LIBYE : Haftar, l’homme de la situation ?

LIBYE : Haftar, l’homme de la situation ?

Il aurait voulu faire une démonstration pour prouver sa force militaire que le Général Khalifa Haftar ne s’y serait pas pris autrement. En effet, en moins de 48 heures, l’opération « Eclair écrasant » qu’il avait lancée pour reprendre les sites pétroliers de Ras Lanouf et d’Al-Sedra, s’est soldée par la déroute de la milice extrémiste, c’est-à-dire les brigades de défense de Benghazi  qui avaient investi depuis plus d’une dizaine de jours ces champs pétroliers. Et l’homme n’en est pas à sa première victoire militaire. Ses succès militaires à répétition, parlent d’eux-mêmes et se présentent comme un contre-jour à l’impuissance du  gouvernement d’union nationale imposé par la communauté internationale et dont la déliquescence, du fait des démissions de certains membres, le réduit comme peau de chagrin. « Même si l’on n’aime pas le lièvre, il faut admettre qu’il court vite », dit le proverbe. On peut donc légitimement se demander si le Général Haftar n’est pas la solution à l’équation libyenne. En tout cas, sans porter les attributs officiels du pouvoir, le Général Khalifa Haftar  se positionne en homme capable de ramener l’ordre dans le chaos libyen, ne serait-ce qu’en maintenant une paix armée. Il faut le dire, la  Libye a aujourd’hui plus besoin d’un homme fort qui stabilise le pays que de démocratie. Toutefois, en plus de disposer de la puissance militaire, l’homme bénéficie à l’interne d’une certaine légitimité. En effet, il est adoubé par les chefs des tribus dans l’Est libyen et capitalise aussi de nombreux soutiens étrangers, en l’occurrence des grands voisins  égyptien, algérien et tchadien et de la France. Et il est de plus en plus évident qu’il a aussi ses entrées auprès du maître du Kremlin. A ces atouts non négligeables, il faut ajouter que l’homme fait preuve de patriotisme dans une Libye devenue une véritable foire d’intérêts, en acceptant de rétrocéder au gouvernement d’union nationale les terminaux pétroliers qu’il avait repris  lors des précédents combats aux mains de certaines milices.

Le repositionnement politique du Général Haftar risque de connaître une accélération

De tout ce qui précède, la communauté internationale, à défaut de l’accompagner dans sa marche vers la prise officielle du pouvoir, devrait tout au moins l’impliquer dans le processus politique en cours. En tout cas, le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, semble l’avoir compris au point qu’il  compte faire bouger les lignes. En effet, il souhaite obtenir au plus vite un accord politique qui permettrait au pays d’envisager une sortie de crise. Pour donner corps à son ambition, il mise sur la nomination d’un nouvel envoyé spécial en Libye et la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale pour faire de la place à l’homme fort du moment. Ce repositionnement politique du Général Haftar risque de connaître une accélération, avec l’entrée en scène de Vladimir Poutine. Les Occidentaux qui, pour servir leurs intérêts, freinaient des quatre fers  pour empêcher l’ascension du Général, sous peine de perdre la main dans le dossier libyen comme dans la crise syrienne, seront contraints à lâcher du lest. Comme disent les Saintes Ecritures, « la pierre que les maçons avaient jetée au loin risque de devenir la pierre angulaire ».

SAHO 

 

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