A la uneLa chronique du fou

LUTTE CONTRE LE TERRORISME ET RESPECT DES DROITS HUMAINS

Et si l’on faisait souvent preuve d’empathie ?

Le 12 mai dernier, 12 personnes interpellées pour suspicion de faits de terrorisme, ont trouvé la mort dans leur cellule. Les faits se sont déroulés à la gendarmerie de Tanwalbougou, dans la région de l’Est. Peu avant, soit quelques semaines plus tôt, un enseignant soupçonné d’appartenir à une filière djihadiste, rendait l’âme, dans des conditions non encore élucidées, alors qu’il était détenu, pour les besoins de l’enquête, à la gendarmerie de Nongr-Massom. Il n’en fallait pas plus pour que les mouvements de défense des droits humains se dressent sur leurs ergots pour exiger que la lumière soit faite sur ces « décès » en série. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont dans leur rôle. Car, dans un Etat de droit, tout prévenu bénéficie de la présomption d’innocence et de ce fait, a droit à un procès équitable. Il n’est donc pas normal que nos commissariats de police et postes de gendarmerie se transforment en mouroirs. Je sais que certains détenus ont perdu la vie non pas parce qu’ils y ont subi des sévices corporels, mais parfois par suffocation liée à l’exiguïté des violons souvent surpeuplés. C’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité de tous pour que prennent fin ces scènes macabres dans nos commissariats et gendarmeries, qui n’honorent pas notre pays. Cela dit, je veux aussi que les uns et les autres fassent souvent preuve de compréhension pour intégrer le fait que dans ce contexte de lutte contre le terrorisme, nos Forces de défense et de sécurité (FDS) mènent une mission délicate.

J’ai rarement entendu parler de l’ouverture d’une enquête quand des soldats tombent sur le champ de bataille

Elles sont au four et au moulin, harcelées parfois qu’elles sont par des ennemis invisibles. A preuve, ils sont nombreux les soldats qui ont payé de leur vie, leur engagement parce qu’ils tenaient à défendre l’intégrité de notre territoire. Voyez-vous ? Ce n’est pas simple. Mais quand j’écoute certains parler, c’est comme s’ils ne reconnaissent pas les efforts que font les FDS. Ces gens-là oublient pourtant que n’eût été la bravoure de nos « boys », ils n’auraient pas été capables de s’asseoir boire et manger comme ils le font toujours dans les maquis. Il faut donc savoir raison garder. Je le dis parce que j’ai fait le constat que certains d’entre nous exagèrent. Quand les FDS ne font rien, ils commencent à critiquer. Mais dès que ces dernières agissent sur le terrain, ces mêmes gens commencent à leur tirer dessus. En tout cas, tout en encourageant nos FDS à plus de professionnalisme, je veux que les uns et les autres sachent une chose : ils font ce qu’il peuvent. Surtout avec l’avènement du terrorisme où l’ennemi use de tous les moyens, même les plus perfides, pour faire mal. Et ce qui me fait personnellement plus mal, c’est que j’ai rarement entendu parler de l’ouverture d’une enquête quand des soldats tombent sur le champ de bataille. Voyez-vous ? Une chose est de critiquer, une autre est reconnaître que nos FDS mouillent…le treïllis. Et nous leur devons une fière chandelle.

« Le Fou »

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