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DEGRADATION DE LA SANTE DE L’EX-MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES

« Le gouvernement du MPP a programmé, dans son agenda, la mort de Djibrill Bassolé », selon le CFOP

Hier 29 mai 2019, s’est tenu le traditionnel face-à-face de l’Opposition politique et de la presse, avec pour principaux animateurs Mamoudou Hama Dicko, président de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) et Adjaratou Sawadogo, vice-présidente du RFI/TDS. L’affaire de la forêt de Kua, le scandale du  charbon fin, la santé du général Djibrill Bassolé et les récurrentes attaques terroristes étaient, entre autres, les points au menu du rendez-vous hebdomadaire.

La polémique depuis un certain temps sur le déclassement d’une partie de la forêt de Kua a encore fait réagir l’Opposition politique, hier 28 mai. Tout en se disant favorable à la construction de l’hôpital, l’Opposition dit ne pas comprendre cet « entêtement du gouvernement » à vouloir coûte que coûte construire l’infrastructure dans ladite forêt. « Dans un pays désertique où le moindre mètre carré de plantes est précieux, c’est absurde de déclasser une forêt, quand bien même c’est dans l’objectif d’y construire un hôpital », a soutenu le président de la NAFA, Mamoudou Dicko. Réagissant à l’agression dont ont été victimes des militants du Mouvement pour la protection de la forêt de Kua (MPFK), le 26 mai dernier à Bobo-Dioulasso, par des « jeunes instrumentalisés par le pouvoir en place », M. Dicko a condamné ces « agissements contraires à l’esprit démocratique et à la liberté d’expression ». Par ailleurs, l’opposition a mis en garde le pouvoir contre « tout ce qui pourrait advenir au député Moussa Zerbo (initiateur du mouvement) et aux membres, dans la noble lutte qu’ils mènent pour la protection de la forêt ». Et à tous ceux qui pensent que des forestiers sont allés loin en déterrant, le 23 mai dernier, les bornes délimitant l’espace réservé à la construction de l’hôpital, l’Opposition soutient le contraire. De l’avis de M. Dicko, ces forestiers sont dans leur droit d’agir de la sorte. « Ces forestiers ont le droit d’aller arracher ces bornes. Ils sont protégés par la Réforme agraire et foncière (RAF). Ils ont le droit de protéger les forêts, c’est pourquoi ils sont armés. Au contraire, ce sont des gens qu’il faut féliciter. Les Chinois n’avaient pas le droit d’aller placer les bornes avant que la forêt ne soit déclassée. Les forestiers peuvent ôter la vie de quelqu’un qui arrache un arbre. Ils sont dans la légalité, demandez au procureur de les traduire en justice on va voir.

« Le cas particulier des forestiers n’est pas de l’incivisme »

Il y a des arbres qui sont plus importants que certaines personnes. 99% des médicaments proviennent des plantes… Des gens ont brûlé l’Assemblée nationale mais qui les a convoqués en justice ? On ne peut pas développer un pays dans l’incivisme mais le cas particulier des forestiers n’est pas de l’incivisme. Ils sont dans leurs prérogatives qui sont de protéger les forêts et la forêt de Kua, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas encore déclassée. Personne ne peut les arrêter », a-t-il soutenu.  Le vaste scandale de fraude d’or dissimulé dans une exportation de charbon fin  qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis un certain temps, a été abordé par les conférenciers. Tout en dénonçant « cet énième crime économique à l’ère du MPP », l’Opposition a invité « la Justice à faire la lumière sur cette affaire et punir sévèrement les auteurs et leurs complices ». Pour Mamoudou Dicko, ce n’est ni plus ni moins que du « terrorisme économique, aussi nuisible et répréhensible que les autres formes de terrorisme ». « Il est inimaginable qu’au moment où le Burkina a besoin de ressources financières pour faire face à la lutte contre le terrorisme, des individus se permettent de passer des deals à hauteur de plusieurs centaines de milliards de F CFA », a-t-il martelé.  Sur l’état de santé du général Djibrill Bassolé, l’Opposition déplore le refus des autorités de laisser l’intéressé aller poursuivre ses soins comme convenu en Turquie. « Le gouvernement du MPP a programmé, dans son agenda, la mort de Djibrill Bassolé en l’empêchant d’aller se soigner convenablement, en écourtant son séjour médical et en voulant lui imposer des thérapies contre l’avis de son médecin traitant. Il est désormais établi que le pouvoir en place veut le tuer à petit feu. C’est inhumain et cynique », a estimé le président de la NAFA. En tout état de cause, il a relevé que l’Opposition « tiendra personnellement le président Roch Marc Christian Kaboré pour responsable au cas où ce statu quo inacceptable conduit à la disparition du général ». Par ailleurs, il a dit prendre « l’opinion publique à témoin de ce traitement inhumain et dégradant que le régime du MPP fait subir à cet homme ». Face aux attaques terroristes perpétrées contre les lieux de culte, l’Opposition a invité « les différentes communautés religieuses à renforcer les rapports de fraternité qui ont toujours existé ». Aussi a-t-elle exhorté le gouvernement à « veiller à la protection des lieux de culte et à organiser de vigoureuses ripostes ».

Colette DRABO

 

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