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CANDIDATURE DE YOWERI MUSEVENI POUR UN SIXIEME MANDAT

Si le ridicule pouvait tuer…

Après 34 ans de pouvoir sans partage et du haut de ses 75 ans, l’homme fort de Kampala, Yoweri Museveni, briguera un nouveau mandat. C’est la preuve qu’il donne à travers sa candidature à la présidentielle de 2021, pour une sixième fois. Si le ridicule pouvait tuer… Alors que la tendance générale sur le continent est à la limitation du nombre des mandats, ce satrape qui dirige son pays d’une main de fer, veut régner ad vitam aeternam. C’est à se demander s’il ne se croit pas immortel. Que peut-il encore apporter à l’Ouganda après plus d’un quart de siècle au pouvoir ? Avec cette nouvelle candidature, Yoweri Museveni achève de convaincre qu’il est en train de transformer l’Ouganda en royaume. Et ce n’est point étonnant, puisqu’à ses yeux, l’Ouganda est sa « bananeraie ». N’avait-il pas lancé, en 2016, cette phrase qui aura retenu l’attention de plus d’un Ougandais ? « Comment pourrais-je quitter une bananeraie que j’ai plantée et qui commence à donner des fruits ? » En vérité, Yoweri Museveni se considère comme l’Alpha et l’Oméga de l’Ouganda. On est d’autant plus fondé à le penser que cette candidature ouvre la voie à une sorte de dynastie. C’est pourquoi  l’opposition est pratiquement inexistante. En tout cas, tous ceux qui osent lever le petit doigt pour critiquer sa gouvernance, sont jetés systématiquement en prison. Et ce ne sont pas les opposants Kizza Besigyé ou Bobi Wine qui ont régulièrement séjourné dans les geôles ougandaises, qui diront le contraire. Et Dieu seul sait combien d’obstacles, le dernier cité aura sur son chemin puisqu’il entend défier, dans les urnes, l’homme fort de Kampala. Il devra, et c’est peu dire, s’armer de courage ; lui qui est déjà inculpé pour trahison par la Justice ougandaise. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette sixième candidature de Yoweri Museveni n’augure rien de bon pour l’Ouganda.

 

On a le sentiment que le peuple ougandais s’est résigné, attendant que Dame nature fasse son œuvre

 

Ce d’autant que tout laisse croire qu’il succédera à lui-même sans coup férir puisqu’il n’y a aucun opposant autorisé à le mettre en ballotage a fortiori le battre. C’est dire s’il n’y a aucun risque que le pouvoir échappe à Yoweri Museveni.  Le seul obstacle qui pouvait l’éliminer, était la limite d’âge fixée à 75 ans. Mais en bon dictateur, il a fait sauter ce verrou par les parlementaires à coup d’achat de consciences, puisque chaque député, on se rappelle, avait reçu une prime de 8 000 dollars. Cela dit, faut-il faire le requiem de la démocratie en Ouganda? Tout porte à croire que oui. D’autant qu’on a le sentiment que le peuple ougandais s’est résigné, attendant que Dame nature fasse son œuvre. Toujours est-il que la probabilité que Yoweri Museveni cède la place à son fils, est grande d’autant que Muhoozi Kainerugaba qui a gravi tous les échelons de l’armée à la vitesse grand V en devenant général de division, est devenu, depuis 2019, le numéro 2 de la Grande muette ougandaise. Qui peut donc arrêter ce septuagénaire insatiable de pouvoir ? En tout cas, ils sont nombreux les Ougandais qui pensaient qu’après la sanglante parenthèse Idi Amin Dada, Museveni qui est arrivé aux affaires comme un sauveur, fermerait définitivement la page de la dictature pour en ouvrir une nouvelle chargée d’espoirs. Hélas ! Plus de 32 ans après, le désenchantement est plus que total.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

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