HomeA la uneTERREUR SUR LE BURUNDI : Les prémices d’une confrontation ouverte ?

TERREUR SUR LE BURUNDI : Les prémices d’une confrontation ouverte ?


 

S’il y a un chef d’Etat qui est aujourd’hui à la peine, c’est bien le Burundais Pierre Nkurunziza. S’il croyait qu’en se faisant réélire avec la manière que l’on sait, il mettrait tout le monde devant le fait accompli, il doit maintenant se raviser. Puisque, chaque jour qui passe, le pays ne fait que sombrer dans la violence. On se rappelle encore l’assassinat odieux du général Adolphe Nshimirimana, le 2 août dernier à Bujumbura, qui avait indigné tout le monde, alors même que Nkurunziza n’avait pas encore prêté serment pour son nouveau mandat contesté. Et ce n’est pas tout. Car dans certains quartiers comme Cibitoke, Musaga et Jabé, la violence est devenue la chose la mieux partagée, si fait que des policiers armés de roquettes et de mitrailleuses y perquisitionnent toutes les maisons. Pas plus tard que le 10 août 2015, des tirs et des explosions ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale. Selon la police, ce sont, au total, huit grenades qui ont explosé : quatre dans le quartier de Jabé, trois à Cibitoké et une à Nyakobiga. C’est donc clair. L’opposition et tous ceux qui sont contre un nouveau mandat de Nkurunziza, semblent avoir choisi la terreur comme stratégie de combat, d’où la dégradation continue du climat sécuritaire dans  les rues de Bujumbura qui pourrait désormais   disputer la médaille de la violence avec Kaboul, la capitale de l’Afghanistan. Et visiblement acculé, Nkurunziza, sans le vouloir, se retrouve en train de jouer le jeu de ses contempteurs. Car, il est évident qu’en faisant perquisitionner toutes les maisons dans les quartiers qui lui sont hostiles, et en procédant à des arrestations tous azimuts, Nkurunziza s’aliène progressivement la sympathie des populations, y comprises celles qui lui étaient encore favorables. C’est la stratégie du naufragé qui s’accroche à tout, dans l’espoir d’une issue heureuse. C’est la chronique annoncée d’un mandat pourri qui, pour ainsi dire, risque de faire long feu, tant les risques d’une confrontation ouverte sont énormes.

Peut-être est-il maintenant temps que la CPI s’intéresse de très près au cas burundais

D’autant que la plupart de ceux qui agissent sur le terrain se comportent comme des « cabris morts » ; ils n’ont plus peur du couteau, certains d’entre eux ayant déjà perdu des proches dans cette galère burundaise. A cela s’ajoute le fait que les forces exogènes opposées à Nkurunziza, ne baissent  pas les bras. Elles cherchent partout des appuis  pour faire échec au putsch constitutionnel de Nkurunziza. « A bon chat, bon rat », dit l’adage. Certes, pour l’instant, les services de sécurité de Nkurunziza contrôlent le terrain ; mais il n’est pas exclu que la donne change face à la tension qui monte, étant donné que la police elle-même n’est pas à l’abri. A preuve, deux policiers ont été tués dans les dernières explosions, sans compter ceux-là qui sont tombés sur le terrain depuis le début de l’insurrection, en avril dernier. Peut-être est-il maintenant temps que la Cour pénale internationale (CPI) s’intéresse de très près au cas burundais, au regard des violations flagrantes des droits de l’Homme qui n’en finissent pas. A défaut de faire entendre raison à Nkurunziza, il faut à tout le moins lui rappeler qu’il ne peut pas s’octroyer le droit de vie et de mort sur ses compatriotes, fussent-ils ses opposants.

Boundi OUOBA


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