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EFFONDREMENT D’UN IMMEUBLE AU MALI : L’expression de la mal gouvernance

Le 1er septembre 2019 restera dans la mémoire des Maliens. En effet, ce jour-là, un immeuble en construction s’est effondré comme un château de cartes dans un quartier populaire de Bamako. Quinze personnes y ont perdu la vie. L’on peut faire déjà le constat que ce n’est pas une première au Mali, d’où la nécessité de s’interroger sur le respect des normes en matière de construction des grands édifices. Pour le cas précis, il ressort que le propriétaire n’a pas respecté les normes requises pour ériger le bâtiment qui s’est écroulé. Et ce n’est pas tout. L’effondrement de l’édifice s’est produit après maintes interpellations des autorités municipales par les populations riveraines.

Selon l’ancien président de l’Ordre des architectes du Mali, Issaka Timbely, « les voisins ont alerté les autorités municipales par rapport à la construction de ce bâtiment énorme. Elles n’ont rien fait ». Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit là d’une négligence de la part des autorités maliennes.

Dans le cadre de l’enquête ouverte suite à l’effondrement de cet immeuble, trois personnes ont été interpellées dont un élu et le propriétaire du bâtiment effondré. Espérons que l’enquête ira jusqu’au bout pour situer les responsabilités. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Car il se pose, ici, un problème de gouvernance ; ce qui a justifié le silence absolu des autorités sur la question du non-respect des normes de construction évoquées plus haut. Mais peut-on trouver une solution à la mal gouvernance au Mali quand on sait que le régime actuel s’est montré faible et très corrompu ?

La balle est dans le camp du gouvernement

On se rappelle encore les cas de corruption liés à l’acquisition des équipements militaires et des charrues pour agriculteurs. On se rappelle aussi l’opacité qui a entouré l’achat de l’avion présidentiel et qui a fait grand bruit au Mali. En tout cas, il est grand temps que le gouvernement malien redouble d’efforts et prenne des mesures draconiennes pour venir à bout de la corruption et de tous les trafics malsains. Mais, comme on peut le craindre, ce ne sera pas demain la veille. Toutefois, faut-il le rappeler, ce n’est pas au Mali seulement que se sont produits des effondrements d’immeubles. Sous d’autres cieux également, les exemples sont légion et posent sérieusement des problèmes de sécurité publique. « Il y a des leçons à tirer et il y a beaucoup d’erreurs, beaucoup de fautes qui sont à la base de ce drame. Ça doit être des leçons pour nous, qu’on ne construit pas un bâtiment n’importe comment », a déclaré le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le général Salif Traoré.  Et son collègue de l’Habitat, Hama Ould Sidi Mohamed Arbi, de lancer un appel au « civisme de tout un chacun. ».

En tout état de cause, la balle est dans le camp du gouvernement malien même si, dans le cas d’espèce, l’on reconnaît que les responsabilités sont partagées comme l’explique Omar Berthé, un élu de la capitale. « Par rapport à la réglementation de la construction, ce ne sont pas les élus. Ce sont les services déconcentrés de l’Etat qui doivent veiller à cela. », a-t-il affirmé.

Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

 

 

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