Header

MARCHE CONTRE LE TERRORISME : Les Burkinabè refusent de céder à la peur  

MARCHE CONTRE LE TERRORISME : Les Burkinabè refusent de céder à la peur   

 

Le Collectif Initiative Burkina Debout (CIBD) a vu le jour suite aux attentats terroristes du 15 janvier 2016. C’est ce mouvement qui a organisé ce 23 janvier la marche  de condamnation des attaques terroristes du 15 janvier 2016  qui ont fait plusieurs victimes. La Place de la Nation a servi de point de rencontre pour la marche qui s’est déroulée sur un circuit long de quelque 5 km. De la Place de la Nation au rond-point des Nations unies, les marcheurs ont arpenté l’avenue Kwame Nkrumah qui mène vers les lieux du drame, pour ensuite se diriger vers la Cathédrale, et enfin rallier la Place des Cinéastes et le point de départ de la marche. Sur ce long circuit, les marcheurs ont tenu des propos hostiles aux terroristes et à tous ceux qui veulent du mal au pays des Hommes intègres et à sa jeune démocratie.

Quand nous arrivions à 9h 30 à la Place de la Nation, ambiancée au son de la musique, il y avait encore peu de monde. C’est à se demander si les gens sortiront pour cette marche qui intervient au lendemain des attaques du dépôt d’armes de Yimdi à la sortie ouest de Ouagadougou. « C’est trop tôt. On n’a pas encore enterré les morts », commente un interlocuteur venu à la Place de la Nation pour la circonstance. « Les gens ont peur de sortir ; ils ont peur qu’une bombe explose au milieu de la foule », renchérit une autre personne. «Les armes sont sorties, on ne sait pas ce qui peut arriver,  c’est la psychose », ajoute une troisième voix. En tout cas, les débuts timides de la manifestation laissent croire que la mobilisation risque d’être le point faible de la marche du jour qui vise pourtant à montrer le refus de la peur, à montrer que la vie a repris au Burkina, que les gens peuvent fréquenter les cafés-restaurants et les hôtels. En d’autres termes, l’objectif de la marche, c’est de monter que « le Burkina Faso, après les attaques est debout, n’a pas peur et ne va pas baisser les bras face aux terroristes » et de « solidariser avec les victimes ».  Avant même que la foule ne s’ébranle vers le rond-point des Nations unies, certains membres de l’organisation de la marche donnent une explication face à ce qui n’est qu’un constat de départ : « La faible mobilisation est liée à des problèmes de leadership du mouvement », a confié le responsable d’une association. Ce constat est du reste mentionné et déploré plus tard par un des intervenants au terme du circuit de la marche.

« Avec la société civile, les syndicats et les forces vives de la nation, nous avons décidé d’entamer une marche pour soutenir le gouvernement actuel  pour dire que le peuple refuse que des actes terroristes soient posés sur l’ensemble du territoire national », précise le porte-parole du CIBD, Yaya Karambiri, ex-député du Conseil national de la Transition. Face à ce qui ressemble à une faible mobilisation, l’ex-député rassure : « On s’attendait à cela, c’est l’état d’esprit qui nous guide ; ce n’est pas une démonstration de force ;  c’est pour montrer que nous n’avons pas peur des terroristes qui veulent nous terroriser ».  C’est la première fois que le Burkina est frappé par des terroristes ; cela crée la psychose et le CIBD compte toucher les autres localités du pays pour sensibiliser les populations, a mentionné son porte-parole. Après la première halte de la marche devant le rond-point des Nations unies, d’une seule voix, les marcheurs, devenus visiblement plus nombreux, entonnent l’hymne national. Les propos hostiles aux terroristes fusent de partout dans la foule. « Les lâches ont tué », lance une voix.  « Que ces barbares quittent l’Afrique », lance une mère ! Sur les pancartes, on pouvait lire plusieurs messages. « Le Burkina Faso est la mauvaise destination des terroristes », lit-on sur la pancarte du Collectif Initiative Burkina Debout,    «la Ligue islamique pour la paix au Faso dit non à l’utilisation de l’islam pour les actes barbares et inhumains ! »  Pour le président de la diaspora togolaise au Burkina, Kodjo Cyriaque Akpossou, le terrorisme est une barbarie qui freine le développement et menace la paix au Burkina. La procession continue sur l’avenue Kwame Nkrumah jusqu’au croisement de la voie qui mène à la Cathédrale. Halte à nouveau, et le Dytaniè est chanté à nouveau avant de boucler le circuit en passant par l’avenue qui va de la Cathédrale à la Place des Cinéastes puis à la Place de la Nation.

Condamnations tous azimuts du terrorisme dans les discours

Retour à la Place de la Nation où attendait le ministre d’Etat, Simon Compaoré. Les intervenants se succèdent au parloir après que l’artiste Jah Vérity a fini de chanter son morceau « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » Le coordonnateur du CIBD, Bakary Séré, va appeler au refus de la peur, à la solidarité avec les victimes du terrorisme tout en appelant le peuple à la résistance, à barrer la route à ce « barbarisme ». Le représentant des Associations de jeunesse, Christophe Pagbelem, a estimé que cette marche montre que la jeunesse reste debout et soutient le gouvernement dans la lutte contre le terrorisme. Parlant au nom des associations de femmes, Safiatou Lopèz a été très ferme : « Les terroristes ont échoué,  nous sommes là, sans peur ! ». « Nous préférons mourir que de laisser le RSP prendre le pouvoir », ajoute-t-elle, en réaction à l’attaque du dépôt d’armes de Yimdi par les éléments de l’ex-RSP, avant de déplorer l’absence de certains membres d’OSC à la marche pour des querelles de leadership. «  Ni peur ni découragement face au terrorisme qui n’affectera en rien notre détermination à construire notre démocratie », a martelé un autre intervenant. L’ex-député CNT, Bachirou Ouédraogo, réagissant à ceux qui estiment que l’attaque terroriste n’aurait pas eu lieu si le RSP n’avait pas été dissous, a dit : «  Le RSP est aussi terroriste ». Selon lui, les éléments du RSP sont de ceux qui sont prêts à mettre le feu au pays « pour boire leur café ». Le Burkina Faso restera, à son avis, un pays d’hospitalité légendaire, de tolérance et de dialogue interreligieux. C’est à cet esprit que se sont attaqués les terroristes. Simon Compaoré, ministre d’Etat, a salué l’initiative de la marche qui participe de la lutte contre le terrorisme. Un mémorandum destiné au chef de l’Etat  lui a été remis par les organisateurs de la marche. Comme l’a relevé un Togolais vivant au Burkina Faso depuis 9 ans, le terrorisme n’a pas de nationalité. Il faut bien la solidarité entre les Etats pour vaincre cette pieuvre.

Lonsani SANOGO

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+