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CONVOCATION DE L’EX-PRESIDENT MAURITANIEN

Répondra ? Répondra pas ?

Répondra ? Répondra pas ? C’est la question que tout le monde se pose en Mauritanie et ce, au lendemain de la convocation que le président de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur sept dossiers, a transmise à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. En effet, la commission mise en place depuis février dernier à la demande des députés de l’Opposition, souhaite l’entendre sur des dossiers liés à ses deux mandats à la tête de la Mauritanie, c’est-à-dire de 2009 à 2019. Même si la convocation adressée à l’ex-chef de l’Etat ne spécifie pas les dossiers sur lesquels il sera entendu, l’on sait que la commission parlementaire enquête sur des dossiers de malversations supposées au sein de plusieurs structures publiques et ce, dans plusieurs secteurs que sont l’urbanisme, l’énergie, l’équipement ou encore la gestion des revenus pétroliers. C’est, du reste, pourquoi plusieurs anciens ministres et Premiers ministre ont été déjà auditionnés par les parlementaires qui souhaitent maintenant entendre le témoignage du prédécesseur et ancien bras droit du président Mohamed Ould Ghazouani. Reste maintenant à savoir si Mohamed Ould Abdel Aziz acceptera de répondre à la convocation des parlementaires. Car, non seulement il n’y est pas juridiquement contraint, mais aussi il semble déjà avoir annoncé la couleur puisque l’huissier qui était chargé de remettre la convocation, a été éconduit.

On ne peut que regretter l’attitude de l’ancien dirigeant qui semble totalement opposé au principe de la reddition des comptes

En tout cas, Abdel Aziz voudrait dire aux parlementaires qu’il ne défèrera pas à leur convocation qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Seulement, s’il venait à concrétiser ce refus, ce serait la preuve qu’il a quelque chose à se reprocher. Sinon, pourquoi refuser de répondre à la convocation d’une commission parlementaire qui, on le sait, n’a pas les prérogatives de juger même s’il est vrai qu’en cas de graves manquements, elle peut recommander à la Justice de poursuivre un ancien dignitaire ? Et même là, Abdel Aziz est protégé par une immunité qui fait qu’il ne peut, en cas de poursuites, n’être jugé que par la Haute Cour de justice. Et ce n’est pas tout. L’ex-président mauritanien ne peut seulement être inquiété qu’en cas de crimes constitutifs établis de « haute trahison».  De toute évidence, si l’on peut saluer l’alternance au sommet de l’Etat mauritanien rendue possible par l’acceptation de Mohamed Ould Abdel Aziz, de quitter le pouvoir au moment où d’autres chefs d’Etat africains s’accrochent à leur fauteuil, on ne peut que regretter l’attitude de l’ancien dirigeant qui semble totalement opposé au principe de la reddition des comptes indispensable à la gouvernance vertueuse.

B.O

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