ANNULATION DE L’EMISSION « SUR LA BRECHE » DE LA RTB « Le petit frère Djandjinou doit mesurer (…) la complexité de la gestion des médias », dixit Luc Adolphe TIAO

ANNULATION DE L’EMISSION « SUR LA BRECHE » DE LA RTB  « Le petit frère Djandjinou doit mesurer (…) la complexité de la gestion des médias »,  dixit Luc Adolphe TIAO

 

L’annulation de l’émission « Sur la brèche » de la RTB continue de faire des vagues. Ce post pris sur le mur Facebook de « Plumalerte » et attribué à l’ancien Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, traite de cette affaire. Lisez plutôt !

 

La polémique actuelle autour d’un soupçon de l’immixtion du ministre de la Communication et des relations avec le parlement dans le traitement de l'information, n'est pas nouvelle en soi. Les médias de service public ont été dans tous les régimes politiques, objet d’une convoitise permanente des pouvoirs politiques. Le petit frère Djandjinou dont je connais les combats antérieurs pour la liberté de presse et les innovations qu'il a apportées alors qu'il était dans le privé, en matière de traitement de l'information dans l'audiovisuel, doit mesurer dans ses nouvelles fonctions la complexité de la gestion des médias publics entre devoir de garantir la liberté d’expression et celle de protéger les intérêts de l'Exécutif, censés être ceux du peuple. Comme dit l'adage, « qui détient l'information, détient le pouvoir ».

Ce qui a changé au Burkina est que les médias ont gagné en maturité. Les journalistes de la presse publique se sont presque affranchis de la tutelle politique et une véritable opinion publique existe tant dans les médias classiques que sur les réseaux sociaux. L’espace public n'est le monopole de personne et nul ne peut l'apprivoiser, même en y déversant beaucoup d'argent.
Mais entre l'obligation pour l'État de garantir le service public pour tous les citoyens, ses velléités de propagande somme toute compréhensible- on peut ne pas être d’accord, mais c'est une réalité même dans les démocraties les plus avancées- et son obligation de garantir les intérêts et les opinions contradictoires de ses citoyens, que faire ?

Des grands spécialistes, à l'instar de l'émérite Pr Serge Théophile Balima, ont déjà publié des écrits de référence mondiale sur le sujet. Pour ma part, jetant mon pavé dans la mare, j'ai trois pistes de réflexion. Premièrement, s'agissant de la gouvernance des médias publics, ne faut-il pas évoluer vers le modèle britannique avec la BBC, en mettant en place un conseil de gouverneurs indépendants pour veiller à l'impartialité du traitement de l'information de l'audiovisuel public et à garantir l'indépendance des journalistes ?

Deuxièmement, apporter des innovations dans la régulation des médias dont l'organe de régulation doit acquérir plus d'indépendance et exercer un véritable pouvoir sur les médias audiovisuels. Pouvoir prendre dans le sens de la veille de liberté, des sanctions en cas de faute professionnelle avérée. Troisièmement, l'éducation aux médias favorisera l’émergence d’une opinion publique plus avertie et plus responsable.

Quatrièmement, ramener au cœur de la formation des journalistes, les problèmes d'éthique, de déontologie et de la responsabilité sociale des médias.
La liberté d'expression est une dynamique politico-sociale. Elle sera toujours fonction de la dynamique sociétale, des rapports de force en présence, du niveau de développement économique, culturel et surtout de la réalité démocratique.
Puisse le débat actuel sur la RTB être fécond et non stérile !

Beyon Tiao

Ancien journaliste
Diplômé du Centre d'études diplomatiques et stratégiques de Paris.
Docteur ès sciences de la communication de l'université de Bordeaux Montaigne

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3 Commentaires

  1. Lamidelautre

    Je le dis et persiste, la justice ne saurait légalement condamner l’ancien gouvernement TIAO pour les conséquences de l’insurrection et des positions sur la modification ou non de l’article 37 de la constitution. Car, les pro et anti-référendum sur la modification ou non étaient tous dans leur droit constitutionnel. Les conséquences de l’insurrection reposent sur la faute desdits insurgés qui ont incendié l’Assemblée nationale et saccagé des biens de citoyens. Les coupables de ces actes se trouvent au sein des partis de la mouvance présidentielle, de certains opposants du CFOP,des OSC etc…En cas d’un éventuel procès du gouvernement TIAO,ce qu’il conviendrait comme verdict à titre moral et pour l’avenir, c’est une relaxe pure et simple pour infraction non constituée ou une condamnation avec sursis. La justice burkinabè s’est trop laissée travestir par des manipulations politiciennes qui ont contribué à tenir son image. Il est donc temps que la justice réaffirme son indépendance en respectant scrupuleusement les principes de droit au plan national et international.

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  2. Rigo

    Le ministre Dandjinou a fait suffisamment de gaffes dans la gestion des médias.Comment comprendre qu’un ministre de la communication ait une mentalité aussi rétrograde en pensant que les médias qui critiquent le gouvernement ne doivent pas être associés aux voyages présidentiels.Il veut transformer les médias en organes de propagande du gouvernement.Alors que quand il était à la télé canal 3,il combattait des idées saugrenues du genre et défendait la liberté de presse.Sous Blaise Compaoré,le journal l’Indépendant de feu Norbert Zongo,très critique contre le pouvoir était même associé aux voyages présidentiels.Par conséquent,le ministre Dandjinou se trompe d’époque.Qu’il évite de poser des actes qui vont lui rendre la vie difficile inutilement quand il ne sera plus ministre.

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  3. Porte-parole médias

    Le ministre de la communication ferait mieux d’œuvrer à ce que la subvention et le fonds d’appui à la presse privée qui sont actuellement de 800 millions (respectivement 400 millions) soient augmentés à un milliard de FCFA : soit 500 millions pour la subvention annuelle et 500 millions pour les crédits du fonds d’appui. Il existe plus de 200 organes de presse au Burkina. L’importance de ces médias n’est plus à démontrer .Car, c’est généralement quand les problèmes des citoyens sont abordés ou dénoncés par les médias, en particulier la presse privée, que le gouvernement recherche des solutions. Donc, la survie et le renforcement des activités des médias profitent à tous.

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