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FAUX EN ECRITURE PUBLIQUE

Ils montent un marché fictif de plus de 28 millions de F CFA et se font alpaguer

De plus en plus, certaines personnes développent de l’intelligence dans l’escroquerie et la délinquance financière au Burkina Faso. Du moins, c’est ce que l’on a envie de dire après les révélations de la Cellule criminelle de la section de recherche de la 3e région de gendarmerie de Ouagadougou, le 7 juillet dernier. Cette dernière a démantelé un réseau de faussaires en écriture publique.

C’est un « deal » qui parait bouclé mais qui finit par rattraper ses têtes pensantes, ses exécutants et ses bénéficiaires. En effet, en novembre 2018, le directeur d’une entreprise exerçant dans l’énergie et les BTP, imagine et conçoit un deal qui doit lui permettre de booster ses affaires. Son idée ? Il a besoin d’une quinzaine de millions de F CFA pour relancer ses activités. Ce qu’il a fait ? C’est à la fois simple pour lui mais compliqué pour ceux qui veulent comprendre les détails. Il monte un marché fictif au nom d’un service de l’Etat et au profit de son entreprise. « Il use du faux en écriture publique pour apposer de faux cachets et de fausses signatures, en lieu et place du Directeur général et du Directeur de l’Administration et des finances » du service concerné dont le Chef d’escadron, Adama Sawadogo, et ses éléments tairont le nom pour les besoins d’enquêtes. Dans sa stratégie, le chef d’entreprise réussit à entuber un huissier de justice qui lui assure le « nantissement du faux dossier d’offre de marché public ». Avec ce « quitus » de l’huissier, il se fait décaisser, par une structure financière dont le nom n’a pas été dévoilé par les gendarmes, la somme de 28 700 000 F CFA. Jusque-là, la stratégie a marché, mais…. ! La structure financière qui a « banqué », pour parler trivialement, ayant attendu en vain, « le virement du montant de quarante-trois millions hui cent seize mille (43 816 000) F CFA, montant total des prestations de service du soi-disant marché pour le compte du service public en question », part aux nouvelles. En effet, « elle finit par adresser une correspondance au Directeur général de ce service public qui tombe des nues car, n’ayant jamais constitué un dossier du genre ». Là, ce sont les gendarmes qui parlent. Le DG du service public en question, sur instruction de son ministre de tutelle, va alors porter plainte « pour faux et usage de faux en écriture, devant le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou courant avril 2020 ».  A partir du « soit-transmis » du Procureur, consécutivement à une lettre-plainte du DG du service public concerné, contre X pour faux et usage de faux en écriture, la Cellule criminelle de la Section de recherche de la 3e Région de gendarmerie de Ouagadougou va ouvrir une enquête circonstanciée. Et, selon les gendarmes, « l’exécution des termes du soit-transmis a permis l’arrestation de sieur AWK, directeur d’une entreprise de la place qui reconnaît sans ambages les faits ». Ce patron va dénoncer ses complices à la gendarmerie. Au moment où nous bouclions cet article, ils étaient 13 à être gardés à vue à la gendarmerie, en attente de présentation devant le Parquet. Détail important : les journalistes n’ont pas eu l’occasion de faire des images de l’équipe des 13 faussaires. Pour les documents et le matériel, oui.

Michel NANA

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