MARIUS KONAN, DEPUTE IVOIRIEN « L’alternance à la tête du PDCI-RDA permettra-t-elle aux Ivoiriens de vivre mieux ? »

MARIUS KONAN, DEPUTE IVOIRIEN  «  L’alternance à la tête du PDCI-RDA permettra-t-elle aux Ivoiriens de vivre mieux ? »

 

Marius Konan est un député du PDCI/RDA, en Côte d’Ivoire. Ingénieur en fiscalité et droit des affaires, il a commencé sa carrière professionnelle à l’Office national de l’eau potable (ONEP) comme adjoint au chef du service logistique et approvisionnements. Engagé en politique depuis le lycée alors qu’il était en classe de seconde, à Daloa dans le Centre-Ouest de son pays, il est aujourd’hui député à l’Assemblée nationale. C’est lui, l’invité de «Mardi Politique» de ce jour.

Comment se porte aujourd’hui le PDCI/RDA après cette crise qu’on a observée ?

Le PDCI-RDA se porte bien. Il est en peu secoué par le débat sur le Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) mais nous avons une organisation qui fonctionne. Le parti recrute et fait sa mue pour traverser toutes les crises et continuer de susciter de l’espoir. Retenez donc que le PDCI-RDA, le seul parti politique que Félix Houphouet Boigny a créé, a subi un coup d’Etat en 1999 et il a résisté hier ; aujourd’hui il résiste et demain encore il sera là !

Etes-vous pour ou contre le parti unifié ? Pourquoi ?

Je ne suis pas contre la création d’un parti politique. Je n’y milite pas et le parti a donné sa position sur cette question lors du bureau politique du 17 juin.

Où en êtes-vous avec les tentatives de rapprochement avec le FPI ?

Le président Bédié inspire la politique du parti et nous lui faisons confiance. Pour l’heure, le président Henri Konan Bédié (HKB) travaille à la réconciliation des Ivoiriens, quelle que soit leur appartenance politique. Le FPI, dans ses différentes composantes, est le bienvenu chez le Président Bédié.

Que pensez-vous de la candidature éventuelle de Guillaume Soro à la présidentielle de 2020 ?

C’est un citoyen ivoirien qui jouit de ses droits garantis par la Constitution de la République de Côte d’Ivoire. Comme tel, il peut décider d’en user comme il veut, dans le respect des lois et règlements de notre pays.

Que reprochez-vous exactement à la CEI dans sa configuration actuelle ?

En Côte d’Ivoire, tout le monde souhaite la réconciliation des Ivoiriens pour garantir une paix durable nécessaire à notre développement économique et social. La Commission électorale indépendante (CEI)  fait l’objet de nombreuses contestations. D’abord, l’opposition (FPI) conteste cette commission depuis 2011, parce qu’elle la juge déséquilibrée. Ensuite, elle a fait l’objet d’une plainte de la société civile auprès de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples qui a rendu un arrêt disant que la Côte d’Ivoire a violé son obligation de créer une organisation électorale indépendante et impartiale prévue par l’article 17 de la Charte africaine sur la démocratie et a violé son obligation de protéger le droit des citoyens à participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays. Cette Cour a ordonné à l’Etat ivoirien de modifier la loi 2014-335 du 18 juin 2014 relative à la CEI, pour la rendre conforme aux différentes chartes signées par le pays. Dès lors, ceux qui veulent construire cette paix durable, ne peuvent que demander la réforme de la CEI.

D’aucuns demandent le report des municipales en vue d’une recomposition de la CEI. Etes-vous de cet avis ?

Oui, totalement ! A la faveur de la célébration de la fête de l’indépendance de notre pays en 2018, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a pris une mesure pour libérer plusieurs Ivoiriens membres du FPI ou proches de l’ancien pouvoir. Il a annoncé la réforme de la CEI. A partir du moment où nous souhaitons tous la réconciliation et nous disons tous que la CEI doit être reformée, alors, il ne faut plus organiser des élections avec cette commission dans sa forme actuelle et c’est ce que dit le PDCI-RDA, mon parti.
Personnellement, je souhaite que mon pays sorte des conflits ou bras de fer inutiles.
Que perdrait la Côte d’Ivoire si nous réformions la CEI avant d’organiser les élections municipales et régionales ? En tout cas, rien à mon avis ! Par contre, si nous organisons les prochaines élections locales avec cette CEI, il peut arriver que certains partis politiques refusent d’y participer et cela n’est pas fait pour renforcer la confiance entre les Ivoiriens.

Le président Alassane Ouattara a déclaré qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Y croyez-vous ?

Le Président de la République de Côte d’Ivoire a droit à mon respect en tant que citoyen ivoirien et donc, quand il dit qu’il ne briguera pas un troisième mandat, je ne peux qu’y croire.

Quelle appréciation faites-vous de l’amnistie accordée aux prisonniers politiques dont Simone Gbagbo ?

C’est une bonne chose et il faut encourager le chef de l’Etat à prendre des mesures qui plaisent au peuple. Le pays est riche de la diversité et c’est ensemble que nous bâtirons une Côte d’Ivoire unie et solidaire. Je suis heureux de voir que l’ancienne Première dame et les autres sont sortis de prison.

Croyez-vous en la sincérité de Simone Gbagbo quand elle prône, à présent, la paix et la réconciliation nationale ?

Oui, je crois qu’elle est sincère et je suis heureux de voir des Ivoiriens aller solidairement lui (NDLR : Simone Gbagbo) témoigner leur affection.

A quand l’alternance à la tête du PDCI/RDA ?

Est-ce que l’alternance à la tête du PDCI-RDA permettra aux Ivoiriens de vivre mieux ? C’est une organisation privée qui a ses règles de fonctionnement. Elle renouvelle ses instances à ses congrès et le prochain est prévu pour après les élections de 2020.

Que pensez-vous d’une probable libération de Laurent Gbagbo ?

Ce sera un autre pas vers la réconciliation des Ivoiriens et je souhaite que cela arrive.

Contrairement à la Côte d’Ivoire qui a connu une seule attaque terroriste, le Burkina Faso fait face à des attaques récurrentes. Quel commentaire en faites-vous ?

C’est dommage que le Burkina Faso soit victime d’une telle situation. La sécurité à nos frontières doit être renforcée et nos services de renseignements devraient coordonner leurs activités pour lutter ensemble contre le terrorisme.

Dans le cadre de la coopération Chine-Afrique, Pékin promet de débloquer environ 60 milliards US pour le développement du continent. Croyez-vous que cette enveloppe, au regard de la gouvernance parfois chaotique de nos dirigeants, va impacter positivement le développement de l’Afrique?

Nous sommes capables de tout réussir en Afrique, pourvu qu’on se dote d’institutions crédibles et capables de programmer et suivre notre développement. Pour ce qui concerne les dons de la Chine, ils trouvent leur justification dans le positionnement de la Chine en Afrique.

Selon vous, comment se porte l’amitié ivoiro-burkinabè? Pensez-vous qu’elle est perfectible? Si oui, dans quel sens ?

Je crois que le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire entretiennent d’excellentes relations. Aujourd’hui, avec le TAC, nous pouvons espérer que nos relations se renforcent au fil des années.

Propos recueillis par Issa SIGUIRE

 

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