CREANCES DE L’ETAT IVOIRIEN AUX ENTREPRENEURS DU BTP : Que fera ADO ?

CREANCES DE L’ETAT IVOIRIEN AUX ENTREPRENEURS DU BTP : Que fera ADO ?

C’est la galère pour des dizaines d’entreprises ivoiriennes qui avaient bénéficié de marchés, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgence (PPU). Car, quatre ans après la livraison des ouvrages, beaucoup d’entre elles attendent toujours d’être payées par l’Etat ivoirien. Or, la plupart s’étaient endettées pour l’achat ou la location de matériel de terrassement, dans l’espoir qu’elles entreraient rapidement en possession de leur dû. Aujourd’hui, ces entreprises tirent le diable par la queue, si elles ne courent pas tout simplement le risque de mettre la clé sous le paillasson. Et c’est peu dire. Car, comment dans un pays où le gouvernement prône la libre entreprise et appelle à la participation des PME nationales aux grands travaux d’aménagement, l’Etat peut-il faire poireauter ses créanciers au point de les clochardiser ? That is the question. Le président Alassane Dramane Ouattara (ADO) doit se secouer. Cela d’autant qu’aucun pays ne peut se développer en marginalisant le secteur privé qui est très  loin de compter pour du beurre. Qu’il est donc révolu le temps  où le président ADO, connu pour ses méthodes américaines, mettait tout le monde au pas !

ADO doit taper du poing sur la table

 La rigueur de « brave tchê » comme on aime à l’appeler en Eburnie, s’est-elle émoussée ? Ou bien est-il mal entouré ? Autant de questions que l’on est en droit de se poser, tant le relâchement   est perceptible  à tous les niveaux.  A preuve, la corruption a gangrené tout l’appareil d’Etat si fait que ce qui était  interdit, il y a quelques années, se fait aujourd’hui au vu et au su de tout le monde. L’exemple palpable, s’il en est, est la pagaille qui se lit au niveau du recrutement des agents de la Fonction publique. L’affairisme et le clientélisme sont devenus les choses les mieux partagées, dans un pays présenté comme le plus endetté de la sous-région. Face à ces dérives qui vont crescendo, ADO doit taper du poing sur la table ; lui qui, il faut le dire, a une image de démocrate à défendre. A moins qu’à l’épreuve de la réalité du terrain, il ne se soit retrouvé devant un monstre qu’il a du mal à maîtriser. Comme quoi, la seule volonté politique ne suffit pas parfois. Cela dit, pour autant qu’il ne nourrisse plus d’ambitions présidentielles, ADO a les coudées franches pour nettoyer les écuries d’Augias avant de passer la main en 2020 à son successeur. Car, comme l’on le dit, il n’a plus rien à perdre. Certes, il a réussi à booster le développement socioéconomique de la Côte d’Ivoire, mais il lui reste un autre chantier important : assainir et moraliser la gouvernance. C’est un combat difficile, mais pas impossible. Le président Paul Kagame qui n’est pas un exemple en matière de démocratie, l’a gagné, si bien qu’aujourd’hui, le Rwanda compte parmi les pays les plus prospères du continent.

B.O.

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