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FIN DE L’ULTIMATUM ET AFFAIRE DE PHOTO ABIMEE DE NKURUNZIZA : Vers l’acte final ?

 

L’ultimatum lancé par le président Pierre Nkurunziza aux rebelles pour déposer leurs armes, est arrivé à échéance le 15 juin dernier à minuit, sans qu’il n’ait reçu en retour, même pas l’écho des collines de la région de Mugamba, fief des insurgés.  Si l’on s’en tient aux propos du dictateur, ces rebelles devraient connaître le funeste destin des cafards écrasés d’un coup de talon.  La question est de savoir qui sera considéré comme rebelle ou pas dans cette région rurale du pays, l’une des rares à avoir défié Nkurunziza en organisant des manifestations contre son troisième mandat. Jusqu’où ira donc le satrape de Bujumbura ? Tout comme Adolf Hitler avait planifié «la solution finale de la question juive», c’est vers l’acte final d’extermination de ses opposants que Nkurunziza s’achemine. C’est donc, de toute évidence, à de nouvelles purges pour ne pas dire pogroms  transformant toute la région de Mugamba en un cimetière à ciel ouvert, que l’on s’apprête à assister avec l’ouverture de cette chasse aux rebelles. L’ogre de Bujumbura, pour ainsi dire, qui, depuis quelque temps, a pris goût au sang de ses compatriotes, ne se privera pas de ce plaisir, surtout qu’il tient l’argument imparable de lutter contre des citoyens qui ont pris les armes contre leur pays. Un justificatif pour endormir la communauté internationale. Mais Nkurunziza doit bien se garder de cette certitude « gbagboenne » qui consiste à croire « qu’en face, c’est maïs ». D’abord, parce que dans cette région, le pouvoir ne dispose pas de bases solides comme ailleurs dans le pays. L’intervention militaire depuis Bujumbura peut y être perçue comme une guerre d’occupation et pourrait s’enliser comme on en a vu sous d’autres cieux, du fait de la résistance passive d’une population révulsée par une répression sans discernement. Une telle attitude des populations apporterait plus que de l’eau au moulin des combattants de la liberté qui se battent avec la rage et l’énergie du désespoir. Mais ensuite,  parce que, quelle que soit l’issue de cette bataille annoncée de Mugamba, cet énième massacre de son peuple par Nkurunziza ne fera que le rapprocher davantage de la Cour pénale internationale (CPI).

Le mouvement répulsif des enfants devrait donner à réfléchir à Nkurunziza

Ce qu’il faut surtout déplorer, c’est  l’immobilisme de la communauté internationale. Masquant son incapacité à prévenir l’apocalypse annoncée sur Mugamba, elle viendra après coup verser des larmes de crocodile sur les dépouilles entassées des Burundais.  Cette attitude est d’autant plus condamnable que l’on sait que sous d’autres cieux, cette même communauté internationale a fait parachuter à des groupes rebelles, qui plus est, sont des terroristes, des armes. Mais le nègre burundais n’est certainement pas coté à la même bourse de valeur que l’opposant syrien. Mais, plus que le secours de la communauté internationale, ce qui risque de rendre justice au peuple burundais dans sa lutte contre l’oppression, c’est le nouveau front que le tyran lui-même vient d’ouvrir contre les enfants et qui pourrait être la bataille de trop.  En effet, des collégiens burundais accusés d’avoir gribouillé la photo du dictateur dans un manuel scolaire, ont  été mis aux arrêts et écroués.   Mais cette mesure de rétorsion, au lieu de constituer un cran d’arrêt, semble plutôt faire des émules. Et les expulsions répressives de milliers d’élèves semblent impuissantes devant cette déferlante contagieuse. En attendant l’épilogue de ce qui s’apparente à un combat contre des moulins à vent, cette affaire est plus qu’édifiante sur le culte de la personnalité en cours au Burundi. Nkurunziza se considère comme un dieu. Or, on ne touche pas à l’image d’un dieu. Pire, la présence même de la photo du président dans les manuels scolaires, traduit à elle seule l’intention du satrape de demeurer ad vitam aeternam au pouvoir. Toutefois, ce mouvement répulsif des enfants devrait donner à réfléchir au dictateur. Il traduit un seuil de saturation jamais atteint et Nkurunziza aurait tort de ne pas savoir lire ce signe des temps. S’il commet l’erreur de céder à la provocation des enfants, il aura non seulement shooté dans une fourmilière mais aussi,  en raison de la charge émotionnelle que peut entraîner à l’international un massacre d’enfants, il aura lui-même prononcé l’oraison funèbre de son régime. Lui qui est pasteur connaît sans doute plus que nul autre, cet avertissement divin des Evangiles : « Si vous touchez à un cheveu de ces tout-petits, c’est à moi que vous l’aurez fait ».

SAHO

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