A la uneLa chronique du fou

LUTTE CONTRE LE CORONAVIRUS AU BURKINA

Le respect des consignes sanitaires passe par des mesures sociales fortes

Pour faire face à l’épidémie du coronavirus qui fait des ravages dans notre pays, les autorités ont pris une batterie de mesures. En effet, elles ont interdit les rassemblements et manifestations publiques d’envergure. Les lieux de culte (mosquées et églises) sont fermés. Les marchés également. Les compagnies de transport mises sur cale. Les frontières terrestres, ferroviaires et aériennes fermées. Et ce n’est pas tout. La dernière mesure a consisté en la mise en quarantaine de plusieurs villes du pays, touchées par le coronavirus. Voyez-vous ? Tout se passe comme si le Burkina était coupé du reste du monde avec toutes ces mesures prises les unes après les autres. Je sais que c’est à contre-coeur que l’autorité en est arrivée là. Elle n’avait vraiment pas le choix au regard de la menace que représente le Covid-19 qui, à ce jour, au Burkina, a déjà coûté la vie à une dizaine de personnes. Cela dit, je voudrais attirer l’attention des autorités sur la nécessité de prendre des mesures pour faciliter la relance économique du pays à l’issue de cette épidémie. Le chef de l’Etat l’avait déjà promis dans son discours à la Nation, le 20 mars dernier. Mais comme il n’y a rien encore de concret, je me permets de me rappeler à son bon souvenir. Au regard de la gravité de la situation, l’accompagnement de l’Etat s’impose. Je sais que dans d’autres pays, on a suspendu certains impôts et taxes pour permettre aux entreprises privées de souffler un tant soit peu. C’est le cas, par exemple, du Niger voisin. Je me suis dit qu’il ne serait pas mauvais si le gouvernement burkinabè  en faisait autant. Cela pourrait apporter de l’oxygène à tous dans ce contexte où certains ont perdu leurs emplois. Parlant de perte d’emplois, je pense aux transporteurs, restaurateurs et tenanciers de maquis et bars.

Les temps sont durs depuis l’avènement du Covid-19

Je ne sais pas comment certains se débrouilleront pour payer leur loyer, les salaires et honorer leurs factures d’eau et d’électricité quand on sait qu’ils auront passé plus d’un mois sans avoir vendu quelque chose. Voyez-vous ? Ce n’est pas facile. J’oublie volontiers tous ceux-là qui gagnaient leur pain dans les maquis, restos et dans les marchés et qui passent les jours et les nuits à se tourner maintenant les pouces. Que vont-ils manger ? Et comment se débrouilleront-ils pour payer leur loyer ? Autant de questions qui me taraudent chaque jour l’esprit. C’est pourquoi je pense qu’il ne serait pas trop exagéré de demander à l’autorité de faire quelque chose. A défaut de payer le loyer de chaque Burkinabè, ce qui est d’ailleurs impossible, je demande aux dirigeants de suspendre le paiement des factures d’eau et d’électricité pour tous durant au moins deux mois. D’aucuns me diront que l’heure est d’abord à la lutte contre le coronavirus. J’en conviens mais je pense, pour ma part, que la meilleure manière de faire respecter les consignes édictées par les professionnels de santé, c’est de les faire accompagner de mesures sociales fortes à même de rassurer les populations qui, il faut le dire, semblent véritablement désemparées. Quant à moi, fou, laissez-moi vous dire que les temps sont durs depuis l’avènement du Covid-19 dans notre pays. Même la pitance du jour pose maintenant problème. Si fait que quand je me lève le matin, je ne sais même pas où aller. C’est dur ! C’est chaud !

« Le Fou »

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