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APPEL DES DEPUTES DE LA MAJORITE AU REFERENDUM :Et la paix dans tout çà ?

Quand le loup décide de faire la paix avec l’agneau, ce dernier a toutes les raisons de se poser la question de savoir si son vis-à-vis est au sérieux. Cette image pourrait bien s’appliquer au Burkina d’aujourd’hui, où le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) vient de s’illustrer par une visite de courtoisie inattendue à la principale force politique de l’opposition, l’UPC (Union pour le progrès et le changement). A l’occasion de cette visite de courtoisie, les mots paix et dialogue sont revenus comme un leitmotiv. La noblesse de cet acte initié  par Assimi Koanda et ses camarades avait été relevée et saluée. Quelques jours après cette visite qui pouvait laisser croire à l’apaisement du climat politique, 81 députés du CDP et de ses alliés demandent officiellement au président Blaise Compaoré d’user de ses prérogatives constitutionnelles pour convoquer un référendum pour la révision de la loi fondamentale, dans la perspective de lui permettre une autre candidature.

 

Les Burkinabè  retiennent  leur souffle

 

L’argument du CDP, brandi par son premier vice-président du groupe parlementaire, Achille Tapsoba, est que « la classe politique a l’obligation d’entendre le peuple souverain, parce que ses décisions sont sans appel ». Cette sortie, faut-il le rappeler, intervient après la publication par des confrères, d’un document où il est question d’une proposition de loi appelant au référendum, initiée par des députés proches du pouvoir. Le CDP et ses alliés disent être étrangers à ce document.

Qu’ils soient de bonne foi ou non, l’on peut relever que ces deux appels se rejoignent, sur le fond, sur la même éventualité,  celle d’un référendum désiré par le pouvoir. Les Burkinabè, épris de paix, retiennent donc leur souffle en se posant certainement la question de savoir quelle sera l’attitude du principal concerné, Blaise Compaoré, face à ces appels incessants de ses partisans et surtout  quelle serait l’attitude de l’opposition dans l’hypothèse où Blaise Compaoré répondrait favorablement à l’appel de son camp. Jusque-là, Blaise Compaoré a toujours fait languir les Burkinabè sur la question. De manière officielle, il ne s’est pas encore adressé à ses concitoyens, pour leur signifier de manière univoque sa volonté de modifier la Constitution pour renouveler son bail à Kosyam. Certes, il a laissé entrevoir cette possibilité à plusieurs occasions, mais il l’a fait en des termes sibyllins et ce, en dehors de tout cadre officiel. L’on pourrait donc se poser la question de savoir à quoi joue finalement Blaise Compaoré, en optant pour un tel clair-obscur. L’on pourrait y tenter la réponse suivante. Blaise Compaoré aurait choisi de faire exécuter la besogne par ses lieutenants à sa place. C’est ce que le CDP et ses alliés   s’évertuent à faire aujourd’hui, en servant abondamment aux Burkinabè l’argumentaire selon lequel les portes de l’enfer s’ouvriraient pour le pays, si d’aventure leur mentor venait à être écarté de la course à la présidentielle de 2015.

 

La paix est d’abord de la responsabilité du Prince

 

Pour les besoins de la cause, tous les moyens de toutes natures pourraient être mis à contribution pour

susciter   l’adhésion des populations au projet de  modification de la loi fondamentale, afin d’obtenir in fine un large front social  pour  le référendum dont le seul bénéficiaire est « l’enfant terrible de Ziniaré ». Celui-ci, après le travail pédagogique de ses fidèles, interviendra alors pour convoquer officiellement le corps électoral ainsi conditionné pour le référendum.

Dans un tel scénario, Blaise Compaoré aura beau jeu de dire, au cas où ça passerait, qu’il n’a fait que répondre à la volonté du peuple « souverain ». Mais au cas où ça casserait, il pourrait en imputer la responsabilité aux zélés de son camp. Comme Ponce Pilate, il  s’en laverait alors les mains.

Cela dit, les uns et les autres, en cette période critique de l’histoire de notre pays, doivent savoir que le peuple burkinabè est en train de les observer dans leurs faits, gestes et propos et il saura, dans l’hypothèse où les choses viendraient à se gâter, en situer les responsabilités et tirer les conclusions qui s’imposent. C’est pourquoi il est temps pour les uns et les autres de faire preuve de grandeur et de renoncement, pour justement préserver la paix tant prônée, car la paix, tout en étant   une construction collective,  est d’abord de la responsabilité du Prince. Tout comme la guerre.

 

Pousdem PICKOU

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5 commentaires

  1. Ils s’enfoutent pas mal de la paix. Ce qui compte pour eux c’est leur interest egoiste. La politique du ventre est ce qu’ils connaissent le plus.Le peuple saura reconnaitre les Siens au moment venu.

  2. La patate chaude a été donnée à l’homme dit fort. attendons de voire ce qu’en fera l’homme dit fort. le conte il était une fois tire vers sa fin. les ténébreux retourneront dans leurs ténèbres et la liberté reviendra au peuple de paix

  3. le Président Blaise COMPOARE ne peut pas jouer au Ponce Pilate;
    qu’on se rappelle l’anecdote du projet de construction du palais du Roi tyrannique sans pilonnes au sol; il a été proposé au Roi de faire le tracé; de même les supports du Président Blaise contraints à le soutenir coute que coute; vaille que vaille, ont fait la trouvaille qu’est cette initiative qui le met à rude épreuve: l’usage de ses prérogatives pour convoquer ce referendum là dont lui seul est bénéficiaire. En 2005 c’est le peuple qui a marché pour susciter sa candidature, cette fois ce sont les honorables qui l’invitent à se découvrir pour ou contre l’intérêt général dont la substance avec ou sans les procédures juridiques qui semble se substituer à cet intérêt. c’est le président lui seul qui a la paix en deux mots:JE RENONCE

  4. La situation politique Burkinabe tombe mal. elle tombe a un moment ou le pays est entoure par Boko Haram, Aqmi, Ebola, Azawad et d’autre choses encore. Je crois que le president le sait et qu’il sait aussi que lui seul a la paix dans sa main dans ce pays. Qu’il use de sagesse pour ne pas faire mourir trop d enfants du Burkina juste pour une question de regne. la vie a trop de sens a ses yeux et je sais que le president est un grand sage. j’attends personnellement qu’il surprenne agreablement en demandant a ses partisants qui n on que la semantique du griot dans la gorge d;aller se faire voir. Que le president fasse ce qu’il a a faire: l’acte que tous les grands hommes pausent et rentre adroitement dans l’histoire avec la benediction de leur people. C’est vrai il peut se rappeler un passe qui pourrait le hanter et le faire renoncer a prendre la decision qui sauvera tout son people. cependant c’est en cela que l’on verra sa grandeur. celui qui aime donne sa vie pour ceux qu’il aime. Blaise est un pere pour les Burkinabe, il agira donc en pere. je prie pour mon president, je prie pour mon pays que j aime tant. Que Dieu nous benisse et qu’il eleve encore notre president comme il a su le faire pour les grands hommes qu’il a choisi selon son Coeur, selon sa volonte. Notre president est un sage, il prendra la decision du sage, celle qui rassemble et donne vie. puisque la parole est vie, que la parole du president donne vie a tous les fils et filles du Faso. Amen1

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