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EX-SECTEUR 27 DE OUAGADOUGOU : 3 fillettes excisées, l’imam du quartier activement recherché

La Brigade ville de gendarmerie   de Nongremassom a démantelé un cas de mutilation génitale féminine dans le quartier Wayalghin de Ouagadougou. Deux des personnes impliquées dans cette pratique révolue ont été présentées aux Hommes de médias dans la matinée du 10 août 2016. C’était en présence du Secrétaire  permanent du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision.

Malgré les multiples sensibilisations sur les inconvénients des  Mutilations génitales féminines (MGF),  le phénomène perdure. Même les filles de la capitale, Ouagadougou, qui ont la chance d’aller à l’école, n’échappent pas aux couteaux ou lames des vieilles « dames indélicates».  3 fillettes âgées de  6 à 12 ans  viennent de perdre une partie de leur féminité dans le quartier Wayalghin de Ouagadougou.     C’est du moins ce qui est ressorti de la conférence de presse co-animée par la Brigade ville de gendarmerie   de Nongremassom et le Secrétariat  permanent du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) le 10 août dernier. Mais comment en est-on arrivé là ? Selon le Commandant de brigade ville de gendarmerie   de Nongremassom,  Adama Bénon, tout a commencé le 3 août dernier où sa brigade a été informée de ce qu’une fillette âgée de 6 ans aurait été excisée dans un domicile, sis au quartier Wayalghin de la ville de Ouagadougou. Une enquête ouverte pour élucider cette affaire les a conduits vers deux suspects le lendemain, soit le 4 août dernier. Il s’agit de A. Ouédraogo, mère de la victime qui, selon ses propres dires, est aussi excisée et l’oncle paternel de la victime répondant au nom de N. Sanfo sur qui pèsent des soupçons de MGF. Interrogées, les deux personnes soupçonnées n’ont pas reconnu les faits à elles reprochés. Le même jour, a poursuivi M. Bénon, les examens gynécologiques ont permis de confirmer que les parties génitales de la fillette ont été mutilées il y a environ trois semaines et sa blessure sérieusement infectée nécessite une prise en charge urgente. Au regard de son état critique, la petite infortunée  a été conduite au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Kossodo pour une prise en charge adéquate.

Une  exciseuse professionnelle venue de Fada

Poursuivant ses investigations, la sous-unité de la brigade ville de gendarmerie   de Nongremassom  a découvert que 2 autres fillettes ont connu le même sort. Selon les explications du commandant de brigade, Adama Bénon, c’est la poursuite des auditions qui a permis à la sous-unité de découvrir  que  c’est l’imam de la mosquée  du quartier  de résidence des parents des fillettes qui a organisé cette campagne d’excision en faisant venir de la ville de  Fada N’Gourma, une exciseuse qu’il a hébergée pour faire le travail.  Celui-ci qui est en cavale et activement recherché, serait présentement dans un pays voisin où il se trouve avec les deux autres fillettes victimes d’excision. Il aurait  usé d’arguments religieux et politiques pour convaincre les parents des victimes à faire exciser leurs fillettes. « En effet, lors des prêches à la mosquée, il leur affirmait que selon les préceptes de l’islam, la prière d’une fille non excisée ne peut être exaucée car elle est impure et aucun homme ne voudra d’elle. De même, il ajoute que la lutte contre l’excision n’était qu’une volonté de l’ex-Première dame », a soutenu M. Bénon, qui a conclu que des  investigations sont en cours afin  de localiser et d’interpeller  l’imam incriminé et l’exciseuse qui, elle aussi, est jusque-là introuvable. Pourtant, depuis 1996, a rappelé la Secrétaire permanente du  CNLPE, Rachel Badolo/Kando,  une loi a été adoptée interdisant les MGF. De son constat,  la période des vacances scolaires coïncidant avec la période des saisons de pluies, est marquée chaque année par de fréquents cas d’excision ; en témoignent les chiffres. Selon elle,  le présent cas est le 13e de l’année 2016, portant à 30 le nombre de victimes. Aussi, en 2015, sur l’ensemble du territoire national,  38 cas ont été signalés avec plus de 72 victimes dont 5 décès, des suites de complications.  Toutefois, saluant la diminution du taux de prévalence  qui est passé de 13,3% en 2010 à 11% en 2015, Mme Badolo a appelé les populations à plus de vigilance et de collaboration. « Les hommes sont la clé de la fin de l’excision. Le jour où ils décideront de ne plus vouloir de femme excisée, on n’entendra plus parler d’excision », a-t-elle estimé. Mais du constat des animateurs de la conférence de presse,   l’excision perdure parce que la loi serait moins dure avec les auteurs de ce phénomène. « Les exciseuses et les parents des victimes dont la plupart sont des femmes bénéficient généralement de sursis puisqu’étant très âgées ou porteuses de bébés de moins de  3 ans », ont-ils fait savoir.

Mamouda TANKOANO

 

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2 commentaires

  1. il est preferable de demander son jugement que de demander sa liberation.sinon on retournera a la case depart. peut on condamner et liberer sans juger.

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