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JOURNEE NATIONALE DU PAYSAN. : Ce riz importé qui trahit Roch

 

Les 25 et 26 avril 2019, a eu lieu la Journée nationale du paysan (JNP), à Gaoua, chef-lieu de la région du Sud-Ouest. C’est un rendez-vous annuel qui offre l’occasion aux paysans d’échanger avec les dirigeants autour des préoccupations qui sont les leurs. Mais s’il y a une chose, cette année, qui a retenu l’attention de plus d’un, c’est bien cette affaire de riz importé que le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a servi à ses invités. En temps normal, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Car le riz importé, il y en a sur le marché local et nombreux sont les Burkinabè qui en raffolent. Mais pour un événement qui concerne les paysans qui produisent eux-mêmes du riz, je trouve que le chef de l’Etat a manqué d’élégance. Il aurait pu, à mon avis, leur faire plaisir en leur faisant manger du riz qu’eux-mêmes ont produit. Cela donnerait davantage la preuve que nos dirigeants accordent de l’importance aux productions agricoles locales. C’est vrai, je sais que le président du Faso ne peut pas, compte tenu des préoccupations qui sont les siennes, s’intéresser aux affaires de ses cuisiniers, mais je sais aussi que s’il avait donné des instructions fermes, on n’en serait pas là. Quand on dirige un pays, on ne doit pas donner l’impression de négliger certaines choses. Peut-être que les années passées, c’est du riz importé qui a toujours été servi aux paysans à l’occasion de la JNP. Mais maintenant que ces derniers ont exprimé leur mécontentement, j’ose croire que Roch en prendra bonne note et que les choses changeront dans le bon sens, les années à venir. On attend de voir.

Je demande au président du Faso de rester cohérent avec lui-même

En tout cas, je dois avouer que j’ai été personnellement surpris voire choqué par cette affaire de riz importé, surtout quand je sais que c’est Roch lui-même qui a invité les Burkinabè à valoriser les productions locales. Et là, je lui tire mon chapeau puisqu’il en donne l’exemple à travers son habillement. Dès son arrivée au pouvoir, il a adopté un look particulier qui consiste à porter le Faso Danfani. Et je crois que le gouvernement en a fait une tenue officielle, puisque la plupart des ministres arborent fièrement le Faso Danfani lors des grandes cérémonies. C’est tout à leur honneur. Je les encourage à rester dans cette logique. Car aucun peuple ne peut se développer s’il passe le temps à consommer ce que produisent les autres. Ce n’est pas possible. D’ailleurs, ce que certains oublient, c’est que nos productions locales ont l’avantage d’être naturelles, contrairement à bien des produits importés qui, pour la plupart, sont traités. Voyez-vous ? Il faut savoir raison garder. Donnons toute l’importance qu’il faut au monde paysan. Car c’est grâce à lui que notre pays pourra atteindre l’autosuffisance alimentaire. Or, un peuple qui n’a pas atteint l’autosuffisance alimentaire, donc qui a faim, ne peut pas parler de développement. Ce n’est pas moi qui le dis, mais c’est une triste réalité. Donc, je demande au président du Faso de rester cohérent avec lui-même. Je ne trouve pas normal qu’il porte régulièrement le Faso Danfani alors qu’il passe le temps à servir le riz thaïlandais ou que sais-je encore, à ses invités.

« Le Fou »

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