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VICTOIRE DE MOHAMED BAZOUM A LA PRESIDENTIELLE : C’est le Niger qui gagne !

Ça y est ! Les résultats du second tour de la présidentielle au Niger, sont connus. C’est le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, qui caracole en tête avec 55,75% des suffrages exprimés. Il bat ainsi l’ex-président Mahamane Ousmane qui obtient 44,25%. Mais sitôt les résultats rendus publics, des militants de l’opposition ont investi la rue pour dénoncer des fraudes électorales. Des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre à Niamey et à Zinder. Faut-il y voir une attitude de mauvais perdants ? Tout porte à le croire. Car, à la vérité, la victoire du candidat du pouvoir  était sérieusement prévisible et beaucoup d’arguments militaient en sa faveur. A commencer par son avance considérable prise au premier tour, en plus du ralliement à sa cause, pour ce second tour, des candidats arrivés 3ème et 4ème  qui totalisent, à eux deux, environ 16% des suffrages du premier tour et qui ne comptent pas pour du beurre sur l’échiquier politique nigérien. Et ce n’est pas tout. On est en Afrique où être le poulain du président sortant et candidat du parti au pouvoir, a ses avantages. Sans compter le fait que le PNDS,  parti au pouvoir,  a réalisé une véritable razzia aux législatives qui ont accompagné ce premier tour avec ses 75 sièges plus ceux de ses alliés qui lui donnent la majorité, et qui dessinent généralement la carte des forces en présence au scrutin présidentiel. Pour toutes ces raisons, on peut dire que Bazoum avait une longueur d’avance sur son rival.

On doit une fière chandelle au président sortant, Mahamadou Issoufou

Cela dit, peu importe le vainqueur, c’est le Niger qui gagne en réussissant une dévolution pacifique du pouvoir, d’un président élu à un autre, dans un pays qui a déjà fait l’expérience de plusieurs coups d’Etat. Qui plus est, sur un continent où la question des élections est devenue l’une des plus grandes anxiétés des populations. En cela, on doit une fière chandelle au président sortant, Mahamadou Issoufou, qui a su résister à la tentation du troisième mandat, là où bien de ses pairs de la sous-région et pas des moindres, comme l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara et le Guinéen Alpha Condé, ont succombé en raison de ce qui ressemble à une appétence immodérée du pouvoir, au grand dam des démocrates du continent. C’est aussi cela la marque des grands hommes, des hommes d’Etat. Et Mahamadou Issoufou est un exemple dont l’Afrique peut être fière, pour la belle leçon d’alternance qu’il donne sur un continent encore à la recherche de ses marques démocratiques.

 

« Le Pays »

 

 

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