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AFFAIRE ACHAT DE 77 VEHICULES PAR LA MAIRIE DE OUAGADOUGOU  

Les conseillers de l’opposition dénoncent « un abus de confiance, faux et usage de faux »

72 heures après la session tendue du conseil municipal de Ouagadougou, les conseillers de l’opposition étaient face à la presse hier, 25 juin 2020, pour dénoncer la « gestion chaotique » de la capitale par le maire Armand Roland Pierre Béouindé. Pour les conseillers, « il y a eu abus de confiance, faux  et usage de faux » dans l’affaire d’achat  de 77 véhicules et par conséquent,  ils ont exigé la démission de l’édile.

 

L’opposition municipale de la commune de Ouagadougou ne veut plus du maire Armand Béouindé à la tête de la mairie. Elle l’a fait savoir au cours de sa conférence de presse animée hier 25 juin, soit 3 jours après la session mouvementée du conseil municipal.  En tout cas, ce sont des conseillers de l’opposition  qui ont dit n’avoir plus confiance au maire Armand Béouindé à qui ils ont demandé de rendre le tablier. « A l’instar du Chef de file de l’opposition politique (CFOP), l’opposition municipale exige la démission du maire de Ouagadougou », a martelé le président du groupe municipal UPC, Alban Raogo Zoungrana. « Nous, les conseillers municipaux de l’opposition, n’avons plus confiance au maire Béouindé… Rappelez-vous de la première année, lorsqu’il a fait une sortie dans laquelle il a dit n’avoir pas mis plus de 20 millions de F CFA dans une fête qu’il a organisée. Quand les comptes de gestion de 2016-2017 sont sortis, ce sont plus de 131 millions de F CFA qui avaient été injectés dans l’organisation de ladite fête. Quand quelqu’un vous ment à plusieurs reprises, à un moment donné, la confiance est rompue. La mauvaise gestion de la commune a atteint son paroxysme à tel point que nous ne pouvons plus nous taire. Quand la limite est atteinte, on peut faire une sorte d’insurrection et c’est ce que nous avons fait », a ajouté le 3e adjoint au maire, Nathanaël Ouédraogo. Et Alban Zoungrana d’inviter  le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation à « suspendre le maire de la commune, en application de l’article 272 du Code général des collectivités territoriales qui stipule que le maire ou un adjoint au maire peut faire l’objet de suspension ou de révocation en cas de faute grave ». « Augmentation exagérée » du prix de location des jardins et boutiques appartenant à la commune de Ouagadougou et  augmentation du seuil de passation de la commande publique sont, entre autres, les griefs relevés par les conférenciers à l’encontre du bourgmestre de la capitale.

Les conférenciers demandent l’annulation de la session du 22 juin

« A chaque fois, nous avons attiré son attention sur sa gouvernance. Mais nous n’avons pas voulu nous comporter comme une opposition plaintive, qui se dit experte en tout. Nous avons laissé passer du temps avant de constater qu’il y a de l’exagération », a dit le président du groupe municipal CDP, Constant Ouédraogo.  La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, selon les conférenciers,  a été le « filtrage » fait le 22 juin dernier pour les empêcher d’avoir accès à la salle de la session et le refus de les écouter.  Selon Alban Zoungrana, la manif  constatée le 22 juin dernier est donc  la conséquence d’un certain nombre de frustrations et visait à « empêcher le maire de valider la malversation dont il s’est rendu coupable dans l’affaire de location de 77 véhicules à hauteur de 4 milliards 600 millions de F CFA ». D’ailleurs, sur la question, les conseillers de l’opposition ont estimé qu’il y a eu « abus de confiance dans cette affaire, faux et usage de faux, car le maire n’a pas porté les amendements de la session avant la conclusion du contrat ». « La délibération portant sur l’approbation de l’acquisition de véhicules par crédit-bail a été discutée au cours d’une session pendant laquelle des observations ont été émises par des conseillers de l’opposition. Cette approbation a été faite par la majorité des conseillers présents pour acquérir du matériel de qualité pour la commune, à condition que les observations soient prises en compte… Le maire Béouindé a l’habitude de dire  à qui veut l’entendre qu’il a obtenu le quitus du conseil municipal  pour agir. Cependant, il faut rappeler qu’un accord d’agir n’est pas un accord de mal agir », a relevé M. Zoungrana. C’est d’ailleurs pourquoi  lui et ses camarades ont affirmé qu’ils se constitueront partie civile  dans cette affaire, dans les jours à venir, surtout après les « graves révélations » du journal d’investigation soutenant que « le maire s’est rendu coupable de conflits d’intérêts et de surfacturation ». Aussi, de l’avis des conférenciers, le maire a opéré un passage en force pour valider les points inscrits à l’ordre du jour de la session alors que le quorum nécessaire  n’a pas été atteint. Ils ont demandé l’annulation de ladite session par le haut-commissaire et indiqué avoir « pris langue avec nos avocats afin de saisir, dans les jours à venir, les juridictions compétentes pour donner suite à cette affaire ».  A la question d’un journaliste de savoir quelles seront les actions futures au cas où la Justice viendrait à donner raison au maire Béouindé, Nathanaël Ouédraogo a répondu : « si M. Béouindé est déclaré non coupable, c’est avec plaisir que nous continuerons à travailler avec lui. Parce que la Justice est le dernier rempart pour notre cohésion sociale. Si la Justice le déclare coupable, il faut qu’il réponde de ses faits ».

Colette DRABO

 

 

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