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GILBERT NOEL OUEDRAOGO, PRESIDENT  DE L’ADF-RDA, A PROPOS DE LA MODIFICATION DE L’ARTICLE 37  

« Notre position a été une position de bonne foi ; c’était pour sauver la patrie »  

L’Alliance pour la démocratie et la fédération/ Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) a été reçue par le Balai citoyen à son siège, sis à Ouagadougou, le 23 juillet 2020. Cette démarche du parti de l’éléphant, qui vise à recueillir les préoccupations des masses populaires à travers la société civile, s’est terminée par des échanges à bâtons rompus. La question de l’insurrection populaire n’est pas passée sous silence au cours des échanges.

 On les savait très opposés en 2014 quand il  s’est agi  de réviser  l’article 37 par l’ancienne majorité présidentielle. La suite, on la connaît, le Burkina venait encore de vivre une autre insurrection populaire. L’ADF/RDA et le Balai citoyen, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, se sont rencontrés dans la soirée du 23 juillet 2020, à Ouagadougou. Revenant sur la question de l’insurrection qu’a été le plat de résistance des questions des « cybales », le président de l’ADF/RDA affirme que pour avoir tiré toutes les leçons de l’insurrection populaire d’octobre, il est « suffisamment nourri et enrichi des expériences pour ne plus répéter les erreurs du passé. Mais aussi pour savoir consolider les acquis ». Répondant à une question sur l’état d’esprit du parti de l’éléphant, 6 ans après ces évènements, le président de l’ADF/RDA s’exprime en ces termes : «  Pour nous, l’insurrection est passée et cela fait partie de l’histoire politique du Burkina. La seule chose que nous pouvons tirer de cette insurrection, ce sont des aspects positifs ». Et de lâcher ceci : « L’insurrection a été un échec de la classe politique. C’est parce qu’elle n’a pas été capable de résoudre les confrontations de manière civilisée que nous sommes parvenus à ce résultat. Et jusqu’à demain, je pense cela ». Une façon pour lui de justifier sa position à cette période, Gilbert Ouédraogo s’est voulu, on ne peut plus clair : « Notre position a été une position de bonne foi ; c’était pour sauver la patrie ». Et de faire ce tacle aux autres  parties qui étaient présentes sur la scène nationale au moment de faits : « Nous pensons aussi que chacun n’a pas joué sa partition de bonne foi. Il y avait des gens qui avaient d’autres agendas ».

 

« Comme on le dit, entre la théorie et la pratique, il y a souvent un écart »

 

Cette visite de l’ADF/RDA vise à recueillir les préoccupations et autres recommandations des masses populaires à travers des organisations de la société civiles comme le Balai citoyen. A l’issue des échanges, le parti de l’éléphant compte prendre les recommandations de cette OSC afin de peaufiner son programme de société dans l’objectif de glaner des voix dans la course à la magistrature suprême à l’issue des consultations de novembre 2020. Pour le Balai citoyen, au-delà de la surprise, cette visite de l’ADF/RDA est une première. Car, «  c’est la première fois qu’on reçoit officiellement ici, un parti politique », a affirmé Ismaël Kinda, porte-parole du Balai citoyen. « Nous avons posé des préoccupations telles que celles en lien avec la justice, la sécurité, qui sont fondamentales pour tous les Burkinabè. Ce sont des préoccupations qui ont eu une oreille attentive de la part du  président de l’ADF/RDA. Il y a eu beaucoup de belles choses qui ont été annoncées. Bon vent à ce parti. Mais comme on le dit, entre la théorie et la pratique, il y a souvent un écart ». Et de marteler : « Nous allons juger le maçon au pied du mur ».

 

Boureima KINDO

 

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