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SUSPENSION DU PRESIDENT DE LA CAF POUR CORRUPTION

Le milieu du sport, une véritable caverne d’Ali Baba

L’épée de Damoclès planait depuis quelques mois et elle a fini par s’abattre sur sa tête dans la matinée du 23 novembre 2020. En effet, la Chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante de la Fédération internationale de football association (FIFA), a jugé le Malgache Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football (CAF), coupable d’avoir enfreint ses articles dont, entre autres, le devoir de loyauté, l’acceptation et la distribution de cadeaux et autres avantages indus. En somme, Ahmad est reconnu coupable d’abus de pouvoir, perception de pots-de-vin et détournement de fonds, selon les révélations d’une enquête sur sa gestion à la tête de la CAF entre 2017 et 2019. La Chambre a donc pris la décision de le suspendre, pour une durée de cinq ans, de toute activité relative au football aux niveaux national et international.  Il faut dire que cette sanction était plus ou moins attendue dans la mesure où dans les coulisses du football africain, on en parlait, depuis que la CAF avait fait appel à la FIFA à travers sa secrétaire générale, Fatma Samoura, pour donner une nouvelle impulsion à la gouvernance de la confédération. Il était question d’audit des procédures et du fonctionnement de l’instance africaine de football. Depuis lors, que n’avait-on pas entendu sur de nombreuses insuffisances dans la gouvernance de la CAF ? Ce qui faisait dire à certains que la FIFA tenait là, un bon moyen de chantage contre le président Ahmad. La CAF, laissait-on entendre, était placée sous tutelle de la FIFA dont le président, Gianni Infantino, se donnait des libertés, disait-on, sur des propositions voire des décisions pour « la bonne marche du sport roi sur le continent ». Une attitude qui n’était pas du goût du Malgache Ahmad qui, à son tour, faisait des observations qui irritaient l’instance du football mondial.

 

La suspension de Ahmad rappelle celles déjà subies par Sepp Blatter et Michel Platini

 

Parmi les propositions de Gianni Infantino, fugurait celle d’une CAN tous les quatre ans, que n’approuvaient pas Ahmad et bon nombre de ses collaborateurs. Toute chose qui ressemblait bien à un affront de la part du clan du président de la FIFA. Cela dit, les insuffisances observées lors des six mois de présence de la secrétaire de la FIFA, Fatma Samoura, au sein de l’administration de la CAF, ont été révélées au grand jour à quelques mois de l’élection du président de la CAF prévue pour le 12 mars 2021 à Rabat au Maroc. Avec cette sanction, on peut affirmer que c’est bien fini pour Ahmad qui tenait à briguer un second mandat à la présidence de la CAF, même s’il peut toujours faire appel en attendant le 12 janvier, date prévue pour la validation des candidatures à la présidence de la CAF. Mais ce n’est pas évident pour le Malgache.  Pour rappel, il avait réussi, en 2017, à vaincre le Camerounais Issa Hayatou, qui avait passé 29 ans à la tête de l’instance du football africain. Pour quasiment les mêmes motifs que son prédécesseur,  il va donc devoir     laisser    la voie libre à sa succession à quatre autres prétendants que sont l’Ivoirien Jacques Bernard Daniel Anouma, le Sud-africain Patrice Motsepe, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sénégalais Me Augustin Senghor. Poulain du président de la FIFA pour certaines,  marionnette pour d’autres d’autant que Infantino l’a soutenu dans son accession à la présidence de la CAF, Ahmad semblait soumis à une forte pression. Malheureusement, et au vu des résultats de l’enquête menée à son encontre,  il a fait preuve d’une grosse insuffisance dans sa gestion. En tout cas, ces accusations à son encontre, si elles se confirment après l’appel, démontreront une fois de plus que, de façon générale, le milieu du football est une véritable caverne d’Ali Baba où les dirigeants viennent pour se servir sans jamais vouloir rendre compte. En tout cas, la suspension de Ahmad Ahmad rappelle celles déjà subies par le Suisse Sepp Blatter, ancien président de la FIFA et le Français Michel Platini, ancien président de l’UEFA. Ce qui vient de se produire est une première dans les annales de la CAF où un président est suspendu en plein mandat.

 

Antoine BATTIONO  

 

 

 

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