COOPERATION BURKINA FASO-GHANA Le président du Faso à Accra pour la consolidation des projets intégrateurs

COOPERATION BURKINA FASO-GHANA  Le président du Faso à Accra pour la consolidation des projets intégrateurs

 

Accra, la capitale du Ghana, s’est fait bon visage pour réserver un accueil chaleureux au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, qui y a séjourné les 17 et 18 septembre 2018 dans le cadre d’une visite d’amitié et de travail. Pour une première visite officielle, le président du Faso a eu droit à tous les honneurs dignes de son rang, et son séjour a été l’occasion de renforcer la coopération entre les deux pays qui ont défini des projets intégrateurs au profit des populations burkinabè et ghanéennes.

C’est un aéroport international Kotoka paré aux couleurs nationales rouge, vert, étoile jaune, qui a vu atterrir, le lundi 17 septembre 2018, le « Pic de Nahouri »’ du nom de l’avion présidentiel burkinabè, peu avant 19h. Accompagné d’une forte délégation de six ministres qui sont Alpha Barry (Affaires étrangères), Paul Robert Tiendrebéogo (Intégration africaine et Burkinabè de l’extérieur), Vincent Dabilgou (Transports), Bachir Ismaël Ouédraogo (Energie), Niouga Ambroise Ouédraogo (Eau et assainissement), Sommanogo Koutou (Ressources animales), le président du Faso, Roch Marc Chrsitian Kaboré, a fait le déplacement d’Accra à l’invitation de son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo. C’est en quelque sorte un retour d’ascenseur en ce sens que le président du Ghana avait effectué une visite de travail, les 4 et 5 mai 2018 au Burkina. Chaleureusement accueilli par une embrassade du vice-président du Ghana, Alhaji Dr Mahamudu Bawumia, à sa descente d’avion dans une ambiance aux sonorités traditionnelles « djongo » assurée par une troupe kassena et des honneurs militaires, le président du Faso rejoint Australia House », son pied-à-terre, où il enchaîne avec un diner de travail avec son homologue Nana Akufo-Addo.  Au deuxième jour d’une visite au pas de course, le programme est encore axé sur des séances de travail, signature de livre d’or, décoration, rencontre avec la diaspora burkinabè. Tout commence à « Jubilee House », nom officiel du palais présidentiel ghanéen. Honneurs militaires, hymnes nationaux et 21 coups de canon résonnent pour l’accueil de Roch Marc Christian Kaboré. Ensuite, chaude poignée de main entre le chef de l’Etat burkinabè et le locataire de « Jubilee House », Akufo-Addo, avant de s’entretenir en tête-à-tête. Puis, ils rejoignent les ministres pour la séance de travail dans une des salles de réunion de la Maison des verres, cet autre nom de « Jubilee House ». Sur la table de travail des deux délégations, il y avait, entre autres, la question de l’interconnexion électrique et ferroviaire, le projet de construction d’un pipeline, la transhumance, la sécurité.

Le premier des Ghanéens a surtout exprimé la solidarité du peuple ghanéen aux Burkinabè éprouvés par des attaques terroristes

Avant le début des travaux sous les auspices des deux présidents, le premier des Ghanéens a tenu à exprimer sa gratitude à son hôte de marque, pour avoir fait le déplacement d’Accra avec une forte délégation. Il a surtout exprimé la solidarité du peuple ghanéen aux Burkinabè éprouvés par des attaques terroristes, tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes de ces actes terroristes avant de relever que son pays est disposé à soutenir le Burkina Faso dans la lutte contre l’insécurité car, selon lui, « c’est aussi notre lutte et nous devons lutter ensemble. Par ailleurs, nous apprécions les sacrifices que vous consentez pour faire face à ce phénomène de terrorisme ». Pour le président du Faso, en répondant à l’invitation de son homologue ghanéen, c’est pour raffermir les liens historiques et culturels entre le Burkina Faso et le Ghana. Au-delà des barrières linguistiques, le président Roch Marc Christian Kaboré a estimé qu’il y a beaucoup de choses ou du moins tant de projets que les deux pays peuvent entreprendre et réussir. En faisant le déplacement d’Accra avec un certain nombre de projets dans son cartable, le chef de l’Etat burkinabè a indiqué qu’il faut donner des instructions au haut niveau, pour rendre dynamique la coopération bilatérale entre les deux pays.
Pour le moins, les deux chefs d’Etat se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour le renforcement des relations entre le Burkina Faso et le Ghana. Ce qui doit relancer les travaux des commissions mixtes de coopération dont la 12e session est prévue avant la fin de l’année 2018.  Notons que les conclusions de la séance de travail entre les deux délégations sont assez salutaires. En effet, concernant le projet d’interconnexion ferroviaire, il a été convenu de poursuivre sa concrétisation dans les meilleurs délais. Toute chose qui va contribuer à augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays. Du reste, il est ressorti des travaux qu’il faut combiner la construction de ce chemin de fer avec celle d’un pipeline. Le Ghana s’apprêtant à l’exploitation et à la commercialisation de son gaz naturel. Sur la question du transport routier et du transit, les deux délégations présidentielles ont estimé que la relecture et la signature, le 29 août 2018 à Ouagadougou, de l’accord de coopération entre le Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) et l’Autorité ghanéenne des chargeurs (GSA), vont permettre la fluidification du trafic entre les corridors des deux pays. Quant à la question de la transhumance transfrontalière, Nana Akufo-Addo et Roch Marc Christian Kaboré ont émis le souhait que celle-ci se fasse dans le respect des normes communautaires. D’ores et déjà, il a été convenu de créer des couloirs de passage ainsi que des ranchs d’accueil du bétail des transhumants. Sur le problème crucial de l’énergie, il est ressorti des travaux que l’interconnexion électrique Bolgatanga-Ouagadougou est effective. Et le souhait du président du Faso est de faire en sorte que la fourniture d’énergie par le Ghana, passe de 40 à 100 mégawatts d’ici à 2019. Il a aussi été demandé à la partie ghanéenne d’accélérer les travaux de renforcement du réseau électrique interne. C’est dire, au total, que le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a fait le déplacement d’Accra pour consolider des projets intégrateurs. Une visite couronnée par la décoration du président du Faso qui a été élevé à la dignité de l’Ordre de l’Etoile du Ghana.

Drissa TRAORE, de retour d’Accra

 

Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères et de la coopération

« Une visite fructueuse avec des résultats certains »

« Les relations entre le Ghana et le Burkina Faso sont séculaires, historiques et culturelles. Et les deux chefs d’Etat sont résolument engagés pour les consolider. C’est la raison pour laquelle c’est visite a eu lieu dans un bon esprit d’entente entre les deux chefs d’Etat et leurs gouvernements. Ils ont convenu que la 12e commission mixte de coopération entre les deux pays puisse se tenir au Ghana incessamment. Nous avons 25 accords qui sont en attente de conclusion de signature. Les deux chefs d’Etat sont allés au-delà en proposant qu’il y ait des rencontres régulières au niveau ministériel tous les trois mois, afin de pouvoir mieux cerner les problèmes et pouvoir les résoudre efficacement. Sur les questions spécifiques comme le chemin de fer, ils ont donné des instructions afin que tout aille vite de sorte que d’ici à six mois, il y ait un début de lancement. Sur la question de l’énergie, ils ont fait le point de ce qui est déjà en cours. La fourniture a déjà commencé sur la ligne Bolgatanga-Ouagadougou et nous espérons qu’à la prochaine visite du président ghanéen, cette ligne sera inaugurée à Ouagadougou. Il y a aussi la question de l’eau sur laquelle il a été convenu que les ministres ghanéen et burkinabè en charge de l’eau tiennent des rencontres régulières parce que vous savez que le barrage de Bagré est dans une position où quand il est plein, il faut le déverser et les Ghanéens se plaignent qu’ils subissent des dégâts dans les champs, et parfois avec des situations de morts d’hommes. Ces rencontres régulières devront permettre de donner des alertes afin de prévenir toute catastrophe. En ce qui concerne les autres aspects dont le trafic, la partie ghanéenne a proposé que pour éviter les évasions fiscales, les douanes burkinabè puissent s’installer au Ghana de sorte qu’en amont, on puisse collecter les taxes douanières sur tous les produits qui vont en direction du Burkina Faso. Je peux donc dire que ça été une visite fructueuse avec des résultats certains qui vont nous permettre d’avancer dans les relations entre nos deux pays. »

Par D.T

 

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+