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INTERVENTION MEUTRIERE CHEZ BONI YAYI AU BENIN : La ligne rouge a été franchie

C’est une lapalissade que de dire que les législatives du 28 avril dernier, au Bénin, ont viré à la crise post-électorale. Car, au-delà du ton ferme avec lequel l’opposition, avec à sa tête l’ancien président Nicephore Soglo, a exigé l’arrêt du processus électoral, l’on a vu les manifs de rue violentes sur fond d’incendies tous azimuts qu’a connues Cotonou le 1er mai dernier, lorsque la police avait encerclé le domicile de Boni Yayi, sis au quartier Cadjejoun. Même si les autorités démentent tout projet d’arrestation de ce dernier, il reste que des tirs ont été entendus si fait qu’à l’heure où nous tracions ces lignes, le bilan provisoire faisait état de deux morts. Ainsi donc, la ligne rouge vient d’être franchie. Pourquoi en est-on arrivé-là ? C’est la question que tout le monde se pose. Mais quand on connaît l’animosité qui a toujours existé entre le président Patrice Talon et son prédécesseur, on voit se dessiner clairement une querelle de personnes sur fond de règlements de comptes. Toute chose qui n’augure rien de bon pour un pays comme le Bénin longtemps présenté comme la vitrine de la démocratie dans la sous-région ouest-africaine, pour avoir été la première à organiser une conférence nationale souveraine au moment où d’autres régimes verrouillaient l’espace politique, étouffant ainsi toute voix contestataire.

Talon a réussi à faire l’unanimité contre lui

En tout cas, à l’allure où vont les choses, le président Talon, toutes proportions gardées, risque de ne pas terminer son mandat comme lui ont promis ses adversaires et non des moindres. A moins qu’il ne se ressaisisse en descendant de son piédestal et en acceptant d’engager un dialogue sincère avec l’ensemble de la classe politique. Il a d’autant plus intérêt à le faire qu’il a prouvé au peuple béninois, qu’il n’est pas un démocrate dans l’âme ; lui qui a réussi à faire l’unanimité contre lui. Si fait que même ses anciens soutiens, victimes d’acharnement et de cabale, ont fini par le lâcher.  Le cas le plus emblématique est celui de Sébastien Adjavon qui a été contraint à l’exil alors même que c’est grâce à ce dernier que Patrice Talon a été fait roi après avoir battu à plate couture l’ex-Premier ministre Lionel Zinsou, soutenu par Boni Yayi. En tout cas, l’intervention meurtrière au domicile de Boni Yayi, est la pantalonnade de trop, pour un président qui avait promis de faire un seul mandat et qui, une fois dans les lambris du pouvoir, a fait volte-face. Cela dit, on ne sera donc pas étonné qu’au soir du prochain scrutin présidentiel, les Béninois l’obligent à respecter sa promesse en lui réservant un vote-sanction. Ce n’est pas impossible. Car le peuple béninois n’est pas n’importe quel peuple. Il sait ce qu’il fait, contrairement à d’autres qui ne constituent que du bétail électoral.

B.O

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