis et trois matchs de suspension. Le second est, en outre, frappé d’une amende de 100 000 dollars. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la faîtière du football continental n’est pas allée de main morte dans sa fatwa contre les acteurs des incidents chaotiques de cette finale qui restera de triste mémoire dans l’histoire de cette compétition qui ne cesse de gagner en notoriété, au fil des éditions. Et en faisant preuve de fermeté, la CAF entend d’autant plus sévir pour l’exemple, que sur le plan sportif, ces sanctions sont plutôt lourdes même si, à l’échelle des deux pays, elles peuvent paraître dérisoires. Toujours est-il que pour de nombreux observateurs, le Sénégal qui passe pour être l’instigatrice principale des incidents, s’en tire plutôt à bon compte. Non seulement il ne sera pas déchu de son titre de Champion d’Afrique comme certains ont pu le craindre, mais aussi sa participation à la prochaine Coupe du monde qui débute dans quelques mois aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, n’est pas remise en cause.  Mieux, les peines de suspensions prononcées à l’encontre de l’entraîneur Pape Thiaw et des joueurs Ismaïla Sarr et Ilimane Ndiaye, ne concernent que les compétitions CAF, mais pas celles de la FIFA. Ce qui veut dire que ce sont des mesures qui n’ont pas directement d’impact sur la participation des Lions de la Teranga à la prochaine Coupe du monde. Et c’est tant mieux pour le nouveau champion d’Afrique qui aura toutes les cartes en main au Mondial, pour défendre vaillamment les couleurs de l’Afrique, aux côtés des huit autres représentants du continent noir. Quant au Maroc qui rumine sa frustration d’avoir échoué à remporter, à domicile, un trophée derrière lequel il court depuis cinquante ans et que bien des spécialistes lui dédiaient, il n’aura pas non plus échappé à la chicotte de l’instance continentale. Une instance qui, entre comportement inapproprié des ramasseurs de balle, utilisation de lasers, comportement antisportif de joueurs, avait aussi des choses à lui reprocher. Et le pays organisateur est d’autant plus groggy de ses sanctions qu’il a été débouté de sa réclamation visant à obtenir le gain de la rencontre sur tapis vert en raison du retrait de l’équipe sénégalaise du terrain, en signe de protestation contre des décisions arbitrales.

 

La CAF doit être désormais très regardante sur l’organisation du tournoi dans toutes ses composantes

 

 Autant dire que dans ses sanctions, la CAF s’est voulu plutôt équitable pour ne pas être accusée de parti pris. Mais cette façon de couper la poire en deux en infligeant des sanctions aux deux parties, ne l’absout pas de ses propres péchés. Car, en tant qu’organisatrice du tournoi, elle a aussi sa part de responsabilités dans ce qui est arrivé au cours de cette compétition où, du début à la fin, les plaintes et autres vives polémiques n’ont pas manqué. En cause : l’arbitrage et surtout l’utilisation de la VAR qui a souvent été jugée, à tort ou à raison, d’être à géométrie variable. Et si elle ne s’est pas laissée aller au jeu, la CAF elle-même n’a pas moins prêté le flanc dans l’atmosphère délétère qui a entouré cette compétition où l’on avait parfois l’impression que tout était mis en œuvre pour le couronnement du pays organisateur. C’est pourquoi, à défaut de faire son mea culpa, elle doit aussi se regarder dans la glace et faire son autocritique. Car, elle a beau trouver des coupables à sanctionner, elle ne porte pas moins la responsabilité des événements malheureux qui sont venus ternir l’image d’une compétition qui se tient régulièrement depuis 1957. Il lui appartient de tirer leçon de sa longue expérience et surtout de ces incidents déshonorants pour le football africain, pour engager des réformes visant à renforcer l’image de l’institution et de cette compétition qui suscite un intérêt toujours grandissant sur le continent noir, et au-delà de ses frontières. C’est dire si la CAF doit être désormais très regardante sur l’organisation du tournoi dans toutes ses composantes. Et prendre les mesures nécessaires pour que de tels incidents ne se reproduisent plus à l’avenir. Il y va de sa crédibilité.

 

 « Le Pays »    

 


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