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ACCUSATIONS DE VIOLS CONTRE L’EX-PRESIDENT GAMBIEN

Yahya Jammeh rattrapé par ses frasques libidinales

Une autre facette hideuse et nauséeuse de l’ex-satrape gambien, est en train de remonter à la surface des eaux glauques où barbotait le personnage. A l’image ténébreuse de dictateur excentrique et sanguinaire qu’il aura été durant son long règne, il faudra désormais ajouter celle infamante du prédateur sexuel. Yahya Jammeh vient, en effet, d’être rattrapé par ses frasques libidinales d’hédoniste impénitent. En effet, après 18 mois d’enquête, l’ONG internationale Human Rights Watch, a publié, le 26 juin 2019, un rapport portant sur de graves accusations à son encontre, relatives à des violences sexuelles. L’actuel protégé d’un autre satrape, Teodoro Obiang N’Guema de la Guinée équatoriale, est soupçonné d’avoir mis en place, dans l’exercice de son pouvoir, un véritable système pour abuser de jeunes femmes. L’une d’elles, la ravissante et pétillante Toufah Jallow, miss Gambie à l’époque des faits, où elle n’avait que 18 ans, n’a pas hésité à « balancer son porc » et Dieu seul sait si le suidé en a fait des victimes ! Multipliant les cadeaux présidentiels, Jammeh « aura préparé le terrain pour parvenir à ses fins ! » N’en rajoutons pas au témoignage glaçant de la jeune Jallow, tant le film des faits tel qu’elle le raconte, est désagréable à entendre. Le cas Toufah Jallow est-il la face visible d’un gigantesque iceberg de crimes sexuels dont le « Fou de Kanilaï » aurait été coupable ? En tous les cas, l’ancienne star gambienne a invité ses jeunes sœurs et aînées à raconter leur calvaire. En attendant qu’elle soit entendue à Banjul par la Commission Vérité et Réconciliation qui achève sa 5e session d’audition, l’on peut être tenté de lui donner le bon Dieu sans confession, tant la moralité du mis en cause n’incite nullement au doute.

Il faut espérer que toute la lumière sera faite

Jammeh est-il coupable des faits à lui reprochés ? Evidemment, on est fortement tenté d’y répondre par l’affirmative. En régnant plus de deux décennies durant, sans partage, sur la Gambie, l’autocrate avait fini par ne s’imposer aucune limite. Il aura ainsi développé, en lui, le sentiment de toute puissance au point qu’il a achevé d’assimiler ses concitoyens à ses sujets. Si ce tyran avait droit de vie et de mort sur ces derniers, comme l’attestent, du reste, les nombreux crimes de sang qui ont marqué sa gouvernance exécrable à la tête de l’Etat, il était sans aucun doute arrivé à se convaincre qu’il avait aussi droit de… cuissage sur tout ce qu’il trouvait beau et « érotisé » à ses yeux de nabab. En tout cas, l’organisation Human Rights Watch s’impose aujourd’hui comme une organisation bien trop sérieuse pour se permettre de dire n’importe quoi ; ses accusations n’ont sans aucun doute pas été formulées avec légèreté. On peut même croire que de telles révélations n’ont guère surpris les Gambiens qui, sous la férule humiliante et oppressante du fantasque et inénarrable Jammeh, étaient sans doute longtemps coutumiers des frasques présidentielles sans y avoir pu émettre à l’époque la moindre critique. Cela dit, invitées à témoigner publiquement du viol qu’elles ont subi, les victimes auront-elles le courage de Toufah Jallow ? Accepteront-elles d’étaler, sur la place publique, le pagne souillé des présumés rapports sexuels non-consentis ? Rien n’est moins sûr. A cause d’une culture du silence dans ce minuscule pays de savane où tout le monde se connaît, il n’est pas évident que les langues se délient facilement et publiquement. En tout état de cause, il faut espérer que toute la lumière sera faite sur cette sombre affaire. D’autant que parmi les plaignantes, il n’est pas exclu que certaines, animées par l’appât du gain, fassent de faux témoignages alors qu’elles pourraient avoir pourtant été consentantes en contrepartie de largesses royales. Car, après tout, dans ce genre d’affaires, on ne saura jamais ce qui s’est réellement passé entre un dirigeant et une nénette, dans les alcôves d’une somptueuse tannière présidentielle.

Cheick Beldh’or SIGUE

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