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DEMISSION DU PRESIDENT DE L’APN EN ALGERIE

A qui le tour ?

Il n’aura pas tenu pour longtemps. Contesté à la fois au sein de l’hémycile et par la rue, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne, Mouad Bouchareb, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a fini par rendre le tablier, le 2 juillet dernier. Pouvait-il en être autrement quand on sait que pas plus tard que le 1er juillet dernier, des députés avaient empêché la tenue d’une séance plénière consacrée au vote d’un rapport de la Commission des affaires juridiques ? Réclamant le départ du président de l’APN, ces députés frondeurs l’accusaient d’avoir « occupé de manière illégale, son poste en violation de la Constitution ». Et ce n’est pas tout. Face à la pression populaire qui ne retombe pas, le groupe parlementaire FLN (Font de libération national) avait, en fin mai déjà, annoncé la couleur en demandant à l’occupant du perchoir de « se retirer de son plein gré ». C’est désormais chose faite. Mouad Bouchareb a rompu les amarres ; lui dont on dit qu’il est un fidèle parmi les fidèles du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Après cette démission, à qui donc le tour ? Telle est la question que l’on peut se poser. Car, il faut le dire, Mouad Bouchareb n’est pas le seul hiérarque du système Bouteflika dont la rue demande le départ depuis des mois. Au cœur de la contestation, se trouve le chef d’Etat-major général des armées, Gaïd Salah, qui continue de raidir la nuque. Acceptera-t-il d’emboîter le pas à l’occupant du perchoir afin de faciliter la mise en place d’une transition tel que le souhaite le peuple algérien ? Rien n’est moins sûr d’autant que le patron de l’armé algérienne ne s’imagine pas une autre vie en dehors du cercle du pouvoir si fait qu’il continue de faire la sourde oreille, convaincu qu’il aura la rue à l’usure. Et comme pour divertir l’opinion, il passe le temps à jouer les justiciers en procédant à l’arrestation de plusieurs caciques comme si lui-même n’est pas le produit du système qu’il est en train de décrier. Or, on ne le sait que trop bien. Le problème de l’Algérie aujourd’hui, c’est Gaïd Salah. N’est-ce pas à cause de l’entêtement de ce dernier que la présidentielle devant marquer la fin de la transition, prévue pour ce début juillet, a été reportée sine die ? S’il était cohérent avec lui-même, il aurait aussi rendu sa démission dans la mesure où il ne jurait que par la Constitution qui, au stade où l’on est, n’est plus une boussole étant donné que l’on se retrouve face à un scénario qui n’a pas été prévu.

B. O

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