ATTAQUES TERRORISTES AU SAHEL : Mettre fin à la comptabilité macabre  

ATTAQUES TERRORISTES AU SAHEL : Mettre fin à la comptabilité macabre   

Depuis l’invasion de Nord-Mali par les djihadistes et l’implantation de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, la sous-région ouest-africaine est en proie à une insécurité ambiante. En effet, quand ce ne sont pas des restaurants et des hôtels qui sont attaqués au Burkina, ce sont des camps militaires qui sont pris pour cible au Niger  voisin pendant que des villages entiers sont dévastés au Nigeria sur fond de rapts  massifs ; tant et si bien que la comptabilité macabre, chaque jour qui passe, ne fait que s’allonger. Et c’est peu dire. Le dernier exemple en date de ces violences caractérisées est la série de meurtres enregistrés en milieu de semaine dans le septentrion du Burkina où cinq personnes, dans des villages différents, ont été froidement abattues par des hommes armés non identifiés. On en est encore à s’interroger sur les circonstances de ces attaques meurtrières qui interviennent au moment où, grâce aux efforts conjugués de nos forces de défense et de sécurité (FDS), la voilure des fous d’Allah semblait quelque peu réduite. En tout cas, pour le moment, on se perd en conjectures. Car, pendant que les uns parlent de règlements de comptes entre gens appartenant à une même filière, d’autres privilégient la piste terroriste. Mais pour l’heure, la première hypothèse semble tenir la route. Ce d’autant qu’à en croire certaines sources sécuritaires, toutes les cinq personnes tuées étaient fichées et recherchées par les FDS. Cela dit, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. En effet, l’un dans l’autre, c’est la preuve que le fantôme est déjà dans la maison. Car, avec une maestria à nulle autre pareille, les leaders terroristes qui agissent moins par conviction que par souci d’avantages pécuniaires, excellent dans la manipulation des jeunes. Si fait qu’une fois recrutés, ces jeunes deviennent des otages, puisqu’ils ne sont plus autorisés à tourner le dos au mouvement sous peine de se faire zigouiller, comme cela se passe dans le Nord du Burkina et dans bien d’autres pays du Sahel.

Il faut louer la volonté des chefs d’Etat du G5 Sahel de mettre sur pied une force commune

Agissant au nom d’une idéologie pestilentielle contraire aux valeurs de l’islam pratiqué en Afrique de l’Ouest, les djihadistes, il faut le dire, ont bouleversé le mode de vie des populations en installant la méfiance et la peur entre elles. Conséquence, certaines valeurs sociales et humaines comme la solidarité et l’hospitalité ont fini par en prendre un sérieux coup. Si fait qu’aujourd’hui, l’étranger, pour ne pas dire l’inconnu en lui-même, fait l’objet de sérieuses suspicions. Sur le plan socio-économique, le constat est alarmant. Car les investisseurs et les touristes ont pris la poudre d’escampette. Or, Dieu seul sait ce que représente leur apport dans l’économie des pays de la sous-région. Et ce n’est pas le Burkina Faso de Roch Marc Christian Kaboré qui dira le contraire ; lui qui, du fait des attaques terroristes du 15 janvier 2016, a vu bon nombre de ses partenaires plier bagages, même si certains, par la suite, ont dû revenir à de meilleurs sentiments. En un mot comme en mille, on peut dire sans aucun risque de se tromper que sans sécurité, aucun développement n’est envisageable. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’il faut louer la volonté manifestée par les chefs d’Etat du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie, Tchad) de mettre sur pied une force commune aux fins de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Pourvu seulement que ce projet qui était déjà dans les musettes militaires depuis 2015, ne reste pas au stade des intentions. Surtout que dans le cas d’espèce, le nerf de la guerre semble faire énormément défaut. Donc, pour le moment, faisons comme Saint Thomas qui préférait toujours attendre de voir avant d’y croire.

Boundi  OUOBA

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