A la uneLa chronique du fou

EFFONDREMENT DE L’AUTORITE DE L’ETAT

C’est la rançon du manque de poigne

La semaine dernière, j’ai assisté à une scène qui ne peut me laisser indifférent. En effet, parti au centre-ville de Ouagadougou, sébile au flanc, à la recherche  de ma pitance quotidienne, j’ai entendu des coups de sifflets dans les environs du grand marché que l’on appelle Rood-woko. J’ai voulu mieux comprendre en décidant de me rendre sur les lieux. Arrivé, j’ai vu des commerçants qui brocardaient des policiers qui étaient venus déguerpir les installations anarchiques afin de mettre de l’ordre. En clair, face à la farouche résistance qu’ont opposée les commerçants, l’opération de déguerpissement qui était initiée par la mairie centrale, à tourné court. Pourtant, elle s’avère nécessaire  au regard du bazard ou du bordel qui règne dans les alentours de Rood-Woko. L’opération a d’autant plus son sens qu’elle avait pour but de dégager de l’espace pour les sapeurs-pompiers, en cas de sinistre ou d’incendie. C’est même dans l’intérêt des commerçants eux-mêmes. Car,  même si la mairie n’avait pas initié cette opération, eux-mêmes se devaient de la réclamer, tant elle s’impose. Je ne comprends donc pas pourquoi les commerçants ont choisi de réagir ainsi alors même qu’ils avaient, à ce qu’on dit, été sensibilisés pour ne pas dire qu’ils avaient adhéré au principe. Je regrette personnellement cette manière de faire. Je le dis d’autant plus volontiers qu’au Burkina, les uns et les autres sont prompts à s’opposer à toute mesure prise par l’autorité. Je me rappelle, en effet, la clameur qu’avait suscitée le port obligatoire du casque qui relevait d’un problème de sécurité publique. Je me rappelle aussi la poussée d’adrénaline qu’avait provoquée la destruction de « gendarmes couchés » sauvages sur un axe routier par le ministère en charge du transport. Je me rappelle encore ce qui est arrivé à Nafona dans les Cascades où deux policiers ont été lynchés alors que, sur ordre du procureur, ils étaient partis pour arrêter deux prévenus.

On ne peut pas développer un pays dans la pagaille

 

J’oublie volontiers le mouvement d’humeur des chauffeurs routiers qui sont vent debout contre l’arrêté municipal portant réglementation des poids-lourds à Ouagadougou. Voyez-vous ? Il faut   que le Burkinabè change son fusil d’épaule et qu’il comprenne que l’on ne peut pas développer un pays dans la pagaille. C’est la rançon du manque de poigne de la part de nos dirigeants.  C’est en cela que j’admire un pays comme le Rwanda où chaque citoyen connaît la ligne rouge à ne pas franchir. Certes, on dit que le Rwanda est une dictature et j’en conviens. Mais je ne vois pas ce que notre pays qui se veut une démocratie, a à montrer au pays de Paul Kagamé où jeter un simple sachet dans la rue est puni. En tout cas, j’avoue que par moments, j’ai des larmes aux yeux quand je vois la manière dont se comportent certains de nos compatriotes. C’est à croire que certains se croient tout permis. Et les choses sont allées de mal en pis depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui a mis fin au long règne de Blaise Compaoré. Ce qui me fait mal, c’est que certains leaders politiques de l’opposition de ce pays semblent se délecter de cette situation. C’est à peine s’ils n’applaudissent pas chaque fois qu’ils entendent que les populations ont bafoué l’autorité de l’Etat. Je ne cite le nom de personne. Je veux seulement que celui qui se sent morveux, accepte de se moucher. Cela dit, pour revenir au cas de l’opération de déguerpissement à Rood-Woko, je demande aux commerçants de revoir leur copie. Car, imaginez un instant s’il intervenait un drame comme celui de 2003 où bien des commerçants avaient subi de grandes pertes matérielles. On touche du bois certes, mais comme le dit l’adage, « avant d’accuser le scorpion, il faut prendre soin de balayer la devanture de la cour ». Donc, si l’on veut éviter les sinistres, prenons les dispositions nécessaires en évitant les installations anarchiques.

« Le Fou »

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Un commentaire

  1. Un fou pas si fou que cela…
    Que peuvent faire les « autorités » ? Tout le monde demande de la fermeté, mais s’insurge lorsque cela s’approche de son voisinage…
    Ce pouvoir a déjà trop cédé à la dictature des minorités bruyantes pour pourvoir commencer à sévir. Les Burkinabè ont une réelle aversion pour l’injustice, le deux poids deux mesures.
    Ils ne nous reste plus qu’à prier pour que le pays arrive cahin caha aux élections de 2020 avant de s’effondrer totalement, et à espérer qu’avec une légitimité toute nouvelle obtenu des urnes, celui ou celle qui sera élu tournera la page post-inssurrectionnelle.
    Le hic, c’est que l’opposition qui encorage toutes ces jacqueries sera elle aussi bien en mal de les combattre si elle venait à être au pouvoir en 2021. Elle sera piégée par sa clientèle électorale comme le MPP l’est aujourd’hui avec la sienne !
    Une société qui évacue le droit produit l’anarchie et la violence.
    Maix.

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