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DEUX ANTI SYSTEME AU SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE TUNISIENNE

Vers le parachèvement de la révolution du Jasmin dans les urnes

Le second tour du scrutin présidentiel en Tunisie, opposera Kaïs Saïed à Nabil Karoui. Ainsi en ont décidé les électeurs. Selon les chiffres officiels communiqués par l’Isie, l’instance chargée des élections, le premier a obtenu 18,40% des voix et le second, 15,48%. Ils sont suivis du candidat du parti islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou, avec 12, 88% des voix. C’est un véritable coup de théâtre sur la scène politique Tunisienne, sonnant ainsi le glas de l’exécutif sortant. Les tunisiens ont fait le choix de voter pour des candidats qui ne se sont présentés sous la bannière d’aucun parti politique. On assiste aussi à une rupture avec le classicisme politique, qui voudrait que les candidats soient présentés par leurs partis politiques. Et c’est peu dire que c’est un pas en avant sur le plan démocratique. Si ce n’est pas le scénario français la République en marche qui avait permis à Emmanuel Macron d’accéder au pouvoir en 2017, cela y ressemble fort. Kaïs Saïed, constitutionnaliste, surnommé le « robocop » de la politique tunisienne en raison de son attitude et de sa diction rigides, s’est fait « connaître » comme chroniqueur politique chevronné. Il passe pour un incorruptible, au-dessus de la mêlée, ce qui lui vaut cette popularité. Nabil Karoui, lui affiche l’image d’un antisystème, incarcéré depuis août dernier dans le cadre d’une enquête pour blanchiment et fraude fiscale. Il est le fondateur d’une chaîne de télévision privée, Nessma. C’est dire si c’est l’avènement d’une nouvelle élite.

Ces résultats constituent une victoire pour le peuple tunisien

Quelque part, le grand travail de conscientisation du peuple par les médias en Tunisie, voire en Afrique, aura contribué à cette émergence démocratique. C’est aussi la preuve que la presse tunisienne acquiert de plus en plus de l’indépendance. Cela dit, avec ces résultats, on assistera à coup sûr à un jeu d’alliances dicté par l’échec des partis qui n’auront pas pu tirer leur épingle du jeu.
Ces partis ont d’autant plus raison de soutenir l’un des candidats qu’ils courent le risque de disparaître de la scène politique tunisienne. Il ne fait aucun doute, ces résultats traduisent la maturité politique du peuple tunisien. On peut même se risquer à dire que l’on va vers le parachèvement de la révolution du Jasmin dans les urnes. La question que l’on pourrait maintenant se poser est celle-ci : la révolution ne risque-t-elle pas d’être confisquée par les alliés, quand on sait que les nouveaux arrivants ne sont pas tous rompus à l’art de la politique ? Pour avoir fait de l’un des candidats roi, ils pourraient exiger leur part du gâteau. Ce qui reviendrait à faire du neuf avec du vieux. Toute chose qui pourrait conduire à une récupération de la révolution. Mais il y a un bémol que l’on pourrait y mettre. En tous les cas, il appartient aux heureux qualifiés de savoir quoi promettre pour éviter de se faire prendre au piège. En tout état de cause, ces résultats constituent en soi une victoire pour le peuple tunisien. A lui d’œuvrer au parachèvement de sa révolution.

Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

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