CRISE DANS LA COMMUNAUTE MUSULMANE DE BANFORA : El Hadj Amadou Sanogo installé imam de la grande mosquée

CRISE DANS LA COMMUNAUTE MUSULMANE DE BANFORA   :  El Hadj Amadou Sanogo installé imam de la grande mosquée

 

Jusque-là, imam intérimaire depuis le décès de Bâ Ouattara, El Hadj Amadou Sanogo a été officiellement fait imam de la grande mosquée de Banfora, le 27 janvier 2018. La cérémonie d’installation s’est déroulée en présence de plusieurs fidèles venus être témoins d’un événement que d’aucuns voulaient voir avorté.

 

Une autre étape vient d’être franchie dans la crise qui sévit au sein de la communauté musulmane de Banfora depuis quelques mois. En effet, dans le cadre de la résolution de cette crise, El Hadj Amadou Sanogo qui assurait l’intérim de El Hadj Bâ Ouattara, décédé en 2016, a été porté à la tête de la mosquée du secteur 2, connue comme étant la grande mosquée de Banfora. Cette intronisation a eu lieu le 27 janvier 2018 en présence d’un grand nombre de fidèles musulmans de Banfora, des membres de la délégation de la communauté musulmane de Bobo-Dioulasso, des opérateurs économiques et des autorités administratives dont l’un des conseillers techniques du gouverneur, du Président du conseil régional (PCR) des Cascades, N’gollo Drissa Ouattara, connu pour être le principal médiateur dans cette crise. Lecture de coran, prières, bénédictions et cérémonial d’installation ont été les temps forts de cette intronisation. Pour le PCR, il est inadmissible que les fidèles se « bagarrent » pour prier Allah. C’est pourquoi, a-t-il dit : « Je me suis engagé dans cette médiation car sans la paix, il n’y a pas d’harmonie entre fidèles, encore moins de développement possible». S’adressant à l’iman Sanogo, peu avant le rituel d’intronisation, N’Gollo Drissa Ouattara a été, on ne peut plus clair. Pour lui, l’islam est amour, l’islam est tolérance. Par conséquent, on ne devrait pas voir les germes d’une crise dans la communauté de ceux qui la pratiquent. Malheureusement, a-t-il poursuivi, « les musulmans d’aujourd’hui sont tout, sauf des croyants. Ils prêchent ce qu’ils ne font jamais». Aux fidèles,  le PCR a rappelé que dans la vie chacun doit attendre son tour. Car à vouloir prendre le tour d’un autre, on force les choses et on crée des problèmes. Sans détour, il a invité El Hadj Amadou Sanogo à diriger la mosquée avec droiture, honnêteté et clairvoyance.

En prenant la parole après son installation, El Hadj Amadou Sanogo a d’abord exprimé sa reconnaissance envers « Allah qui a permis que ce jour arrive ». Il a ensuite remercié tous ceux qui se sont impliqués dans la recherche de solution à la crise. « Je prie Dieu qu’Il me donne la force nécessaire pour conduire la mission qui m’a été confiée », a-t-il conclu.

La crise est-elle passée ?

 

Peut-on dire qu’avec cette intronisation, la crise au sein de la communauté musulmane est enfin jugulée ? « Oui ! », répond le PCR et médiateur N’gollo Drissa Ouattara qui estime avoir reçu les « bénédictions » des différents protagonistes dans ses démarches. Cependant, selon certaines indiscrétions,  il faut craindre des poches de résistance. Et le PCR affirme, lui-même, de s’être rendu chez le chef de canton dans la matinée du 27 janvier 2018 pour une ultime tentative d’amener les partisans du camp d’Ibrahim Sagnon à contribuer à l’apaisement de la situation. Etant donné que jusqu’à la veille de l’installation de El Hadj Amadou Sanogo, le camp de l’imam   Ibrahim Sagnon n’était pas favorable à El Hadj Sanogo. Pour l’heure, d’aucuns restent pessimistes quant à la fin de la crise avec la cérémonie d’installation de l’imam Sanogo. Ils soutiennent leur pessimisme par le fait qu’un communiqué avait été diffusé    sur une des radios locales au petit matin du 27 janvier 2018 annonçant l’annulation de la cérémonie. De plus, l’absence des partisans d’Ibrahim Sagnon qui a été désigné le 11 janvier 2018 comme président provincial des imams, à l’installation d’Amadou Sanogo est perçue comme un refus de ceux-ci de reconnaître Amadou Sanogo comme imam de la grande mosquée. De même, à l’installation d’Ibrahim Sagnon, ceux d’Amadou Sanogo n’étaient pas représentés. Du coup, c’est la reconnaissance d’une grande mosquée entre celle du secteur 2 et celle de Korona au secteur 8 qui se pose. Et on se rappelle qu’après l’installation d’Ibrahim Sagnon, les partisans de celui-ci avaient souhaité l’élaboration d’un programme de conduite de la prière du vendredi entre lui et Amadou Sanogo à la grande mosquée. Une tentative de faire diriger la prière par le premier qui a échoué le 12 janvier 2018 et a failli tourner au pugilat. Alors, l’on peut bien se poser la question de savoir si la crise est réellement passée.

Mamoudou TRAORE

 

 

 

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