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INCIDENTS PENDANT LA CAMPAGNE AU BURUNDI

Rien d’étonnant !

Ouverte le 27 avril dernier, la campagne pour la présidentielle au Burundi, est loin d’être un fleuve tranquille. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, en deux semaines, on enregistre au total une dizaine d’incidents violents, soit en moyenne un par jour. C’est le cas de cette grenade qui a été lancée dans un bar de la capitale, faisant des blessés. Peu avant, soit le 5 mai dernier, la tension était montée de plusieurs crans avec l’arrestation de Katy Kezimana qui est par ailleurs, la n°2 sur la liste électorale du CNL pour les législatives dans la province du Bujumbura rural. Cela faisait suite à un meeting tenu dans ladite région considérée comme l’un des principaux fiefs de Agathon Rwasa. Poursuivie pour « intolérance politique », Katy Kezimana a été aussitôt entendue par un magistrat et placée sous mandat de dépôt en attendant l’ouverture de son procès. Cela n’a rien d’étonnant sous le ciel burundais où même en campagne, les opposants doivent savoir se tenir à carreau sous peine de se voir traités de tous les noms d’oiseaux et de ce fait, jetés en prison. En fait, ce que l’on reproche à dame Kezimana, c’est d’avoir osé critiquer vertement le régime de Pierre Nkurunziza, présenté comme un prédateur des droits humains ; en témoignent les nombreux crimes commis depuis le début de la crise qui secoue le Burundi en 2015. En tout cas, les faits sont là, têtus.

Les dés sont déjà pipés

Du fait de l’entêtement de Nkurunziza, des Burundais ont été envoyés ad patres pendant que d’autres ont été contraints à l’exil. Cela dit, ce qu’il y a de plus déplorable, c’est que pendant que le pouvoir burundais s’acharne sur les pauvres militants de l’opposition, il reste sourd face aux exactions commises par les Imbonerakuré, du nom de cette milice acquise à la solde du pasteur-président Pierre Nkurunziza qui, après s’être taillé une retraite dorée aux frais de la princesse en s’assurant quasiment d’une impunité à vie, a décidé de ne pas briguer un nouveau mandat.  Mais, avec la chape de plomb qui s’abat sur Bujumbura, inutile de dire que son dauphin, Evariste Ndayshimié, passera haut la main lors de la présidentielle du 20 mai prochain qui, en réalité, ne sera qu’une simple formalité. C’est pourquoi d’aucuns estiment que Bujumbura n’avait pas besoin de s’offrir en spectacle en embastillant des opposants d’autant que tout le monde sait que les dés sont déjà pipés.

B.O

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