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FORCE AFRICAINE DE 3 000 HOMMES AU SAHEL

Face au coronavirus, ne pas perdre de vue la lutte contre le terrorisme

L’information a été éclipsée, quasiment décimée par l’ouragan médiatique engendré par le Covid-19 qui a mis sous l’éteignoir, le plus grand mal dont souffre en ce moment les pays du Sahel, c’est-à-dire le terrorisme. Or, Dieu seul sait si l’information pourrait constituer une avancée majeure dans la lutte contre la vermine dans la sous-région. La bonne nouvelle est que l’Union africaine (UA) va déployer des troupes supplémentaires de 3 000 militaires pour appuyer les efforts des pays du G5 Sahel. Un comité tripartite pour discuter des modalités techniques du déploiement rapide de cette force, sera mis en place à cet effet. C’est du moins ce qui ressort de la réunion conjointe UA-CEDEAO-G5 Sahel sur « le déploiement des forces africaines de 3000 militaires au Sahel », tenue le 16 mars dernier à Niamey au Niger. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette décision est une marque de solidarité de l’instance panafricaine à l’égard du continent, et particulièrement à l’endroit des peuples et de leurs gouvernants du Sahel éprouvés par le terrorisme.  Jusque-là, bien que tout aussi frappé par le mal, seul le Tchad avait fait preuve de solidarité agissante en engageant ses troupes au Mali, comme il envisage aussi de le faire bientôt dans la fameuse zone des trois frontières. Autant dire que des renforts venus d’autres nations africaines, à l’initiative de l’UA, ne peuvent être que salutaires. Mais quid de l’épineuse équation de la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en place rapide de cette force ? C’est bien à ce niveau que ça pourrait coincer ; toute chose qui, du reste, a valu à la rencontre de Niamey, d’insister sur ce point hautement crucial. C’est de bonne guerre. Car, une chose est de convoquer des réunions assorties de belles résolutions, une autre est de disposer des moyens de ses ambitions. Vite donc ces ressources !

La réunion conjointe UA-CEDEAO-G5 Sahel apparaît comme une précieuse piqûre de rappel

D’autant que le temps presse, face aux ingénieurs du mal aussi fous que déterminés. Et il serait illusoire de croire que la pandémie du coronavirus contribuera à refroidir leurs ardeurs maléfiques. D’ailleurs, se sentent-ils concernés par la menace que représente le Covid-19 ? Rien n’est moins sûr.
En tous les cas, l’Europe devenue l’épicentre de la maladie, après la Chine, subit un traumatisme tel que l’actualité a quasiment braqué tous ses projecteurs sur la pathologie et ses dégâts. Et l’Afrique se voit, quelque part malgré elle, tout aussi prise dans ce grand tourbillon médiatique. Désormais, le Covid-19 est sur toutes les lèvres, même si cela n’est pas mauvais en soi ; toute chose qui aide à une réelle prise de conscience des populations africaines, sur la sérieuse menace que constitue, à ce jour, la maladie.  Mais si le temps semble s’être arrêté en Occident du fait de l’ampleur de la contagion, on ne saurait en dire de même pour ce qui concerne l’Afrique et en particulier, les pays du G5 Sahel. Non, on n’en est pas encore à cette étape. On croise les doigts pour ne pas y arriver. Pour l’heure, les pays du G5 Sahel se trouvent toujours aux prises avec les démons de l’instabilité. C’est dire si, tout en maintenant la vigilance pour contenir la maladie de Covid-19, l’Afrique en général et les pays du G5 Sahel en particulier, ne doivent pas perdre de vue la lutte engagée contre le terrorisme pour laquelle il faudra continuer à mobiliser les efforts. Et la réunion conjointe UA-CEDEAO-G5 Sahel apparaît à cet effet comme une précieuse piqûre de rappel.

« Le Pays »

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