A la uneOmbre et lumière

CONSTRUCTION DU NOUVEAU CHU DE BOBO-DIOULASSO

« La protection de l’environnement est notre première préoccupation »   (Bowei Wang, chargé de communication de l’Ambassade de Chine)

 Parmi les projets emblématiques marquant le rétablissement des relations diplomatiques en mai 2018 entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine, figurent des infrastructures sanitaires et routières.  Dans ce lot d’infrastructures, il y a la construction d’un nouveau Centre hospitalier universitaire(C.H.U) à Bobo-Dioulasso. Comme on le sait, l’opinion publique est déchaînée à propos du déclassement partiel de la forêt de Kua pour construire cet hôpital financé par la République populaire de Chine. Sur la question, nous avons été conviés à des échanges avec Bowei Wang, chargé de communication de l’Ambassade de Chine au Burkina Faso. C’était le 22 mai dernier à Ouagadougou.

 

L’Ambassade de la République populaire de Chine n’est pas indifférente à la polémique actuelle portant sur le déclassement d’une portion de la forêt de Kua pour construire l’un des plus grands centres hospitaliers du Burkina Faso et de la sous-région africaine. La construction de ce Centre hospitalier universitaire (CHU) d’un coût estimatif de 70 milliards de F CFA, comportant 500 lits et équipé d’un matériel très avancé en matière de médecine, a cédé la place, pour le moment, à des polémiques sur le choix du site devant l’abriter. « La protection de l’environnement, c’est notre première préoccupation », a déclaré  Bowei Wang, chargé de communication de l’Ambassade de Chine, expliquant au passage que son pays respecte les standards  les plus élevés dans le monde en termes de protection de l’environnement. Il a fait observer que « la Chine n’a aucun intérêt à endommager l’environnement » au Burkina Faso, ajoutant que « l’objectif est de protéger tous les arbres » sur le site.

« Nous respectons la voix du gouvernement qui est la voix du peuple, et s’il nous saisit pour nous dire de changer de site, nous allons devoir le faire. Mais ça sera dommage parce qu’avec toutes les études qui ont été menées, avec toutes les consultations qui ont été faites, nous avons trouvé que c’est le site idéal », a indiqué le chargé de communication. A ceux qui accusent les Chinois d’avoir des intentions cachées derrière l’érection de cet hôpital à Bobo, le chargé de communication a répondu que le projet est un don, sans condition et sans contrepartie, du peuple chinois au peuple ami du Burkina Faso. La seule intention qui existe, c’est, d’après M. Wang, de contribuer à améliorer l’accès aux soins de millions de personnes au Burkina Faso et dans la sous-région. Pour lui, la partie chinoise a tenu compte de tous les éléments allant dans le sens de la protection de l’environnement. En tous les cas, a-t-il expliqué, le choix du site a été opéré de commun accord entre les parties et pour la suite de l’opérationnalisation du projet, la République populaire de Chine se pliera  à la décision du gouvernement du Burkina Faso et du peuple burkinabè. « Il y avait d’abord plusieurs plans du projet avant la reprise des relations. Les deux parties ont, après des échanges et des études, retenu ensemble le site idéal. Même si au moment de l’arrivée de la délégation on ne savait pas que c’était la forêt classée, contrairement à ce que les photos montrent, il y a très peu d’arbres et c’est très proche des habitations », a-t-il précisé.  En rappel, les travaux du nouveau CHU de Bobo-Dioulasso étaient prévus pour être lancés cette année et devraient durer trois ans. Faut-il s’attendre à une délocalisation du CHU comme le réclament certains ? Réponse de notre interlocuteur : « nous sommes des exécutants et nous respectons les décisions du gouvernement ». Comme quoi, la construction du nouveau CHU de Sya, qui est désormais vue comme l’un des chantiers les plus importants depuis l’indépendance du Burkina Faso, suscite désormais « beaucoup de prudence ». Mais dans le fond, il y a un problème de communication quelque part, qu’il faut résoudre au plus vite pour ne pas hypothéquer la réalisation d’un centre de santé d’une telle envergure dans une région en manque d’infrastructures.

Michel NANA

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer