COMMEMORATION DE LA JOURNEE NATIONALE DE LA PRESSE : Pour un meilleur traitement de l’information liée au terrorisme

COMMEMORATION DE LA JOURNEE NATIONALE DE LA PRESSE  :  Pour un meilleur traitement de l’information liée au terrorisme

 

Le Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) a organisé, à l’occasion de la Journée nationale de la presse, un panel autour du thème « Terrorisme et accès à l’information ». Le panel, modéré par Dr Régis Balima, a été animé par Dr Danielle Bougaïré et Boukari Ouoba du journal « Mutations ». Il a eu lieu le 20 octobre 2018, à Ouagadougou.

20 octobre 1998-20 octobre 2018, le panel organisé par le CNP-NZ, à l’occasion de la Journée nationale de la presse, commémore ses 20 ans. Et durant ces 20 ans, le Centre national de presse Norbert Zongo a tenu, sans discontinuer, le panel du 20 octobre. Actualité oblige, le thème du panel de 2018 est « Terrorisme et accès à l’information ». Le premier à intervenir a partagé son « expérience de journaliste dans le traitement, dans la couverture des évènements terroristes et problèmes d’accès aux sources d’informations ». Et, lui c’est Boukari Ouoba, journaliste à « Mutations ». Il a été sur le terrain de la première attaque terroriste à Ouagadougou, en l’occurrence l’attaque du Cappucino et a réalisé un reportage à Djibo, centre névralgique depuis l’apparition du terrorisme au Burkina Faso. Compte tenu de la nouveauté du sujet, Boukari Ouoba a mentionné que « autorités politiques, forces de défense et de sécurité et journalistes sont en apprentissage ». Ce qui entraîne beaucoup d’actes manqués aussi bien chez les uns que chez les autres. Pour lui, les journalistes qui sont sur le terrain des opérations, souvent sans moyens de protection, à chaud, doivent éviter de révéler certaines informations qui peuvent être profitables aux terroristes. Boukari Ouoba, dans sa communication, a aussi relevé le difficile accès aux sources dans la recherche de l’information relative au terrorisme en ce sens que le journaliste se heurte souvent à un mur quand il veut des informations officielles. Toute chose qui ne facilite pas le travail des journalistes. Tout compte fait, Dr Danielle Bougaïré a félicité les médias pour le travail abattu dans le traitement de l’information relatif au terrorisme. Cependant, elle reconnaît qu’il y a « des pratiques moins bonnes » de la part des médias qui versent souvent « dans la surmédiatisation des attaques terroristes ». Selon Dr Bougaïré qui a posé un « regard critique sur le traitement de l’information liée au terrorisme par les médias burkinabè», « il est bien de donner des informations mais les journalistes, en voulant informer le public, donnent des détails qui, par moments, participent à l’apologie du terrorisme ». Mais « ont-ils d’autres choix que d’expliquer les choses telles qu’elles sont vu la gravité de la situation ? », s’est interrogée Dr Danielle Bougaïré. « Oui et non », a-t-elle répondu, parce qu’on peut trouver des mots pour exprimer les choses sans pour autant être « barbare ». De son entendement, il ne faut pas faire le jeu des terroristes en relayant les larmes et la désolation au sein des populations. Dr Bougaïré a aussi mis en garde les journalistes en leur disant de prendre le soin de recouper les sources, fussent-elles officielles, au risque de relayer la cacophonie au niveau de l’information officielle.  La cérémonie officielle a été présidée par le ministre en charge de la communication, Remis Fulgance Dandjinou. Relativement au thème : « Terrorisme et accès à l’information », le ministre a affirmé que la pertinence et l’actualité du thème interpellent à plus d’un titre, au regard du contexte et des défis sécuritaires qui s’imposent au Burkina Faso et à la sous-région. Il a trouvé que la problématique du traitement de l’information liée au terrorisme se pose avec acuité, puisque les agressions répétées subies par le Burkina Faso, « nous contraignent à plus de responsabilité dans le traitement et la diffusion de l’information liée au terrorisme ». Pour lui, « les populations ont le droit d’avoir une information exacte et équilibrée lorsqu’il est question de leur sécurité et de leur liberté ».  Au nom du Comité de pilotage du CNP-NZ, Boureima Ouédraogo, quant à lui, a signifié que le 20 octobre est une date chargée de symboles pour le CNP-NZ ; symbole d’engagement et de détermination dans la défense de la liberté d’expression, symbole de conviction, car le CNP-NZ est convaincu qu’une presse libre et indépendante ne peut se développer dans un environnement institutionnel juridique liberticide.

 

Françoise DEMBELE

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+