CONFINEMENT DES POPULATIONS SIERRA LEONAISES :La solution du désespoir

CONFINEMENT DES POPULATIONS SIERRA LEONAISES  :La solution du désespoir

La mesure subjugue toutes  les consciences, tant elle est étrange et abracadabrantesque. C’est du jamais vu. Si l’on avait lu cela dans un livre du Moyen Age, on aurait immédiatement pensé à un conte où généralement le réel côtoie le surréel sans que cela n’étonne outre mesure.

De quoi s’agit-il exactement ? Les autorités sierra léonaises ont imposé un confinement à leur population. En effet, du 19 au 21 septembre prochain, les 6,3 millions de Sierra-Léonais ne pourront plus circuler librement. Ils doivent rester qui, dans leur cabane rustique, qui dans leur villa, qui dans leur fazenda, pour ceux qui en ont une. La raison invoquée par les autorités sierra-léonaises pour justifier cette décision, est de faciliter le dépistage des personnes atteintes du virus Ebola et dont les proches refusent de les conduire dans les centres d’isolement.

 

Il s’agit là d’une solution suscitée par la peur et le désarroi, qui rappelle l’attitude du naufragé qui s’accroche à tout

 

A cet effet, vingt et un mille volontaires, en plus des forces armées et de police déjà mobilisées, veilleront au respect de cette mesure à travers des fouilles systématiques dans toutes les concessions. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit là d’un travail de bénédictin qui, loin d’atteindre les objectifs escomptés, risque de créer d’autres problèmes tout aussi graves que l’épidémie à virus Ebola. Car, toutes proportions gardées, la promiscuité et le manque d’hygiène, pourraient favoriser l’apparition d’une nouvelle épidémie comme le choléra par exemple. Toute chose qui en rajouterait à la souffrance des populations déjà fort éprouvées.

Certes, on comprend l’engagement et la détermination des autorités sierra-léonaises à vouloir combattre le virus Ebola, mais cette décision de confiner les populations pendant 72 heures, manque à tout point de vue de rationalité et de bon sens. Il s’agit là d’une solution suscitée par la peur et le désarroi, qui rappelle l’attitude du naufragé qui s’accroche à tout dans l’espoir de se tirer  d’affaires. En effet, les experts, notamment Médecins sans frontières (MSF) ont démontré que même d’un point de vue scientifique, cette mesure prise par le gouvernement sierra-léonais n’a aucune efficacité.

 

Que faire donc de ces rebuts de la société qui, d’ailleurs, sont les plus exposés à Ebola

 

Ce d’autant plus que la période d’incubation chez les personnes atteintes d’Ebola, va parfois jusqu’à trois semaines. C’est dire que pour un nouvel infecté, le dépistage ponctuel qui sera effectué durant les 3 jours, pourrait ne rien révéler. Et le drame est que les malades que l’on pouvait sauver durant ces trois jours de « pays  mort », risquent de nourrir par manque d’assistance médicale. Du reste, on en vient à s’interroger sur le respect même de cette mesure, pour le moins, absurde. Car, les autorités sierra-léonaises n’ignorent pas qu’à Freetown comme dans les villages environnants, il existe des Sans domiciles fixe (SDF) qui n’auront pas où aller pendant ces trois jours noirs. Que faire donc de ces rebuts de la société qui, d’ailleurs, sont les plus exposés à Ebola, au regard de leurs conditions de vie pas enviables ? A ceux-là s’ajoutent ces nombreux Sierra Léonais qui se débrouillent comme ils peuvent pour assurer leur pain quotidien et celui de leur famille. De quoi vont-ils vivre pendant la période de confinement ? Tout cela fait dire que les autorités sierra-léonaises doivent faire preuve de discernement, pour ne pas semer les germes d’une implosion sociale. Ce qui pourrait compliquer la lutte contre Ebola qui, au bas mot, a déjà fait plus de 2000 victimes.

 

Boundi OUOBA

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1 Commentaire

  1. forever

    la morale médicale n est plus a meme de stoper les épidemies en afrique sans l aide des scientifiques blancs.depuis longtemps la situation sanitaire de biens de pays est une photocopie de la situation précolonisation mis a part le vernis que les boulimiques papetiers s affaire a nous présenter a cout de mission ,de bon d essence ,de frais d hotel, de nomination et on en passe.notre chance jusque là n a rien a voir avec une supposée compétence de nos toubabs burkinabés passés maitres en detournements ignobles d intrants d hygiènes hospitalières en complicités avec les pauvres gardiens et chauffeurs gonflés de véhicules 4×4 et ce qui va avec sur des distances supplementaires grassement retribués hors de leur zone d affectations sans risque aucuns de se faire contaminés par des patients ingrats

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