A la uneFocus

ATTAQUE MEURTRIERE CONTRE DES SOLDATS AU NIGER :

Le Chacal a encore fait parler de lui

Un mois de Ramadan sanglant ! C’est le moins que l’on puisse dire. Car, après les attaques dirigées contre les lieux de culte qui ont suscité clameur et désapprobation au Burkina Faso, les terroristes viennent de faire parler d’eux, au Niger voisin. Tout est parti, en effet, de l’attaque repoussée, le 13 mai dernier, de la prison de haute sécurité de Koutoukalé, située à moins de 50 km de Niamey, la capitale nigérienne. L’ordre est donné de prendre en chasse les assaillants. Et c’est au cours de cette course-poursuite qu’un véhicule militaire a sauté sur un engin explosif. Le reste de la compagnie qui venait en renfort, quant à elle, est tombée dans une embuscade. Preuve que l’attaque a été minutieusement préparée, c’est qu’au moins une semaine auparavant, plusieurs antennes relais téléphoniques avaient été saccagées ; toute chose qui a compliqué, pour ne pas dire, ralenti l’appel d’urgence, permettant aux malfaiteurs des temps modernes de massacrer, pour ainsi dire, à guichets fermés. Le bilan provisoire très lourd fait état de 17 soldats tués et 11 autres portés disparus.
La scène se déroule au soir du 14 mai dernier, à Baley Béri, près de la frontière avec le Mali. Ceux que l’on appelle à tort « les fous d’Allah » voudraient prouver à l’opinion qu’ils disposent toujours d’une forte capacité de nuisance, qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Tout se passe comme s’ils avaient choisi de sévir plus rigoureusement durant ce mais béni de ramadan, pour marquer les esprits. C’est la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que ces gens-là qui disent agir au nom de l’Islam, ne sont rien moins que des bandits ou des hors-la-loi qui ont fait le choix de se mettre au ban de la société. C’est le lieu donc de faire la part des choses entre le djihadiste et le terroriste.

Le djihad n’est pas ce que l’on veut nous faire croire

Car le djihad, pour reprendre les termes d’un leader religieux burkinabè, consiste en un effort pour faire le bien. Cela peut se traduire, entre autres, « par le fait de se battre pour entretenir ses géniteurs, mettre sa famille à l’abri du besoin ou dépenser financièrement pour soutenir la religion ».
Le djihad n’est donc pas ce que l’on veut nous faire croire. Non ! Ceux-là qui sèment la mort et la désolation sur leur passage, sont des terroristes et méritent d’être traités comme tels ; d’où l’impérieuse nécessité de rendre opérationnelle la Force conjointe du G5 Sahel qui, depuis des années, fait tant parler d’elle mais dont les actions sont très peu visibles sur le terrain. Or, pendant que l’on passe le temps à tergiverser, les terroristes, eux, continuent de massacrer en rond. A preuve, cette nouvelle attaque au Niger intervient au moment même où étaient réunis, pour la énième fois en Belgique, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays du G5 Sahel, et leurs homologues de l’Union européenne (UE). Et comme à l’accoutumée, ce rendez-vous en terre belge a accouché d’une souris. La seule avancée enregistrée est la révision annoncée de l’accord technique de coopération entre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) et la Force conjointe du G5 Sahel.

« Le Pays »

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer