DECOUVERTE DE NOUVEAUX CHARNIERS EN RDC : Mais où est donc passée la CPI ?  

DECOUVERTE DE NOUVEAUX CHARNIERS EN RDC : Mais où est donc passée la CPI ?   

Le Kasaï est-il un cimetière à ciel ouvert ? C’est la question que l’on est en droit de se poser, après la découverte de 38 nouvelles fosses communes dans cette région située au centre de la RD Congo. Cette découverte macabre a été faite la semaine dernière,  pendant que des émissaires de l’ONU étaient en mission de reconnaissance conjointe avec les enquêteurs militaires congolais dans la province du Kasaï, portant à plus de 80 le nombre de charniers qui y ont été découverts, suite au soulèvement des miliciens du chef traditionnel Kamuina Nsapu contre l’autorité centrale. Et tout porte à croire que Kinshasa a sorti l’artillerie lourde contre les insurgés, si fait que l’armée congolaise se trouve aujourd’hui soupçonnée d’être à l’origine de ces massacres. Mais, en attendant de trouver une réponse à la fastidieuse question de l’identification des victimes et des auteurs de ces tueries, l’on se pose la question suivante : où est passée la Cour pénale internationale (CPI) face à ce qui s’apparente à des violations massives des droits humains voire des crimes contre l’humanité ? En tout cas, pour l’institution de La Haye, il y a matière à enquêter au « Kabilaland ». Surtout que plusieurs sources indiquent que depuis le déclenchement de l’insurrection en août 2016, plus de 3 300 personnes ont été tuées dont certaines dans des conditions qui portent atteinte à la dignité humaine.

 La responsabilité du pouvoir semble engagée

 

Si pour moins que cela, l’institution de Fatou Bensouda a pu donner de la voix comme ce fut le cas  récemment au Gabon, il n’y a pas de raison qu’elle continue de garder le silence sur le cas de la RDC où les Congolais et la communauté internationale ne sont certainement pas au bout de leurs surprises. Le pire est à craindre. Car, rien ne dit que les fosses communes  jusque- là découvertes ne sont pas que la partie visible de l’iceberg. Peut-être la partie immergée cache-t-elle beaucoup plus d’horreurs ; toute chose qui pourrait justifier la fin de non-recevoir catégorique des autorités de Kinshasa à la demande de l’ONU de mettre en place une commission d’enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur ces massacres. Et leur empressement à s’imposer à la tête de la commission conjointe pour diriger les enquêtes n’est pas moins suspecte. D’autant plus que dans cette affaire, la responsabilité du pouvoir semble engagée, surtout avec les accusations d’usage excessif de la force faites par les Nations unies aux FARDC dans la répression de cette rébellion, en plus de certains témoignages accablants pour la Grande muette dont des camions auraient été vus jetant des corps morts. Dans ces conditions, comment Kinshasa peut-elle être juge et partie sans que les résultats des enquêtes ne soient biaisés ? En tout état de cause, tant qu’il y a deux camps qui s’affrontent dans un confit, il est difficile que les responsabilités ne soient pas partagées. Mais, ce qui reste à établir, c’est le degré de responsabilité des protagonistes. Et dans le cas d’espèce, les soupçons sont dirigés contre l’armée congolaise, mais celle-ci, à son tour, rejette la responsabilité de certains charniers sur les Kamuina Nsapu.  C’est pourquoi il aurait été de bon ton que les autorités centrales laissent les enquêteurs de l’ONU agir en toute indépendance pour faire la lumière sur ces événements. Mais, en s’opposant aussi farouchement à la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante et en prenant le contrôle des opérations, tout porte à croire qu’elles n’ont pas la conscience tranquille ou, à tout le moins, qu’elles ont quelque chose à cacher.

La RDC n’est pas à l’abri d’une guerre civile

Quoi qu’il en soit, l’on peut se laisser convaincre que tôt ou tard, la lumière sera faite dans cette affaire de charniers. Mais, en attendant, le constat qui se dégage de la situation en RD Congo est que Joseph Kabila a failli à sa mission de président de ce grand pays qui semble une chaussure trop grande pour ses pieds. S’il aime vraiment son pays, il devrait tirer toutes les conséquences et libérer son peuple en rendant le tablier. Ce n’est pas une question de légitimité de mandat, c’est une question de patriotisme. Car, au contraire de bien d’autres dictateurs du continent qui ont souvent avancé des raisons de paix et de stabilité de leur pays pour justifier leur volonté de s’accrocher au pouvoir, Joseph Kabila ne peut pas invoquer de tels arguments, puisque son pays est depuis lors dans la tourmente. Quand ce n’est pas à Béni que des gens se font tuer, c’est dans le Kasaï que d’autres se font massacrer dans le silence le plus absolu, au moment où l’on enregistre aussi des centaines de milliers de déplacés. Le tout, sur fond d’un pseudo-dialogue politique qui a pour seule conséquence d’alourdir l’atmosphère sociopolitique et de voir s’amonceler de gros nuages annonciateurs d’averses, dans le ciel de la RD Congo. Même l’opposant historique, Etienne Tshisékédi, décédé en février dernier en Belgique, n’a pas encore pu avoir une digne sépulture sur la terre de ses ancêtres, en raison de la macabre danse des vautours que mène le pouvoir avec les familles biologique et politique du défunt, autour de son cadavre.

C’est pourquoi la communauté internationale doit tenir la RD Congo à l’œil, pour éviter toute dégradation de la situation dont nul ne saurait prédire l’issue. Car, à l’allure où vont les choses, la RDC n’est pas à l’abri d’une guerre civile. Et c’est un mal que nul ne peut raisonnablement souhaiter à un pays.

 « Le Pays »

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1 Commentaire

  1. Afrique Consciente

    Je présume que dans ton propos, ce torchon, tu sais pour qui tu réclames la fameuse cpi??????
    Sinon, elle n’est point si loin de toi; car il faudra bien que les africains, dignes envoient à NOTRE CPI africaine, tous les TORTIONNAIRES ET LES VALETS LOCAUX QUI FONT LES PERROQUETS DE SUJETS DONT ILS NE SAVENT POINT OU FONT JUSTE LES REPETITEURS LES ECHOS DE L’OCCIDENT LEUR MAITRE A PENSER;memes
    Si de cpi il y a à rclamer pour toutes les exactions qui se passent en AFRIQUE d’une manière générale et au ZAIRE (car je préfère mieux cette appellation qui colle mieux avec une realité afriqaine que rdc car de democratique, les pays occodentaux eux-memerrorisme crée par eux entretenu par es ne le sont point); donc il faut je le redis une cpi africaine pour juger les sarkozy, david cameron, barack obama, bush pere et fils etc. pour tous leurs crimes odieux contre l’humanité; les pays marchandds d’armes, financiers du terrorisme crée et entretenu par eux, qui sement le CHAOS pour venir participer à la reconstruction (depuis l’Irak, jusqu’aux recentes sdestructions qui se menent sous nos yeux en Syrie); le monde et l’humanité dont les africains ne doivent plus assister beatement et avaler les coulevres servies dans leur premieres manoeuvres pour assassiner SADAM HUSSEIN. FINI CES HORREURS CES GENOCIDES

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