BOYCOTT DE LA CONFERENCE DE GENEVE

 BOYCOTT DE LA CONFERENCE DE GENEVE

Le rétropédalage honteux de Kinshasa

Les autorités congolaises sont-elles en train de faire profil bas ? Cette question, plus d’un se la pose au lendemain de la conférence des donateurs tenue à Genève, le 13 avril dernier. Car, Kinshasa qui avait boycotté la rencontre, estimant que la communauté internationale a surévalué la crise humanitaire en RDC,  donne l’impression d’avoir changé de ton. En témoigne la sortie du ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, qui souhaite que son pays puisse contrôler les manières dont les 528 millions de dollars promis seront utilisés. Morceau choisi : « On ne peut pas dissocier le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) dans la gestion de cette manne. Il faut qu’on s’entende sur la manière d’utiliser cette manne », a déclaré le sieur Ekitundu. Et de préciser : « Nous étions contre le fait d’avoir été exclus dans la détermination des termes de référence de la conférence, mais nous ne sommes pas contre la mobilisation de la solidarité internationale ». Dont acte  ! Si ce n’est pas un rétropédalage, cela y ressemble fort, quand on sait que Kinshasa, à quelques jours de l’ouverture de ladite conférence, a fait des pieds et des mains pour convaincre, quand elle ne menaçait pas certaines ONG à ne pas faire le déplacement de Genève. Que les autorités congolaises boycottent la rencontre de Genève, on veut bien, mais qu’elles exigent un droit de regard sur la gestion d’un fonds qu’elles n’ont pas mobilisé, cela prête à confusion.

Si le ridicule pouvait tuer !

Il y a comme du deux poids deux mesures, pour ne dire un manque de cohérence et de lisibilité dans le comportement du pouvoir congolais. On se croirait face à ce malotru qui, tout en refusant de consommer la viande de tel  ou tel animal, se dit a contrario prêt à en boire la soupe. Quel paradoxe ! Kinshasa doit aller jusqu’au bout de sa logique. Elle s’est opposée à la solidarité internationale et elle doit avoir le courage de l’assumer pleinement. Car, à supposer, par exemple, que la conférence de Genève fût un fiasco, le régime de Kabila aurait applaudi à tout rompre, tant il n’y croyait pas. Ainsi va la gouvernance en Afrique. Quand la communauté internationale s’intéresse de près à la situation dans un pays, on crie à l’ingérence quand on ne brandit pas l’antienne de la souveraineté nationale. Mais quand vient le moment de tendre la sébile, le ton change. Les mêmes souverainistes se transforment subitement en mendiants courtois. Si le ridicule pouvait tuer ! En tout cas, la logique, dans le cas   de la RDC, aurait voulu que les autorités congolaises boycottassent l’aide promise par la communauté internationale et qu’elles fussent capables, de leur propre cru, de mobiliser les 2,2 milliards de dollars attendus pour subvenir aux besoins des 18 millions de Congolais en difficulté. C’est à ce prix qu’elles affirmeraient leur souveraineté nationale.

B.O

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1 Commentaire

  1. Christophe

    Vous avez parfaitement raison. Mais ces gens là n’ont pas froid aux yeux quand il s’agit nde voler de l’argent. C’est ce qui explique leur soudain intérêt dans la gestion des dons promis que je ne vais pas volontairement qualifier de « manne » financière. Les voleurs du gouvernement Congolais parlent de « manne » financière, car c’est inespéré pour cet argent qu’il compte utiliser pour renflouer leurs comptes dans des paradis fiscaux. S’ils n’ont pas hésité à minimiser le nombre des déplacer internes jusqu’à avancer des chiffres 20 fois inférieurs à ce qu’avancent les vrais acteurs du terrain (Eglise catholique, certains ONG reconnus) qui eux assistent réellement les déplacés alors que le gouvernement ne fait rien du tout, imaginer ce qu’ils feront de la « manne tombée du ciel » !

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