ATTAQUES TERRORISTES A OUAGADOUGOU : Trop de zones d’ombres !

  ATTAQUES TERRORISTES A OUAGADOUGOU : Trop de zones d’ombres !

Quatre jours après les attaques terroristes qui ont visé l’Etat-major général des armées et l’ambassade de France à Ouagadougou, les autorités judiciaires sont sorties de leur silence. En effet, au cours d’un point de presse animé hier, 6 mars 2018, le procureur du Faso, Maïza Sérémé, a laissé entendre qu’aucun des assaillants ne portait une tenue militaire. Tous étaient en civil, dit-elle. Toute chose qui relance la polémique sur de présumées complicités dont ont bénéficié les assaillants. Car, comment des gens en civil ont-ils pu avoir accès à la porte arrière de l’Etat-major général des armées. La question reste entière ? Peut-être en saura-t-on plus, puisque le parquet précise que deux militaires en exercice, un radié et des civils sont déjà aux arrêts, dans le cadre de l’enquête ouverte. On attend de voir. Cela dit, peu avant, soit le 5 mars, ce sont les présidents du Togo et du Niger qui avaient fait le déplacement de Ouagadougou pour témoigner de leur solidarité au peuple burkinabè . Par ces temps de malheur où leur homologue Roch Marc Christian Kaboré ne sait plus où donner de la tête ni à quel saint se vouer pour mettre son pays à l’abri des attaques terroristes, ces visites viennent comme un réconfort moral. Et le Burkina en a fortement besoin  pour faire face à l’adversité. Il en a d’autant plus besoin que les conséquences de ces attaques sont immenses et peuvent se décliner de la manière suivante. La première est d’ordre psychologique et elle est  de loin la plus difficile à soigner. En effet, la psychose est en  passe de s’emparer de toute la cité. Toute explosion, même suscitée par un sachet de plastique, suffit pour créer la débandade. Pas plus tard que le 4 mars dernier, dans la  zone du SIAO (Salon international de l’artisanat de Ouagadougou), l’explosion d’une bouteille de gaz butane a suscité une panique généralisée et cette réaction est humainement compréhensible.

La deuxième conséquence des attaques terroristes récurrentes à Ouagadougou et celle-ci d’ailleurs découle de la psychose, est d’ordre économique

Car, la peur est ambiante à Ouagadougou. Et la double attaque de Ouagadougou, de par son caractère osé, y est pour quelque chose. En effet, quand c’étaient des commissariats et des postes de gendarmerie isolés et très loin de la capitale, où servent quelques gendarmes et policiers qui étaient la cible des barbares, les Burkinabè arrivaient, peut-on dire, à dompter cahin-caha leur peur. Avec l’attaque de l’institution qui est censée être la plus sécurisée et la plus inexpugnable du pays, et cela en plein jour, il y a de quoi basculer dans la psychose. De ce point de vue, les terroristes ont atteint en partie leurs objectifs et l’un d’eux est d’installer un climat de terreur et d’angoisses au sein des paisibles populations. La deuxième conséquence des attaques terroristes récurrentes à Ouagadougou et celle-ci d’ailleurs découle de la psychose, est d’ordre économique. Aucune activité de ce domaine ne peut prospérer dans un tel climat. Déjà, à ce niveau, les choses allaient, on ne peut plus mal. En tirant à trois reprises sur l’ambulance, le doute  n’est pas permis que les choses  pourraient aller de mal en pis. Là aussi, on peut dire que les terroristes ont atteint un autre point de leurs objectifs terminaux. Et il faut être un investisseur qui  a vraiment foi en ce pays pour désormais s’y intéresser. En vérité, il ne faut pas se voiler le visage pour   voir la réalité des choses. Il faut dire qu’on est mal barré. Et cette situation commande un changement de paradigme sécuritaire  pour au moins atténuer les choses à défaut de les éradiquer. La première des solutions à envisager est de repenser de fond  en comble l’armée, de manière à la hisser à un niveau où elle peut riposter comme il faut au nouveau péril. L’heure n’est plus aux mesures cosmétiques. Toutes les intelligences, et notre armée en regorge, doivent être mises en synergie pour anticiper les attaques terroristes et leur apporter une thérapie de cheval. A ce propos, on peut déjà envisager la délocalisation des enceintes militaires à des endroits où, en cas d’attaques terroristes, les effets collatéraux pourraient être minimisés. A cela, l’on peut ajouter la nécessaire coordination de tous les services  de renseignement de la République. Car, à ce niveau, l’on peut avoir l’impression que le travail se passe de manière cloisonnée. L’autre levier à activer, c’est celui de la discipline et de la cohésion de la Grande muette. Les différents  régimes d’exception que le pays a connus ont eu raison de ces deux valeurs qui font la force de toute armée digne de ce nom. De ce fait, l’armée semble avoir perdu son âme et le sens de ses missions régaliennes. C’est ce qui explique, entre autres, certaines mauvaises pratiques en son sein. Le vol de 400 uniformes en mars 2017, en est une. Et tous ceux qui sont en train d’encenser Blaise Compaoré aujourd’hui, doivent le faire avec modération. Car, il est de loin le président qui a le plus dévoyé l’armée  pour y avoir introduit la culture de la promotion en fonction de ses intérêts à lui, le goût immodéré du lucre, du luxe et de la délation.  Aujourd’hui, cette page doit être radicalement tournée. Et sur la nouvelle page, l’on doit poser les bases d’une armée véritablement républicaine, c’est-à-dire une armée non pas au service d’un homme et de son clan, mais une institution forte et résolument tournée vers les intérêts supérieurs de la Nation. Et l’armée burkinabè est capable d’une telle mutation, car en son sein existent des hommes et des femmes qui ont en partage cette valeur cardinale. C’est le lieu de leur rendre hommage et les inviter à davantage d’efforts. C’est le lieu également d’interpeler les dirigeants pour qu’ils inscrivent la dimension  sécuritaire au centre de leurs préoccupations. Car, sans un minimum de sécurité, rien de grand ne peut être envisagé pour la Nation. De manière générale, tous les Burkinabè doivent désormais intégrer cette donne dans leurs actions de tous les jours. Mais les signaux forts de cet impératif doivent être donnés d’abord par les détenteurs de la puissance publique. Il faut souhaiter vivement que ce cri, qui s’apparente à un cri de détresse, soit entendu par qui de droit.

SIDZABDA

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1 Commentaire

  1. Ollo

    Nous suggérons que le Chef de l’Etat profite de la session de l’Assemblée Nationale pour avoir des échanges francs avec nos députés. Nous savons tous que ça coince à quelque part, sinon comment le Chef de l’Etat qui a la légitimité et la légalité que lui confère la constitution n’arrive pas à faire usage de la force pour la sécurité, la protection et règlementer la vie nationale. Ils pourraient aborder des questions tels que :
    1. Que sont devenus tous ceux qui ont été arrêtés ou dénoncés depuis les premières attaques ? les populations ne pourront collaborer dans le renseignement que lorsqu’elles savent que cela sert à quelque chose.
    2. Comment gérer les questions religieuses qui favorisent l’arrivée et l’installation de n’importe qui, sous le prétexte de la liberté de culte et de circulation des biens et personnes ? Osons nous faire une photographie de notre nation dans 30 ans ou 50 ans avec la poussée du phénomène religieux tout bord confondu ! Devons-nous continuer de permettre à des gens de venir nous proposer ce qu’ils n’ont pas réussi dans leurs pays d’origine ! On pourrait de ce fait régler en même temps le phénomène d’installation anarchique dans les parcelles à usage d’habitation et basarder nos espaces verts. Il est vraiment temps de règlementer l’installation des maquis, dancing, bordels et lieux de cultes…. Car si nous refusons de nous assumer aujourd’hui, nous hypothéquons dangereusement l’avenir des générations futures. Si Paris est une belle ville, c’est parce que des hommes et femmes ont accepté de s’assumer il y a plus de 50 ans
    3. Quel mécanisme mettre en place pour que nos FDS soient plus opérationnels ?
    4. Quels mécanismes mettre en place pour arrêter les décisions ou comportements hasardeux de nos gouvernants ? Il me semble qu’il faille continuer de soumettre à l’appréciation de l’Assemblée Nationale toute personne appelée à de hautes fonctions qui engage l’Etat, évitant d’entrainer notre pays à l’aventure.
    Les échanges du Chef de l’Etat avec la représentation nationale aura le mérite de construire une vision pour notre nation pour enfin éviter que les gens ne gèrent notre nations selon leurs intérêts du moment. Car si les Renseignements avaient été gérés dans l’intérêt de la nation, la chute du régime passé ne devrait pas nous laisser sur les carreaux. Notre pays est un beau pays, plein de potentialités qui n’ont besoin que d’une gestion vertueuse et visionnaire pour nous être profitable.

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