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MANIF CONTRE LA FERMETURE DES MOSQUEES AU NIGER

Il faut plaindre Mahamadou Issoufou

Depuis que le coronavirus a atteint le continent africain, les pays touchés ne cessent de multiplier les mesures préventives contre « ce mal qui répand la terreur » à travers le monde. Mais au Niger où deux cas positifs ont été détectés avec à la clé 90 personnes placées en quarantaine, à la date du 22 mars 2020, certaines mesures, notamment la fermeture des mosquées, passent mal auprès des citoyens. Pas plus tard que le lundi dernier, des jeunes armés de gourdins, de bâtons, etc., ont pris d’assaut certains commissariats qu’ils ont saccagés pour exprimer leur opposition et exiger la libération d’un imam interpellé, qui n’aurait pas respecté la mesure relative à la fermeture des mosquées. C’est dire si Mahamadou Issoufou a du pain sur la planche. On est d’autant plus fondé à le penser que ces jeunes qui devaient servir de boussole aux plus âgés, parce que connectés aux nouvelles technologies de communication, semblent plutôt gagnés par l’obscurantisme. On peut comprendre que certaines mesures ne fassent pas consensus mais de là à battre le macadam pour s’opposer à l’application de mesures qui, pour l’heure, constituent la seule véritable arme pour limiter la propagation du virus, c’est à ne rien y comprendre. En tout cas, il faut plaindre Mahamadou Issoufou face à ces jeunes qui semblent marcher sur leur tête. Car, on le sait, la fermeture des mosquées et autres lieux de culte n’a pas commencé par le Niger. Des dirigeants comme Macky Sall du Sénégal, Idriss Déby Itno du Tchad, le roi du Maroc, Mohammed VI, ont déjà fait fermer les mosquées, les églises, les temples et autres lieux de culte sans que cela ne provoque une quelconque bronca. Pourquoi ces mesures ne passent-elles pas au Niger ? En attendant de connaître les vraies motivations de ces jeunes, l’Etat doit sévir pour l’exemple. Car, ces jeunes qui croient défendre la religion ne sont ni plus ni moins que des vandales qui méritent d’être traités comme tels.

L’Etat nigérien doit mettre un point d’honneur à renforcer sa stratégie de sensibilisation

Certes, le gouvernement a peut-être péché par la manière en ne faisant pas en amont suffisamment de sensibilisation, mais cela ne saurait justifier une telle poussée de fièvre. En tout cas, ces croquants ont d’autant plus tort que l’Etat nigérien n’a fait que faire de la prévention. Et l’on devrait plutôt le féliciter pour cet esprit d’anticipation. Ne dit-on pas que mieux vaut prévenir que guérir ? Face à un mal qui fait courir le monde entier, qui met à rude épreuve les systèmes de santé de tous les Etats, que peut-on faire si ce n’est la prévention, étant donné qu’aucun remède ou vaccin n’est disponible pour l’heure ? Cela dit, tout en condamnant l’indiscipline caractérisée de ces jeunes, l’Etat nigérien doit mettre un point d’honneur à renforcer sa stratégie de sensibilisation. Cela est d’autant plus nécessaire que sans l’adhésion des citoyens, aucune mesure préventive ne saurait être efficace. Face à un peuple visiblement réfractaire au changement d’attitudes, l’apport des Oulémas et prélats s’avère nécessaire. Car, il y a fort à parier que si la fermeture des mosquées avait été décidée et annoncée par la communauté musulmane elle-même comme ce fut le cas dans certains pays comme le Burkina, on n’en serait peut-être pas là.

Dabadi ZOUMBARA

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