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DEBUT DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE EN ALGERIE

Gaïd Salah droit dans ses godasses

Si le processus électoral s’est achevé comme un fleuve tranquille en Tunisie, il en va autrement pour l’Algérie où la campagne pour la présentielle a débuté dans un contexte de contestations. En effet, envers et contre tous, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu l’homme fort du pays depuis le départ d’Abdelaziz Bouteflika, semble décidé à aller jusqu’au bout. Droit sans ses godasses, il refuse tout autre voie de sortie de crise qu’une présidentielle et rejette les appels à l’arrêt du processus électoral. Autrement dit, la rue algérienne gronde mais Gaïd Salah n’en a cure. Il maintient le cap, renforçant ainsi le bras de fer entre les autorités de transition et les contestataires qui, comme à chaque vendredi, n’ont de cesse de réclamer le départ de tous les hiérarques du système Bouteflika. Du reste, pour les contestataires, la présidentielle du 12 décembre prochain ne sera ni plus ni moins qu’une occasion de recycler l’ancien système en place depuis vingt ans. En tout cas, la situation est d’autant plus tendue en Algérie, qu’il y a lieu de craindre le pire. Car, que va-t-il se passer si les contestataires décident de perturber la campagne électorale qui vient d’être lancée ? L’armée fera-t-elle usage de la force ou va-t-elle laisser faire ? Difficile d’y répondre. On attend de voir. Mais qui connaît l’intransigeance du général Salah, sait que celui-ci n’hésitera pas à bander les muscles en envoyant certains croquants en prison. Toute chose qui pourrait en rajouter à la situation déjà très délétère,  surtout que certains Algériens ne cachent pas leur agacement et se disent prêts à aller à la pêche plutôt que d’aller voter le 12 décembre prochain.

Les  jours à venir pourraient être très houleux en Algérie

 

C’est dire donc que, dans ces conditions, le taux de participation à la présidentielle pourrait être des plus bas en Algérie. Ce qui ne fait pas beau pour un scrutin qui intervient au lendemain d’un mouvement de révolte qui a mis fin au règne d’un assoiffé du pouvoir qui, même dans son fauteuil roulant, tenait à rempiler pour un nouveau mandat comme s’il n’y avait pas d’autres compétences capables de diriger le pays. En tout cas, le tout n’est pas d’enrôler des candidats et de lancer une campagne électorale. Il faut surtout travailler à conquérir les cœurs des Algériens au risque de se retrouver avec des bureaux de vote sans électeurs. Et le général Gaïd Salah est prévenu puisque la légitimité des nouvelles autorités en dépend. Certes , on peut saluer la signature d’une charte d’éthique des pratiques électorales par les cinq  candidats en lice, qui consiste à « s’abstenir de tout propos diffamatoire et insultes ». Mais l’on se demande bien dans quelles conditions ceux-ci  comptent  battre campagne, quand on sait que le mouvement de contestation  n’en démord pas. A preuve, on voit déjà, sur les réseaux sociaux, des panneaux électoraux recouverts de slogans hostiles et cela avant même l’affichage des portraits des candidats. C’est dire donc que les  jours à venir pourraient être très houleux en Algérie.

 

Boundi OUOBA

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