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INTERDICTION DE LA MARCHE DU FNDC EN GUINEE

Condé ou la négation de la démocratie

La grande manifestation du Front national pour la défense de la démocratie (FNDC) à Conakry, initialement prévue pour se dérouler le 5 mars dernier, n’a finalement pas eu lieu. L’interdiction de la tenir avait été notifiée aux dirigeants du FNDC par Seydouba Sacko, maire d’une commune de Conakry. Ce dernier, s’exprimant au nom de ses pairs de toutes les communes devant être traversées par la marche, a justifié cette décision par la préparation de la Journée internationale des droits des femmes et par la présence d’une délégation de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) dans le pays. L’argumentaire officiel servi pour empêcher l’opposition de battre le macadam, ne résiste pas à l’analyse. En effet, l’on peut se demander en quoi une marche politique pacifique peut contrarier la préparation de la Journée de la femme d’une part et d’autre part, gêner le travail des experts de la CEDEAO, dépêchés d’urgence en Guinée pour nettoyer le très controversé fichier électoral. La réalité est qu’Alpha Condé est allergique à toutes manifestations politiques de nature à contrarier sa volonté, désormais affichée, de s’accrocher au pouvoir. Et dans sa marche forcenée vers la transformation méthodique de la Guinée en satrapie, tous les moyens y passent : menaces, contre-marches, répression, etc. L’homme est devenu tellement allergique à la démocratie qu’il ne permet même plus aux libertés minimales de s’exprimer dans son pays. Il ne faut surtout pas tenter de lui faire observer que ces libertés sont pourtant contenues dans la loi fondamentale. Car, depuis qu’Alpha Condé s’est découvert un rôle messianique, il donne l’impression d’avoir basculé dans l’hystérie et la paranoïa. En tout cas, il est devenu méconnaissable au point de vouloir cacher le soleil avec son doigt.

En réalité, Alpha Condé n’a jamais eu l’âme d’un démocrate

En effet, tous ceux qui sont capables d’analyse lucide et responsable, voient se profiler pour la Guinée, un scénario-catastrophe dans l’hypothèse où Alpha Condé maintiendrait son plan pour briguer un troisième mandat. Face à ces nuages noirs qui s’amoncellent à l’horizon et qui peuvent pleuvoir dangereusement sur la Guinée, Alpha Condé, non seulement refuse de reconnaître que la météo politique de son pays est à l’orage, mais aussi il est convaincu que ce qui est bon pour lui, l’est forcément pour la Guinée. Quand on est dans cette posture, on ne recule devant rien pour atteindre ses objectifs. C’est pourquoi, au lieu de résoudre le problème en renonçant à son 3e mandat, il a préféré le déplacer en reportant de deux semaines la tenue des élections législatives couplées avec la réforme constitutionnelle. C’est pourquoi l’on peut parier qu’il ne se pliera jamais aux exigences de la communauté internationale tendant à lui demander d’aplanir toutes les divergences avec l’opposition. De ce point de vue, l’on peut être sûr que la mission d’appui technique à la CENI, composée d’experts informaticiens, va se solder par un fiasco. En réalité, Alpha Condé est une négation de la démocratie. Pour un opposant historique de sa carrure, qui a passé l’essentiel de sa vie à combattre l’arbitraire et la dictature respectivement de Sékou Touré, de Lansana Conté et de Dadis Camara, l’on peut regretter qu’il ait choisi, au soir de sa vie, de marcher sur les traces de ces prédécesseurs. Il reste maintenant à espérer qu’il fera ce que Alassane Ouattara vient de faire : renoncer solennellement et officiellement à un 3e mandat. En tout cas, c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Pousdem PICKOU

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