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APPEL A LA MOBILISATION DES PRO-GBAGBO CONTRE LE REJET DE LA CANDIDATURE DE LEUR MENTOR

La lagune Ebrié va-t-elle sortir de son lit ?  

La décision du Conseil constitutionnel ivoirien, d’invalider 40 des 44 candidatures à la présidentielle de fin octobre prochain dont celle de l’ancien président Laurent Gbagbo, n’a pas encore fini de faire des vagues. En effet, à la suite des partisans de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, dont la candidature est aussi passée à la trappe, ceux du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) appellent à la mobilisation contre la « forfaiture » d’une juridiction « instrumentalisée par les dirigeants actuels ». Le casus belli, dans le cas d’espèce, a deux pendants : le rejet de la candidature de leur mentor, Laurent Gbagbo, et la validation de celle de l’ennemi juré, Alassane Ouattara,  qu’ils entendent contester jusqu’au bout par tous « les moyens constitutionnels pour nous permettre de lutter contre le despotisme qui s’est installé dans notre pays ».

 

Ça risque,  pour emprunter au jargon militaire, de péter au propre comme au figuré, dans la rue et le ciel ivoiriens

 

Quand on sait que les décisions de cette juridiction suprême du pays ne peuvent faire l’objet de recours, on se demande où est-ce que les partisans du christ de Mama iront chercher leurs « moyens constitutionnels » pour contrer cette décision qui élimine leur poulain de la course à la succession de l’enfant Kong qui, lui, se retrouve à leur grand dam, dans les starting-blocks. Autant dire que ça risque,  pour emprunter au jargon militaire, de péter au propre comme au figuré, dans la rue et le ciel ivoiriens. Car, les gbangban* qui se profilent à l’horizon, sont plutôt annonciateurs d’une bourrasque qui risque de pousser les eaux de la lagune Ebrié hors de leur lit. En tout cas, à l’allure où vont les choses, le gnaga* semble inéluctable si rien n’est fait dans le sens d’un apaisement des esprits. Car, sans se laisser tromper par les apparences, non seulement le ton est belliqueux, mais aussi cela semble tenir de rancœurs tenaces mal contenues depuis la crise postélectorale de 2010  qui a connu l’épilogue que l’on sait. A la limite, l’on est porté à penser que la pilule de la candidature contestée d’Alassane Ouattara aurait été moins amère à avaler pour ses contempteurs si celles de ses plus farouches adversaires que sont Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, n’avaient pas été retoquées dans les conditions et pour les raisons que l’on sait. Mais, se voir ainsi privés du match retour de 2010 pratiquement sur tapis vert, peut être difficile à avaler pour les partisans du Woody. C’est pourquoi on peut nourrir de sérieuses inquiétudes pour le scrutin du mois prochain en Eburnie. Car, les ingrédients d’une crise pré et postélectorale sont à présents réunis. Et les manifestations de rue observées ça et là dans le pays, en sont les prémices. Les autorités d’Abidjan auraient tort de les minimiser.  C’est dire si la Côte d’Ivoire danse plus que jamais sur un volcan qui peut entrer en éruption à tout moment. D’autant que ce ne sont pas seulement les partisans de Laurent Gbagbo qui manifestent leur mécontentement.

 

Bien plus que les précédents, le scrutin du 31 octobre prochain est celui de tous les dangers en Côte d’Ivoire

 

Ça grogne aussi du côté des pro-Soro, sans oublier le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) de Henri Konan Bédié qui est certes dans la course à l’échalote, mais continue de contester la légalité de la candidature du président Ouattara. D’un autre côté, avec des militants du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix) gonflés à bloc et qui ne jurent que par une victoire du chef de l’Etat sortant, on peut craindre que, dans la configuration actuelle,  le seul verdict des urnes ne suffise pas à ramener totalement le calme sur les bords de la lagune Ebrié. C’est dire si l’on est bien parti pour des manifestations au-delà même de la date du scrutin du 31 octobre prochain.  Et si ADO triomphe dans de telles conditions, il y a fort à parier que le problème de sa légitimité risque de se poser pour longtemps à certains de ses compatriotes.  C’est dire si bien plus que les précédents, le scrutin du 31 octobre prochain est celui de tous les dangers en Côte d’Ivoire. Avec une météo politique aussi exécrable et tous ces gros nuages sombres qui s’amoncellent dans le ciel d’Abidjan, on se demande comment la « Perle des lagunes » qui a déjà les pieds dans l’eau, survivrait à un déluge s’il venait à pleuvoir à nouveau sur la capitale économique ivoirienne.

 

« Le Pays »

 

*Gbangban : palabre en langage Nouchi (argot ivoirien)

*Gnaga : bagarre en langage Nouchi (argot ivoirien)

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