Dr JEAN BAPTISTE OUEDRAOGO, MEDECIN : « Ebola n’est pas derrière nous, nous sommes toujours devant Ebola »  

Dr JEAN BAPTISTE OUEDRAOGO, MEDECIN : « Ebola n’est pas derrière nous, nous sommes toujours devant Ebola »   

 

Le mardi 26 avril 2016, s’est ouvert à Ouagadougou, un séminaire de formation de 4 jours sur la simulation pratique des équipes rapides Ebola au profit des établissements sanitaires privés du Burkina Faso. Ce séminaire a été organisé dans le cadre du projet Ebola par le consortium constitué par la Croix-rouge burkinabè (CRBF) et l’ONG ALIMA. 

 

L’épidémie de la maladie à virus Ebola connait, en Afrique de l’Ouest, un net recul. Mais cela ne saurait être une raison pour baisser la garde dans la lutte. Du reste, plusieurs cas de malades atteints par le virus ont réapparu dans certains pays qui avaient été touchés alors que la fin de l’épidémie y était annoncée à grands renforts médiatiques. Cette situation qui montre que la menace est toujours d’actualité est dépeinte par la boutade du médecin, Dr Jean Baptiste Ouédraogo : « Ebola n’est pas derrière nous.  Nous sommes toujours devant Ebola » a-t-il déclaré à l’ouverture de la formation sur la simulation pratique des équipes d’intervention rapide Ebola, le 26 avril dernier. Cette formation au profit des membres de la Fédération des associations professionnelles de la santé privée (FASPB) vise à renforcer leurs compétences techniques d’intervention rapide, à la gestion adéquate d’éventuels cas suspects ou confirmés de Maladie à virus Ebola (MVE) et à l’utilisation correcte du matériel de protection. Il s’agit, d’amener les participants à maîtriser les procédures opérationnelles standard d’intervention des équipes d’intervention rapide (national, régional et district) en cas de cas suspect de la maladie et à connaître les généralités sur le mode de contamination, symptômes, définition des cas, mesures de protection individuelles et collectives…). La formation vise également à accroître les connaissances des bénéficiaires sur la conduite à tenir devant un cas suspect de la maladie avant et après la confirmation du cas et les mesures d’hygiène préconisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont le lavage efficace des mains, la préparation des solutions chlorées, etc. Elle constitue une  très belle initiative, de l’avis de Jean Baptiste Ouédraogo, responsable de la clinique Notre dame de la paix et président de la FASPB. « La maladie à virus Ebola sommeille peut-être mais il n’est pas vaincu. Plusieurs annonces ont été faites qu’il n’y aura plus d’Ebola dans tous les pays où il sévissait. Mais quelques mois après, il y a eu des annonces contraires car on a détecté des cas en Guinée, au Liberia, … Cela veut dire que le virus ne dort même pas. Il sommeille et est susceptible de se réveiller à tout moment », a déploré Dr Jean Baptiste. Il est donc nécessaire de rappeler à la population, surtout au personnel de santé que l’on n’est pas à l’abri d’une résurgence de la MVE.

« Mieux vaut prévenir que guérir »

« Il vaut mieux se préparer car mieux vaut prévenir que guérir. On n’attend pas d’être surpris, il faut effectivement se préparer ». Cette conviction du président de la FASPB est partagée par le chef du projet Ebola à la Croix rouge burkinabè (CRBF), Dr Bessiou Néya. Depuis que la MVE est apparue en Afrique de l’Ouest, l’OMS a demandé, a-t-il rappelé, à tous les pays de se préparer. Le Burkina Faso fait justement partie des pays désignés comme étant prioritaires dans la lutte contre le fléau. Face aux risques de propagation de l’épidémie, le gouvernement a élaboré un plan de préparation et de riposte et a mis en place plusieurs mesures dans le cadre de la coordination des actions, la sensibilisation des populations sur les mesures préventives, la formation du personnel de santé, l’acquisition et le pré-positionnement de matériels de soins et de protection  individuelle, etc. Pour l’opérationnalisation de ce plan, la direction de la lutte contre la maladie et le consortium constitué par la CRBF et l’ONG ALIMA ont obtenu une subvention d’un programme auprès de l’Union européenne. Ce programme d’une durée de 15 mois devrait permettre d’atteindre plusieurs objectifs dont le renforcement des capacités des agents de santé des structures publiques constitue la première phase. Quant à la seconde, elle concerne les agents de santé des structures sanitaires privées. Elle prévoit, a annoncé Dr Bessiou, 8 sessions de formations au profit de 240 agents dont deux sessions auront lieu à Bobo-Dioulasso et les 6 autres à Ouagadougou où se dérouleront simultanément deux sessions. Chaque session durera 4 jours, consacrée à la théorie et surtout à l’exercice de simulation pratique. Les différentes séances de formation qui se poursuivent se veulent très pratiques avec des exercices de simulations d’investigations de cas suspects de Maladies à virus Ebola.

Saïdou ZOROME (Collaborateur)

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