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ELIMINATION DES ETALONS EN DEMI-FINALES : L’Egypte, la revenante est passée par là

ELIMINATION DES ETALONS EN DEMI-FINALES : L’Egypte, la revenante est passée par là

Le sort a décidé que les Etalons ne joueront pas la finale de la CAN Gabon 2017 puisque les Pharaons d’Egypte sont passés par là le mercredi 1er février 2017 au stade de l’Amitié d’Angondjé à Libreville. En effet, l’équipe burkinabè est tombée devant la formation égyptienne aux tirs au but (4 contre 3) après un score nul de 1 but partout à l’issue du temps réglementaire et des prolongations. Mais que retenir d’une telle opposition où la belle manière des Etalons s’est retrouvée en face du réalisme des Pharaons ?

Que la coupe d’Afrique est cruelle ! Et le Burkina en a fait les frais pour avoir joué avec la manière en dominant dans le jeu pendant le temps réglementaire et les prolongations (1 – 1) l’Egypte, avant de perdre finalement aux tirs au but par 4 à 3. C’était dans la soirée du 1er février dernier au stade de l’Amitié d’Angondjé à Libreville. Ainsi donc, la perspective pour les Etalons de remporter enfin un titre continental vient d’être remise une fois de plus à plus tard puisque les éternels Pharaons en ont décidé autrement parce qu’il fallait passer par cette étape des demi-finales avant de jouer la finale pour espérer remporter le trophée. Si les observateurs avertis du football ont relevé la bonne tenue de balle des Burkinabè, ils ont aussi reconnu qu’en face, il y avait de la solidité, avouant que c’est le réalisme qui a fait la différence dans cette partie. Et juste avant celle-ci, le sélectionneur national de l’équipe égyptienne, l’Argentin Hector Cuper, déclarait que « le football ne se résume pas à attaquer. Je comprends les supporters qui aimeraient nous voir gagner sur de gros scores mais, mon objectif est de contrôler le jeu ». Qu’il ait contrôlé le jeu ou pas, il a finalement gagné alors que le technicien portugais du Burkina, Paulo Duarte, et ses poulains n’avaient d’yeux que pour pleurer. Sans grande surprise, il a reconduit le même groupe du quart de finale face à la Tunisie en titularisant Aristide Bancé en lieu et place de Cyrille Barros Bayala. Et après un round d’observation d’environ cinq minutes, les Etalons sont les premiers à se signaler à la 7e mn sur un ballon ressorti par le gardien Essam El Hadary que reprend le milieu Blati Touré avant que le même gardien ne le mette en corner. Puis, c’est l’équipe du Burkina qui fait le jeu, mais elle a failli le rendre plus difficile à un moment en balançant de longs ballons depuis la défense à l’attaque en comptant sur la rapidité de Préjuce Nakoulma, la puissance de Aristide Bancé ou encore la finesse de Bertrand Traoré. Mais, cela ne marchait pas face à une défense égyptienne bien organisée qui savait bien anticiper en jouant avec le flair. Dès lors, le milieu Charles Kaboré reprend les choses en mains en réorientant le jeu avec le soutien de Abdou Razack Traoré et Blati Touré qui gagne en confiance. Malgré tout, ils n’arrivent pas à perforer la muraille égyptienne qui bloque bien les couloirs et fait tourner son jeu au milieu de terrain. Et cette formation des Pharaons confirme bien sa marque déposée dans ce tournoi qui est sa solidité défensive face à celle des Etalons qui, des équipes des demi-finales, a produit le jeu le plus séduisant du tournoi.

Cruel pour Hervé Kouakou Koffi qui figurait parmi les meilleurs tireurs

Mais finalement, les Burkinabè semblaient tomber dans le piège des Egyptiens qui voulaient les aspirer et les prendre à défaut sur les contres. D’ailleurs donnant l’impression d’attendre l’adversaire, les Pharaons, à travers une séquence de jeu offensif, accélèrent à une touche de balle d’école et leur métronome, Mohamed Salah, excentré côté droit à l’entrée de la surface de réparation, adresse une frappe dont il a seul le secret dans la lucarne droite du gardien Hervé Kouakou Koffi pour l’ouverture du score à la 64e mn. Moins de dix minutes après, soit à la 73e mn, le Burkina répond par un but de pur attaquant de Aristide Bancé dans la surface de réparation. Plus rien par la suite même pendant les prolongations alors qu’il y avait de la place pour les Etalons de prendre le dessus pendant le cours du jeu. Comment peut-on expliquer si ce n’est pas que l’Egypte a été habitée par une véritable réussite dans sa maîtrise tactique ? Et vint les tirs au but où le jeune gardien burkinabè, Hervé Kouakou Koffi, empêche le premier tir égyptien de rentrer et exulte de joie invitant le public à le faire afin certainement de l’encourager, mais le pire viendra pour lui. Alors que le Burkina Faso a un avantage, c’est le jeune gardien Hervé qui permet à l’adversaire d’être à égalité en ratant le quatrième tir burkinabè avant que Bertrand Traoré ne vienne faire pareil, permettant à l’Egypte d’empocher le ticket de la finale. La grosse question que tous, confrères de bon nombre de pays, techniciens, consultants et bien d’autres supporters, se posent ici, c’est pourquoi avoir sacrifié ce jeune gardien au quatrième tir ? Rarement dans l’histoire du football, cela est arrivé pour un gardien de but d’exécuter une telle sentence en milieu des tirs au but, si ce n’est pas qu’il est le dernier tireur. A ce sujet, le coach Paulo Duarte fait savoir que les cinq tireurs étaient les meilleurs aux entraînements et c’est suite à cela, qu’il a fait son choix. On se demande alors qu’ont fait les cadres tels que Bakary Koné, Issoufou Dayo qui sont de bon frappeurs ou encore Alain Traoré, Charles Kaboré pour donner leur avis dans le choix des tireurs. On spéculera pendant longtemps sur ce détail qui a fait rater la finale aux Etalons, mais le sélectionneur national avait déjà fait son choix et c’est aussi ça le football. Mais que ce fut cruel pour ce garçon qui fait, jusque-là, un grand tournoi. Pour cela, il a fallu aussi un insatiable Essam El Hadary, 44 ans, quatre trophées de CAN à son actif et qui va tenter de battre son record personnel et celui de l’Egypte le 5 février prochain pour une huitième étoile. Au-delà et malgré un football qui n’emballe pas vraiment et une attaque pas toujours efficace, les Pharaons savent bien répondre présents aux grands rendez-vous et confirme qu’on ne doit pas être surpris de leur présence dans le dernier carré. Certainement pour dominer une fois de plus le continent du football. Et ce, après une absence aux CAN de 2012, 2013 et 2015.

Antoine BATTIONO (Envoyé spécial)

 

 

 

Les entraîneurs refont leur match

Paulo Duarte, sélectionneur national des Etalons

« Une personne nous a empêchés de gagner »

« Je dois féliciter mes joueurs qui ont fait un tournoi extraordinaire avec une qualité de jeu fantastique. A part l’Egypte, aucune équipe ne nous a battus sur le terrain et je voudrais aussi féliciter une personne qui nous a empêchés de gagner sur le terrain. Même si je n’aime pas commenter l’arbitrage, je suis obligé cette fois de le faire. Sur une action au cours de la première partie lors d’un face-à-face de mon attaquant et un Egyptien coupe la trajectoire du ballon avec la main, l’arbitre met au moins trente secondes avant de siffler après insistance de son assistant. Il donne un coup franc alors que c’est un penalty et sanctionne le fautif par un carton. Aux tirs au but, tout le monde peut gagner et c’est l’Egypte qui a eu cette chance avec un gardien de but qui a une énorme expérience. Sur le terrain, s’il y a une équipe qui devait gagner, c’est bien le Burkina Faso, mais nous n’avons pas marqué plus et nous ne devons ni culpabiliser l’Egypte ni l’arbitre. Mais, je tiens à dire qu’il y a une personne qui nous a empêchés de gagner le match. Par rapport aux tirs au but, nous avons choisi les cinq meilleurs et si on pouvait penser que Hervé Koffi ou un joueur va rater, personne ne tirerait. On ne peut pas dire pourquoi notre gardien doit tirer le quatrième ou le cinquième. Il faut reconnaître que l’Egypte a été meilleure à ce niveau. »

Hector Cuper, sélectionneur national des Pharaons

« J’ai un excellent groupe »

« Dans mes choix, j’étudie d’abord les tenants et les aboutissants avant de voir quelle décision prendre et j’essaie de faire de mon mieux pour qu’elle ne souffre d’aucune contestation. Elle peut être positive comme négative et je prends mon temps pour être juste. J’ai un excellent groupe, des joueurs très talentueux qui sont des leaders et j’espère qu’avec eux, nous allons atteindre l’objectif de remporter le trophée. C’est une finale exceptionnelle pour moi et pour réaliser cet objectif, j’ai avec moi vingt-trois joueurs et ceux qui n’ont pas pu être retenus. J’espère que nous allons gagner cette CAN et pouvoir célébrer la victoire  avec tout le peuple égyptien.»

Propos recueillis par A.B

 

 

Des échos de la CAN

La question qu’on se pose ici au Gabon est de savoir si le capitaine des Etalons, Charles Kaboré va revenir sur sa décision de prendre sa retraite internationale. Une question qui a été abordée à la fin du match Burkina Faso-Egypte par des confrères avec Firmin Sanou, l’un des entraîneurs adjoints des Etalons. Celui-ci a certes regretté comme les autres membres de l’encadrement technique cette annonce du joueur, mais il a relevé qu’ils vont tout faire pour convaincre Charles Kaboré de revenir sur sa décision parce que l’équipe nationale a encore besoin de lui en espérant que l’encadrement y parviendra.

En dehors des matchs de la cérémonie d’ouverture Gabon-Guinée Bissau et Burkina Faso-Cameroun qui ont enregistré le plus grand public avec 38 000 spectateurs, les autres matchs de poules et du second tour tournent autour d’une moyenne de 12 000 à 15 000 spectateurs. Mais voilà que le match de la demi-finale Burkina-Egypte a totalisé 19 422 spectateurs. Un chiffre qui pourrait arriver en deuxième position en attendant le match Cameroun-Ghana et certainement la finale.

Au lendemain de leur élimination en demi-finales, les Etalons ont quitté Libreville dans la matinée du jeudi 2 février 2017 pour la ville de Port Gentil après environ vingt minutes de vol. C’est dans cette île et ville pétrolière du Gabon que les Etalons joueront le match pour la 3e place synonyme de médaille de bronze. C’est certainement pour cela qu’ils y sont allés un peu plus tôt pour mieux se reposer et récupérer rapidement.

Dans les demi-finales de cette CAN 2017, le Burkina était considéré comme l’intrus venu pour bouleverser l’ordre établi. En effet, c’est le seul pays qui n’a pas encore brandi dame coupe du continent et dont le rêve a été brisé par l’ogre égyptien qui totalise à lui seul sept trophées et n’est plus loin de la huitième étoile. Un record. Dans la deuxième demi-finale, Cameroun-Ghana, c’est au total huit trophées dont quatre pour chacune des deux équipes qui aura la possibilité de porter une cinquième étoile en cas de victoire face à l’Egypte.

 

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