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BUDGET ALLOUE A LA COMMUNICATION DANS LA LUTTE CONTRE LE COVID-19

Pour une transparence jusqu’au bout

L’on connait désormais la clé de répartition du budget prévisionnel du plan de riposte révisé, dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 au Burkina Faso. Un budget estimé à un peu plus de 177 milliards 900 millions de F CFA, réparti en plusieurs volets qui vont de la prise en charge des malades, à la sécurité, en passant par la prévention et le contrôle, la logistique, la coordination, la surveillance épidémiologique, la recherche, etc. La communication n’a pas été non plus occultée puisque l’Etat prévoit d’y injecter un peu plus d’un milliard 384 millions de F CFA. Il faut s’en féliciter. D’autant que dans cette rude bataille engagée contre la terrible maladie, tous les efforts seraient vains si les acteurs appelés à informer, éduquer, sensibiliser sur la pathologie, étaient les grands oubliés de ce plan dans ses aspects financiers. En tous les cas, le défi du changement de comportements qu’impose le nouveau coronavirus, ne saurait être relevé sans leur apport pour le moins inestimable. C’est dire si le gouvernement a vu juste en affectant une portion du « nerf de la guerre » à la communication. Et puis, on peut dire que c’est bien mérité. Car, dans l’exercice de leur noble mission, les hommes de médias sont exposés ; eux qui sont toujours au contact de bien des personnes susceptibles d’être porteuses du virus.  Plus d’un milliard 384 millions de F CFA à la communication ; ça c’est sur le papier ! Quid de la gestion de ce fonds, quoique prévisionnel ? Se fera-t-elle dans les règles de l’art ? Une épineuse question à laquelle l’on ne saurait répondre par l’affirmative. On peut, en effet, nourrir de sérieuses craintes que les acteurs concernés par ce fonds destiné à la communication, notamment les médias, n’y voient que du feu !

Attention à ne pas passer pour les dindons de la farce!

Car, c’est connu, dans ce pays, tout le monde veut se « sucrer » sur le dos de la presse. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Combien de fois, en effet, des budgets alloués à la communication et destinés aux médias, ont fini dans les poches de délinquants tapis dans des administrations, et parfois à col blanc ? En tous les cas, on attend de voir, à l’heure du bilan, si la rigueur, la transparence ainsi que le suivi de la gestion, auront prévalu jusqu’au bout. En attendant, on ne saurait faire grief aux médias, de ne pas avoir joué pleinement leur partition dans le combat contre la pandémie. Mesurant leur responsabilité sociale dans la croisade contre la propagation du mal, ils n’ont pas manqué à leur devoir d’informer et de sensibiliser ; ce qui, du reste, leur a valu d’être félicités et remerciés à bien des occasions. Mais attention à ne pas passer pour les dindons de la farce de beaux parleurs aux desseins parfois inavoués et inavouables ! Une chose est de crier à la face des hommes de médias : « On ne serait rien sans vous dans la lutte contre cette maladie », et une autre est de les considérer comme des partenaires à part entière. Ce qui, hélas, n’est pas toujours le cas. En tout état de cause, du moment que de l’argent sera consacré à la communication, les médias, acteurs essentiels de la lutte, devraient aussi en ressentir les retombées, ne serait-ce qu’en terme d’accompagnement. Il serait grave que ces fonds en viennent plutôt à profiter à des filous prêts à tout pour épaissir leur matelas financier.

« Le Pays »

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