DEMISSION DE LA PRESIDENTE DE L’ILE MAURICE : Un non-événement au Gondwana !

DEMISSION DE LA PRESIDENTE DE L’ILE MAURICE : Un non-événement au Gondwana !

Quand on parle de l’île Maurice, on oublie très souvent qu’elle fait partie intégrante du continent africain. Or, cet archipel situé dans l’Océan indien, coincé entre les îles Mascareignes, la Réunion et Rodrigue, occupe une place de choix en matière de démocratie et de bonne gouvernance. Comme quoi, l’oiseau le plus beau n’est pas forcément le pus gros. A preuve, la République démocratique du Congo (RDC), par exemple, est l’un des pays les plus vastes du continent africain, qui, en matière de gouvernance, tire le diable par la queue, quand elle ne détient pas tout simplement le bonnet d’âne. Mais l’île Maurice qui, rappelons-le, ne résiste même pas à la comparaison avec la région de l’Est du Burkina, a toujours su montrer la voie à suivre. Car, non seulement en parcourant l’histoire, on se rend compte que ce pays, avec ses 1,2 millions d’âmes, n’a jamais connu un coup d’Etat, mais aussi, il a toujours su organiser des élections libres et crédibles. Mieux, les institutions sont très fortes dans cette ancienne colonie  tour à tour occupée par les Hollandais, les Français et les Anglais. Si fait que les dérives, de quelque nature qu’elles soient, sont sévèrement sanctionnées. Et ce n’est pas la présidente Ameenah Gurib-Fakim qui dira le contraire ; elle qui, après avoir fait de la résistance, a fini par courber l’échine en rendant le tablier et ce, à la suite d’un scandale financier dans lequel elle se trouve empêtrée.

Ce qui importe le plus, c’est le triomphe de la démocratie

En effet, elle est accusée d’avoir fait des achats avec la carte bancaire de la Fondation Planet Earth Institue basée à Londres. Après avoir nié les faits, Ameenah Gurib-Fakim a fini par annoncer sa démission « dans l’intérêt supérieur du pays et pour éviter une crise institutionnelle qui fera souffrir l’économie et la population ». Pour un geste élégant, c’en est une. Car, sous d’autres cieux, les faits reprochés à dame Gurib-Fakim constitueraient un non-évènement. Mieux, on en aurait ri à gorge déployée, tant cela n’aurait choqué personne. Les faits parlent d’eux-mêmes. Car, pour plus que cela, bien des chefs d’Etat du continent sont restés accrochés à leur fauteuil. C’est le cas, par exemple, de Pierre Nkurunziza du Burundi, Joseph Kabila de la RDC, Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Paul Kagame du Rwanda, et plus près de nous Faure Gnassingbé du Togo, qui, pour des raisons dont eux seuls ont le secret, ont envoyé ad patres des centaines de dizaines de leurs compatriotes, faisant ainsi de leurs pays respectifs des goulags et des nécropoles à ciel ouvert. Et c’est peu dire. En tout cas, avec la démission de Ameenah Gurib Fakim, l’Afrique perd un grand symbole, en ce sens qu’elle était la seule femme au pouvoir sur le continent, depuis que la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, en fin de mandats constitutionnels, a passé le témoin  à Georges Weah, à la suite d’une présidentielle libre, apaisée et transparente.   Mais au-delà de toute considération, ce qui importe le plus ici, c’est le triomphe de la démocratie. Car, pour paraphraser quelqu’un, « l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non de femmes fortes qui font dans la dénégation ».

Boundi OUOBA

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