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ATTAQUES TERRORISTES AU BURKINA

Il y a péril en la demeure

Les villages de Sagho et Toékodogo dans le Nord du Burkina ont été la cible d’attaques meurtrières le 22 juin dernier, laissant sur le carreau une quinzaine de cadavres. Peu avant, soit le 18 juin dernier, 17 autres personnes avaient été tuées à Béléhédé toujours dans le Nord du Burkina. Et tenez-vous bien, en plein jour. Le message envoyé par les terroristes est clair et il pourrait être le suivant : les terroristes sont désormais maîtres des lieux au point qu’ils n’ont plus besoin de la pénombre pour sévir. L’état d’urgence décrété représente, pour eux, une source de motivation supplémentaire. Bref, pour un véritable pied de nez à l’état d’urgence et à l’opération « Doofu » en cours, c’en est un. Véritablement, les populations sont devenues orphelines. Et seul Dieu sait si elles ne vont pas longtemps encore porter leur croix. En effet, l’on a parfois l’impression que l’Etat est en panne d’idées et de stratégies idoines pour faire face au péril au point qu’il ne se soucie même plus de l’efficacité des mesures qu’il prend. L’essentiel pour lui est de les prendre, le reste on verra. C’est le cas de ce fameux état d’urgence. L’on a des raisons objectives, en effet, de douter de son efficacité. En tout cas, il est loin de constituer un élément dissuasif pour les terroristes. Car, dans pratiquement toutes les régions qui sont concernées par cette mesure sécuritaire exceptionnelle, les terroristes se sont déjà signalés de la pire des manières.

L’heure est au sursaut patriotique pour défendre la Nation en péril

. En réalité, après l’attaque terroriste osée et réussie de l’Etat-major des forces armées, seul le ciel est devenu la limite des terroristes. De ce point de vue, ils ont la latitude du choix de la cible, de leur mode opératoire et de la période où ils vont passer à l’acte. Après donc les écoles, les casernes militaires, les préfectures et autres commissariats de police, les terroristes s’en prennent maintenant aux populations. Il y a péril en la demeure. Dès lors, l’on peut se demander qu’elle sera la nature de la prochaine cible. L’on touche du bois mais tout est désormais possible au Burkina et personne ne sait plus à quel saint se vouer. Cette angoisse individuelle et collective se lit sur tous les visages. Et ce d’autant plus que l’Etat semble accumuler les signes visibles d’un Etat failli. Et ce ne sont pas les lifting gouvernementaux a minima qui inverseront les tendances. En tout cas, au rythme où vont les choses, si les autorités ne se réveillent pas, ici et maintenant, après l’Irak et la Syrie, le Burkina court le risque de devenir le pays hôte des terroristes voire leur califat. Déjà, bien des potentiels investisseurs ont pratiquement mis une croix sur le Burkina. Il en est de même pour les touristes. En tout cas, la situation est gravissime. Elle n’est plus aux salamalecs et autres mesures cosmétiques prises dans la précipitation pour se donner bonne conscience. L’heure est au sursaut patriotique pour défendre la Nation en péril. Elle est à la mise en place d’une stratégie de riposte intelligente qui rassure les populations et qui est susceptible de convaincre les investisseurs que le Burkina Faso n’est pas la Somalie de l’Afrique de l’Ouest. Repenser déjà l’état d’urgence, puisqu’il a suffisamment fait la preuve de son efficacité, lui donner un contenu clair, pourrait être un pas dans cette direction. L’autre pas que l’on peut suggérer est la réconciliation nationale. Car les nations divisées représentent toujours un terreau fertile pour tous les ennemis du peuple. Et les terroristes en font partie.

« Le Pays »

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